La Wallonie ne veut plus de grosses centrales biomasse

Transport de pelles destinés à une centrale biomasse. ©BELGA

Le gouvernement wallon abandonne l'appel d'offres lancé pour une grosse centrale biomasse.

Le gouvernement wallon va repartir d’une page blanche en matière de biomasse. Héritant d’un appel à projet lancé en mai 2016 pour la construction d’une grosse unité de production d’une puissance supérieure à 20 MW, le nouvel exécutif MR-cdH a décidé de stopper la procédure.

"Nous stoppons un projet qui nous engageait sur 20 ans dans des conditions onéreuses" (Jean-Luc Crucke, MR, ministre de l’Energie)

Deux candidatures avaient été rentrées. Si le dossier d’Engie Electrabel avait été écarté car incomplet, la Cwape chargée d’évaluer les offres avait proposé à l’administration wallonne celui de Bee Green Wallonia (BGW) situé à Visé. La nouvelle majorité estime cependant que ce "dossier soulève une série de sérieuses interrogations".

Lesquelles?

→ Au-delà d’une incertitude autour du projet car l’Europe pourrait rejeter son caractère "vert" car non accompagné d’une cogénération, le gouvernement voit un grand risque au niveau de l’approvisionnement en biomasse sur le long terme. "Les contrats d’approvisionnement n’atteignent pas une durée de 20 ans. Il n’y a donc pas de garantie sur les prix sur 20 ans", souligne Jean-Luc Crucke qui y voit dès un risque de hausse des prix.

→ Un autre grief porté au projet BGW concerne la capacité des fournisseurs à respecter dans le long terme les labels de certification prévus. Le ministre pointe une neutralité carbone théorique. "Les gisements viennent de Norvège et d’Afrique du Sud."

→ Finalement, le contexte budgétaire actuel rend ce type de projet difficilement finançable. "Il est difficilement acceptable d’engager le gouvernement sur un soutien pouvant aller jusqu’à 1,3 milliard d’euros pour une durée de 20 ans afin de financer une technologie qui demande des subventions permanentes pour fonctionner." On parle de plus d’1 million de certificats verts.

Privilégier le local

Ce projet enterré ne met cependant pas un stop à la filière biomasse dans le sud du pays.

"C’est un nouveau départ pour des projets plus environnementaux et plus wallons" (Jean-Luc Crucke, MR, ministre de l’Energie)

• Et maintenant? La gouvernement va donc relancer prochainement un nouvel appel pour différents projets. Sans fixer aujourd’hui les capacités de production nécessaires, les projets concerneront des unités de biomasse de plus petite taille.

Les candidats devront également répondre à un cahier des charges plus strict avec des critères comme un approvisionnement local, de la cogénération et la création d’emplois locaux. "Aucun projet de biomasse ne pourra être autorisé sans que l’on ne s’assure de la maîtrise du coût et de l’impact sur l’emploi, de la performance environnementale et de l’efficience du soutien", soulignait le gouvernement dans sa déclaration de politique régionale.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content