Des politiques investissent dans la com' avec le soutien de Benoît Lutgen

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Le bourgmestre (PS) de Chiny crée une boîte de communication avec Benoît Lutgen (CDH) et Benoît Piedboeuf (MR) dans son tour de table! Une reconversion pour certains, une aide à la région pour d’autres.

"Le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir." L’adage pourrait être adapté à d’autres milieux, par exemple: "La politique mène à tout, à condition d’en sortir." Sébastien Pirlot, le bourgmestre (socialiste) de Chiny, dans la belle province du Luxembourg, s’apprête à en faire la démonstration. Il prépare en effet sa reconversion… dans le secteur de la communication.

"C’est un projet à développer à terme, d’ici trois à cinq ans. Nous ne sommes pas pressés."
Sébastien Pirlot
Bourgmestre (socialiste) de Chiny

Dans cette perspective que les prochaines élections communales contribueront peut-être à accélérer, il vient de fonder une agence de communication privée, qu’il a baptisée Game of Com.EU – clin d’œil à la série télévisée bien connue. Il a constitué la société en coopérative et entend en faire une "agence web 2.0", raison pour laquelle il a rallié deux spécialistes du web qui font partie du nouveau conseil d’administration. Game of Coms.eu sera "une agence de communication spécialisée tant dans les médias traditionnels que dans l’online et le web", selon son objet social.

Sébastien Pirlot a basé sa société sur ses terres, à Chiny, et l'a dotée d’un capital de 40.100 euros. "C’est un projet à développer à terme, d’ici trois à cinq ans, souligne-t-il. Nous ne sommes pas pressés." Quant à ses motivations, il précise: "Je suis journaliste de formation et j’ai envie de revenir à mes premières amours."

"Je n’envisage pas encore ma reconversion, mais c’est vrai que j’ai mon expérience et ma connaissance du terrain. Je n’y ai pas vu d’inconvénient."
Benoît Piedboeuf
Député fédéral MR

Restait un problème à régler: comment éviter de passer pour une boîte de com’ affiliée au Parti socialiste? Question d’autant plus pertinente que le député socialiste Stéphane Crusnière a également pris des parts dans la coopérative. La solution est simple, encore fallait-il y penser: en s’associant dans sa société avec des personnalités d’autres formations politiques, de manière à donner à l’entreprise une connotation résolument pluraliste.

C’est ainsi que Sébastien Pirlot a approché des connaissances. Ont répondu à l’appel: Benoît Lutgen, le président du CDH, Benoît Piedboeuf, député fédéral MR, et Romain Miraglia, affilié Ecolo.

Trois administrateurs actifs

"Mon voisin de Chiny m’a demandé de m’associer à sa société, explique Benoît Piedboeuf qui est aussi bourgmestre de la commune de Tintigny. Je n’envisage pas encore ma reconversion, mais c’est vrai que j’ai mon expérience et ma connaissance du terrain. Je n’y ai pas vu d’inconvénient. Je suis associé, j’ai souscrit pour 5.000 euros de parts au capital, mais je ne suis pas administrateur. J’ai suffisamment de travail!" C’est donc un rôle d’associé passif que jouera le député libéral.

Les membres actifs sont ceux qui siègent au conseil d’administration de Game of Coms.EU, nous dit-on: il s’agit de Sébastien Pirlot, Frédérick Cady et Olivier Fievez. Ce dernier opère comme troisième échevin (PS) à Braine-le-Comte.

Politiquement, cela sent la sortie du train d’atterrissage pour plusieurs responsables politiques partie prenante à cette société.
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Et quid de Benoît Lutgen? Interrogé, le président du cdH se refuse à tout commentaire sur un projet purement "privé", dit-il. L’objectif, indique-t-on dans son entourage, n’est pas de gagner de l’argent. "Chaque euro de dividende gagné sera reversé à des associations communales." "Et les mandats des administrateurs seront exercés à titre gratuit.  Le but est de contribuer à soutenir le secteur digital dans la province, en retard de développement, et de créer de l’emploi."

Reste que politiquement, cela sent la sortie du train d’atterrissage pour plusieurs responsables politiques partie prenante à cette société.

→ PS et cdH ne sont pas à la fête dans les sondages et les élections se profilent à grands pas en 2018 et en 2019. Certains politiques ne sont donc plus sûrs de "faire" leur siège de député régional/fédéral ou de rester bourgmestre dans leur commune. 

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