La Wallonie confirme son retour à l'équilibre en 2020

©BELGA

L’exécutif wallon MR-cdH a bouclé facilement jeudi son ajustement budgétaire. Certaines zones d’ombre, comme la chute des recettes liées aux droits de succession, ne sont toujours pas élucidées. Le gouvernement confirme par ailleurs sa volonté de mettre les finances publiques à l’équilibre en 2020.

Le gouvernement wallon n’aura finalement pas dû sacrifier son congé de la Pentecôte pour boucler l’ajustement de son budget 2018. Entamé jeudi matin, les travaux se sont terminés aux petites heures de la nuit et le résultat final livré à la presse vendredi matin.

Dans les grandes lignes, l’équation qui se présentait au ministre du Budget était simple. Sur un budget qui avoisine les 14 milliards, le libéral Jean-Luc Crucke devait trouver une centaine de millions d’euros. Pas impossible, d’autant que depuis l’épure budgétaire arrêtée en septembre, les paramètres macroéconomiques ont évolué dans le bon sens avec par exemple une croissance du PIB revue à 1,8% contre 1,7% en septembre. Le revers de la médaille – il y en a toujours un – c’est que le prochain dépassement de l’indice pivot devrait se produire en août et il entraînera une hausse de 2% des salaires dans la fonction publique.

Chute des droits de succession

Vu le contexte, le jeune gouvernement installé à Namur l’été dernier n’en était donc pas encore à devoir racler les fonds de tiroir. "100 millions, cela se trouve sans trop de difficultés", souriaient d’ailleurs certains conseillers à la sortie du conclave. Quelques tours de vis, des corrections techniques à droite et à gauche, de nouvelles économies au sein de l’administration et des bonnes nouvelles comme 30 millions de recettes supplémentaires à travers le service de recouvrement de la télé-redevance et le conclave était bouclé. Le gouvernement a malgré tout du manger son "buffer" de 31 millions sagement mis de côté en septembre.

Tout ce travail n’empêche par le ministre du Budget de s’interroger sur certaines pertes inexpliquées de recettes.

Tout ce travail n’empêche par le ministre du Budget de s’interroger sur certaines pertes inexpliquées de recettes.
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S’affichant comme le gardien de l’orthodoxie budgétaire, il ne s’explique toujours pas la baisse des rentrées au niveau des droits d’enregistrement en hypothèque (-13 millions) et en donation (-10 millions), ainsi qu’au niveau des droits de succession (-64 millions). Ces impôts, toujours gérés par les services du Fédéral au nom de la Région wallonne, ont rapporté 96 millions de moins par rapport au budget initial 2018. "Je n’ai toujours pas les explications du Fédéral. On les a pourtant sollicitées."

Mais soit! L’ajustement bouclé sans casse – et "sans de nouvelles taxes" insistent tous les ministres –, la coalition MR-cdH n’a pas eu trop de mal pour confirmer son calendrier de retour à l’équilibre. "Le déficit 2018 est toujours fixé à 217 millions d’euros et on espère atteindre 117 millions en 2019 et l’équilibre en 2020", confirme l’homme des chiffres du gouvernement wallon.

Un coup de pouce pour entrer dans Veviba?

La question des 100 millions rapidement réglée, le gouvernement wallon a poursuivi l’effort pour dégager des marges budgétaires supplémentaires (ou en réorientant certaines politiques) afin de financer des nouvelles mesures.

Parmi celles-ci, un montant de 2 millions d’euros a été dégagé afin d’encourager la création ou la prise de participation dans des coopératives agricoles. Cela peut paraître anodin mais en coulisse on n’hésite pas à dire qu’une partie de cet argent pourrait aider les coopérateurs à reprendre les abattoirs de Veviba à Bastogne. Un budget supplémentaire de 500.000 euros a par ailleurs été dégagé pour faire la promotion des produits agricoles wallons suite au scandale Veviba.

Une enveloppe de 600.000 euros a aussi été trouvée afin de lancer dès septembre un service citoyen.

La Wallonie va également financer, à hauteur de 1 million, une importante étude de la pollution qui consistera à mesurer l’exposition des Wallons aux perturbateurs endocriniens. Afin d’obtenir des résultats pertinents, un échantillon représentatif de la population sera établi et inclura des habitants tant des zones urbaines que rurales.

Près de 18 millions ont enfin été mobilisés pour solder les factures liées à la faillite de l’entreprise Nordion et commencer le nettoyage du site pollué par des éléments radioactifs.

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