L'Etat condamné à verser 300 euros par jour à 21 détenus

La prison de Tournai. ©BELGA

21 détenus se plaignaient que l'action de grève des agents pénitentiaires ne permette plus de fournir un service minimum. Ils ont obtenu gain de cause.

 Seize détenus de la prison de Lantin, deux détenus de Huy et trois internés de Paifve ont obtenu gain de cause, mercredi, devant le tribunal de première instance de Liège, où ils avaient introduit trois requêtes unilatérales en référé d'extrême urgence, selon Le Soir. Selon les plaignants, l'action de grève des agents pénitentiaires en cours depuis le 25 avril ne permet plus, depuis cette date, de fournir un service minimum.

Leurs avocats ont expliqué au président du tribunal que pour leurs clients, les visites familiales sont désormais empêchées, qu'il n'y a pas d'accès régulier aux douches et qu'il est devenu impossible de se procurer des produits d'hygiène et de première nécessité. Selon ces derniers, la distribution des repas est également devenue aléatoire, les activités sont supprimées ou réduites, il est devenu impossible de passer des appels téléphoniques et les contacts avec les avocats se font rares.

L'ordonnance tombée en fin de journée leur donne raison et condamne l'Etat à une astreinte de 300 euros par jour et par requérant s'il ne garantit pas à chacun d'eux la distribution de 3 repas par jour (dont un chaud), une promenade quotidienne d'une heure au moins, l'accès quotidien au téléphone, au moins trois visites familiales par semaine (pour les condamnés) et une par jour (pour les inculpés), un accès normal aux douches, et enfin des visites de leurs avocats et de la commission de surveillance.

 

• Et où en est cette grève?

Les prisons bruxelloises et wallonnes du pays sont toujours en grève ce jeudi. L'arrêt de travail devrait se poursuivre au moins jusqu'à lundi, a indiqué Jean-Michel Hanozet, délégué CSC à la prison de Huy. "Le protocole du ministre a été refusé à la majorité mercredi soir. Nous poursuivons le mouvement 'au finish'", a-t-il affirmé, précisant que la CGSP était solidaire. Dans les prisons néerlandophones, le service est assuré normalement.

Mercredi soir, à l'issue d'une rencontre avec les représentants syndicaux du personnel pénitentiaire, le ministre de la Justice Koen Geens s'était réjoui du fait que les négociations étaient sur la bonne voie. Mais si les syndicats flamands estiment que des avancées ont été enregistrées, côté francophone les propositions du ministre sont toujours jugées insuffisantes. "Elles sont hors propos et ne répondent pas à nos revendications", assure Jean-Michel Hanozet.

Le ministre proposait notamment 350 engagements, un gel des économies à 6% jusque fin 2016, un remplacement systématique des départs et une prime de flexibilité un peu plus importante pour tous les membres du personnel.

Cependant, le relèvement de l'âge de la pension et l'instauration d'un service minimum constituent toujours une pierre d'achoppement dans les négociations. "La pénibilité du travail n'est pas reconnue", regrette Hanozet.

Lundi, des discussions seront menées en présence du médiateur social.

©BELGA

 

 

 

 

 

 

FMA/

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