"Il faut un appel à candidatures pour la direction de Resa"

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Resa vient d'annoncer la démission de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer à la tête du Resa. Leur remplacement fait déjà débat.

"Si j’étais membre du conseil d’administration de Resa, et comme ancien membre de la commission d’enquête, je pense que pour ces postes, il faut recourir à un appel à candidature" a déclaré hier très tard dans la soirée le ministre wallon de l’énergie Jean-Luc Crucke (MR). Il répondait à une question de Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo, en commission énergie, sur la possibilité de voir arriver un des dirigeants de Nethys à la tête du gestionnaire de réseau liégeois Resa.

Stéphane Moreau vient de démissionner ce mardi de la présidence du comité de direction de Resa, pour se mettre en ordre avec le décret Crucke sur les gestionnaires de réseau, publié au Moniteur belge le 28 mai dernier. Ce décret empêche oblige en effet le personnel des gestionnaires de réseau à ne pas travailler pour un producteur, un fournisseur ou un intermédiaire dans l'énergie. Il est donc désormais impossible d'être aux commandes à la fois chez Resa et chez Nethys, qui via Elicio, est actif dans la production d'électricité. Pour les mêmes raisons, Pol Heyse, CFO de Resa, et Bénédicte Bayer, membre de son comité de direction, ont décidé de démissionner ce mardi, même si le décret leur laissait jusqu'au 1er juillet 2019 pour se mettre en ordre.

La Libre publiait il y a quelques jours un article qui affirmait que Gil Simon, le secrétaire général de Nethys, pourrait diriger le GRD en tandem avec Luc Warichet, actuel directeur de département chez Resa. Pour rappel, ce dernier avait fait un passage éclair par le cabinet de la ministre fédérale de l’Energie, Marie-Christine Marghem, mais avait dû rapidement renoncer : il aurait dû œuvrer un jour par semaine pour le cabinet, et prendre notamment en charge le dossier de l’éolien offshore, en étant payé le reste du temps par Nethys, un gros actionnaire dans l’éolien en mer.

Pour revenir à Resa, toujours selon La Libre, la nomination de ce duo ne plaisait pas à Stéphane Moreau, qui aurait préféré voir une de ses proches, Bénédicte Bayer, prendre la tête de Resa. Sa démission laisse imaginer que ce scénario n'est plus d'actualité.

"L’information faisait état de la désignation, à la tête de Resa, d’un des membres du haut management de Nethys, Mme Bayer ou Monsieur Simon, est stupéfiante", soulignait lundi soir au Stéphane Hazée dans sa question, en demandant au ministre quelle initiative éventuelle il avait prise en la matière.

Outre le fait qu’il juge un appel à candidatures souhaitable, le ministre rappelle que le conseil d’administration de Resa est en voie de renouvellement, qu’aucun des candidats administrateurs n’est ou ne sera à l’avenir administrateur de Nethys, et que ce sera au nouveau conseil de désigner le nouveau management de Resa.

On retrouve toutefois aux côtés des nouveaux administrateurs des administrateurs mêlés à l’affaire Publifin, dont ils ont dû démissionner pour cause de comités de secteur fictifs: Pol Guillaume (MR), et les socialistes Denise Laurent, Josette Michaux et Pierre Stassart. Parmi les nouveaux venus – si on ose dire – l’ancien ministre Guy Cöeme et Bernard Thiry, l’ancien patron d’Ethias. Ce dernier devrait d’ailleurs présider le conseil d’administration.

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