Investissements étrangers:la Wallonie reçoit une claque

La Belgique maintient sa sixième place européenne en terme d’attractivité pour les investissements étrangers, mais les différences régionales sont grandes. La Wallonie ne réédite plus l’exploit de 2009. Et la crise politique pourrait aggraver les choses.

Déception pour la Wallonie. Le baromètre des investissements étrangers publié hier par Ernst & Young confirme les chiffres publiés il y a deux semaines par IBM. Le nombre d’investissements étrangers a chuté en Wallonie en 2010, après avoir connu un boom en 2009: seulement 31 projets ont vu le jour l’année dernière, contre 57 en 2009, selon E&Y.

La combativité des syndicats wallons effraye les investisseurs potentiels.

"La tendance de fond des investissements en Wallonie reste à la hausse", tempère le consultant. Et la Région wallonne avance ses propres chiffres, plus positifs: 68 dossiers auraient été enregistrés en 2010, générant la création de 1.733 emplois directs. Ce qui est sûr, c’est que la Flandre redresse la tête, engrangeant 108 projets d’investissements en 2010 (contre 64 seulement en 2009). Bruxelles reste à la traîne, avec seulement 20 projets mis en route en 2010.

Grâce à la Flandre donc, la Belgique maintient la place honorable de 6e pays européen le plus attractif en terme d’investissements étrangers, en augmentant de 9% le nombre global d’investissements. Mais la hausse atteint 14% en Europe. Et chez nous, l’emploi ne suit pas.

Enfin, vu l’absence de gouvernement de plein exercice, notre pays pourrait vite dégringoler dans le tableau. La perception positive liée à la stabilité politique se dégrade à vue d’œil, et l’horizon reste très sombre. Trois quarts des investisseurs prédisent que la crise politique continuera d’éroder l’attractivité de notre pays.

Maintenir les notionnels

Le coût salarial élevé et le taux d’imposition des sociétés sont aussi dans le collimateur des entreprises étrangères. Soixante pour-cent d’entre-eux estiment d’ailleurs que la Belgique ne met pas en place une politique d’attractivité suffisante. Une très grosse majorité (87%) craint aussi une limitation ou une suppression de la déduction des intérêts notionnels. "Il faut continuer à les promouvoir, les investisseurs connaissent le système, il est trop tard pour faire marche arrière", estime Herwig Joosten (E & Y).

Sur le plan régional, la qualité de la R&D, la disponibilité de main d’œuvre qualifiée et l’accès aux infrastructures restent les points forts au nord, alors que la Wallonie peut faire valoir la disponibilité de ses terrains. Mais ce qui est une force en Flandre se transforme en faiblesse au sud. "Il faut en tirer les conclusions", dit Ernst & Young, d’autant que la combativité des syndicats wallons et le manque de connaissance des langues étrangères effrayent aussi les investisseurs potentiels.

Ces points noirs structurels n’expliquent pourtant pas la chute des investissements dans le sud du pays en 2010. D’après Leo Sleuwaegen, professeur à la KUL, en 2010, beaucoup d’investissements ont été faits dans des secteurs peu présents en Wallonie: pétrochimie, chimie, pharma. Pour preuve, Anvers s’est taillé la part du lion des investissements avec Pfizer, Genzyme, Paccar. En 2009, c’était le secteur logistique, une des forces de la Wallonie, qui était à la fête. D’où la différence.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés