Vers la fin des 36 heures hebdo pour les nouveaux cheminots

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La SNCB et Infrabel veulent supprimer la semaine des 36 heures. Mais cette mesure ultrasensible n’affecterait que les nouveaux membres du personnel

La SNCB et le gestionnaire du réseau ferroviaire Infrabel veulent en finir avec la semaine de 36 heures. Le 1er janvier prochain, un régime de travail de 38 heures pourrait entrer en vigueur pour les nouvelles recrues. La proposition est inscrite noir sur blanc dans le projet de protocole d’accord social actuellement sur la table pour la période 2020-2022, a appris notre rédaction de différentes sources.

Actuellement, le statut du personnel ferroviaire fixe à 36 heures la durée de travail hebdomadaire. Mais en pratique, les cheminots prestent 40 heures par semaine. Ils reçoivent donc chaque année 13 jours de congé de compensation et 13 jours de crédit à choisir librement. Ces journées non prestées viennent s’ajouter aux 24 à 26 jours de congé légaux et aux 11 jours fériés.

"Le sujet est très délicat, mais c’est inéluctable."

La direction du rail aspire depuis longtemps à supprimer ce régime au nom de la productivité. Selon sa proposition, les nouveaux travailleurs devraient prester une semaine de 38 heures. Ils perdraient alors sans doute les 13 jours de crédit.

À l’origine, ce changement devait valoir pour l’ensemble de son personnel. Mais les syndicats ne l’ont pas entendu de cette oreille. "Nous nous sommes battus pour ce régime pendant des années, et l’avons payé sous la forme d’un salaire raboté", avancent-ils. Cette proposition de suppression générale était d’ailleurs le principal motif de rupture des négociations avancé par le puissant syndicat socialiste au début du mois de juillet.

Vers la fin du statut unique?

Limiter la suppression des 36 heures aux nouveaux travailleurs est donc clairement une concession. La direction a aussi renoncé à supprimer le jour férié du 26 décembre. L’accord social de 2016 avait déjà sonné le glas de deux jours fériés extralégaux (les 2 et 15 novembre).

182.500 euros
182.500 euros ont été investis dans le LOFT58, en fonds propres et via des subsides publics.

Reste à savoir si les affiliés au syndicat accepteront la mesure. L’instauration d’un régime de travail différent pour les nouvelles recrues ferait éclater le statut unique cher aux travailleurs de la SNCB, d’Infrabel et de leur service du personnel commun, HR Rail.

Le management des chemins de fer veut réduire depuis longtemps les pesanteurs de ce régime d’agents statutaires. La CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, fait de la flexibilité un de ses chevaux de bataille. Elle veut pouvoir recruter plus de contractuels, à l’instar de bpost et Proximus. "Le sujet est très délicat, mais c’est inéluctable", confie une source proche de la direction. Pour arriver à ses fins, le management rêve d’attirer des contractuels grâce à des avantages extralégaux. Si les agents statutaires souhaitent aussi en bénéficier, ils devront abandonner leur statut. Le projet de protocole prévoit à cette fin une "analyse des avantages sociaux pour le personnel contractuel".

HR Rail ne souhaite pas réagir tant que l’accord n’est pas définitif.

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