La Wallonie s'arrache les chevaux

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Avec 2.200 acteurs, 131.000 chevaux sur le sol wallon et 6.600 ETP, la filière équine génère un peu plus de 1 milliard d'euros de flux financier par an en Wallonie. Pour accompagner les entreprises à l'exportation, la filière lance le cluster Equisfair.

Commençons par les présentations… Avec un peu plus de 131.000 chevaux, soit l’équivalent de 7,28 canassons par kilomètre carré ou encore une monture par 27 habitants, la filière équine wallonne génère un peu plus d'1 milliard d’euros de flux financier par an et occupe environ 6.600 ETP directs et indirects. Ce secteur, dont le poids économique est sous-estimé, occupe même 11% de la superficie agricole.

75%
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La Flandre génère 75% de la valeur totale des échanges d’équidés, soit 2,8 milliards d’euros sur les 3,9 milliards totalisés en 2017 et occupe près de 14.000 personnes.

Derrière ce pedigree flatteur pour le secteur, certains acteurs estiment néanmoins que la filière reste sous-exploitée en Wallonie. "Il y a encore beaucoup de développements à faire en Wallonie", estime Jean-Philippe Lejeune, le directeur technique du centre européen du cheval Mont-Le-Soie.

Se basant sur une récente étude réalisée par le centre européen du cheval de Mont-Le-Soie pour le ministre de l’Agriculture René Collin (cdH) et qui compile une série de statistiques économiques sur le secteur, Jean-Philippe Lejeune pointe le gap entre la filière wallonne à sa grande soeur du nord de la Belgique. "A regarder les chiffres de l’étude, on voit clairement qu’il existe un déséquilibre avec la Flandre" qui génère 75% de la valeur totale des échanges d’équidés, soit 2,8 milliards d’euros sur les 3,9 milliards totalisés en 2017 et occupe près de 14.000 personnes.

2.200 acteurs en Wallonie

Devant ce (grand) écart et le potentiel de croissance qui s’offre pour les 2.200 entreprises actives dans la filière en Région wallonne, certains acteurs ont récemment proposé au gouvernement wallon de soutenir le secteur en lançant un cluster équestre qui aille au-delà du simple groupement d’intérêt économique rassemblant quelques entreprises.

"Vu l’ampleur de la tâche et les perspectives économiques pour l’ensemble de la filière, la création d’un cluster de plus grande échelle, ouvert à l’ensemble des acteurs et soutenu par les autorités publiques répondrait aux attentes du monde équestre", résume le business plan d’Equisfair, la dénomination de la société choisie par chapeauter le cluster. "Cela va nous permettre d’accompagner et de structurer le secteur en Wallonie. Il y a véritablement une méconnaissance des possibilités de développement qu’offre la Wallonie ", insiste Jean-Philippe Lejeune.

Le cluster aura aussi comme objectif prioritaire de favoriser les investissements étrangers en Région wallonne.
Equisfair

Outre les opérateurs "industriels" comme ceux qui gravitent dans l’aliment, les écuries, les éleveurs, les fabricants de clôture ou encore la division Horse Inn de l’aéroport de Liège spécialisée dans le transport de chevaux, le cluster espère fédérer une série d’acteurs qui dépassent le monde des entreprises. "On trouve des acteurs scientifiques comme le centre de recherche dédié au cheval Mont-Le-Soie ou l’université de Liège qui dispose d’une clinique équine qui assure un service spécialisé de diagnostic et de traitement des pathologies des équidés."

Mais à côté du classique réseautage entre membres, le cluster vise surtout l’accompagnement des entreprises dans le développement commercial et la recherche. Une de ses priorités sera ainsi d’exploiter les opportunités internationales du marché avec notamment des produits à haute valeur ajoutée dans la chirurgie ou le complément alimentaire. "Le cluster aura aussi comme objectif prioritaire de favoriser les investissements étrangers en Région wallonne", pointe le cahier des charges d’Equisfair qui mise notamment sur l’émergence de produits de" haute qualité qui n’auraient sans doute pas vu le jour sans l’action du cluster".

Le cheval du futur sera connecté

Enfin, les fondateurs du cluster ouvrent la porte à des synergies avec des entreprises liées au cluster TIC et plus particulièrement celles actives dans le domaine des capteurs pour développer le cheval connecté et des applications permettant de gérer le régime alimentaire des équidés ou ses programmes d’entrainement. Des collaborations sont aussi à l’étude avec certains pôles de compétitivité comme Biowin pour la génétique ou Mecatech en poussant les entreprises de génie-mécanique à investir dans une filière Vet-Tech pour les chevaux de luxe. "Les chevaux de luxe est une filière disposée à mettre des moyens importants pour améliorer les soins et le confort des chevaux".

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