Le climat se tend entre le PS et le PTB

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Une alliance PS- PTB a-t-elle du plomb dans l'aile à Charleroi ? Pour Paul Magnette (PS), le PTB doit prendre ses responsabilités et arriver avec des propositions concrètes "avec la faisabilité technique et financière"s'il veut transformer l'essai des élections communales. Germain Mugemangango a répondu dimanche pour l'extrême gauche :"il y a une forme de condescendance, de mépris".

Une alliance PS-PTB à Charleroi ? Rien n'est acté... loin de là. Les deux partis se sont vus cette semaine en vue d'évoquer des alliances dans certaines villes de Wallonie, plus particulièrement à Charleroi et Liège. Mais le climat s'est tendu ces dernières heures entre les deux forces politiques suite à des déclarations de Paul Magnette dans Le Soir, ce samedi.

Pour le bourgmestre carolo sortant, "il faudra prendre ses responsabilités". Le PS assure avoir proposé au PTB deux postes dans le collège de Charleroi: l'échevinat du logement, avec la présidence de la société de logements La Sambrienne, et un autre échevinat. Toutefois le sentiment de son chef de file est que les candidats du PTB "ne veulent pas y aller, mais ils ne peuvent pas décliner les invitations...".

Paul Magnette explique avoir demandé aux représentants du PTB de venir jeudi prochain "avec des propositions concrètes, avec la faisabilité technique et financière".

"Est-ce qu'ils sont prêts à faire des compromis ? Pas des compromissions, mais bien des compromis ? Et, dans ces conditions, sont-ils prêts à rentrer dans l'exécutif?. (...) L'expérience que nous vivons, à Charleroi, à Liège ou à Molenbeek est intéressante", poursuit Paul Magnette qui estime même qu'elle "a une portée nationale et européenne".

Aux yeux du bourgmestre carolorégien, dont le parti détient toujours la majorité absolue, le PTB doit réaliser qu'il ne peut obtenir 100% de son programme.  "Si on rédige un programme de majorité, c'est un programme aux trois quarts PS et un quart PTB", avertit-il.

"Je veut aller jusqu'au bout des choses à condition qu'eux aussi jouent le jeu"
Paul Magnette
Bourgmestre sortant de Charleroi (PS)

 

"Pas devenir Syriza"

Dimanche, sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi), la réponse de l'un des représentants du PTB à Charleroi, Germain Mugemangango, ne s'est pas fait attendre. "Il y a une forme de condescendance, de mépris. M. Magnette aime bien faire le professeur", a-t-il répliqué.

La réponse du PTB est cinglante : "On ne veut pas être la 5e roue du carrosse pour un projet qui n'est pas le nôtre", tranche son porte-parole francophone.

"On ne veut pas être la 5e roue du carrosse pour un projet qui n'est pas le nôtre"
Germain Mugemangango
Porte-parole francophone du PTB


Les choses ne semblent pas se passer tellement mieux à Liège, où le bourgmestre sortant, Willy Demeyer, consulte les différents partis avec lesquels il pourrait former une majorité. "On est dans un poker menteur qui ne me plaît pas trop", juge, de son côté, le député Raoul Hedebouw (PTB).

"Le PTB ne veut pas devenir Syriza (monté au pouvoir en Grèce, NDLR)", a tranché M. Hedebouw. "C'est un parti qui se réclame de la gauche radicale et qui applique aujourd'hui l'austérité en Grèce".

 "Que le PS soit prêt à s'associer au PTB, c'est très inquiétant" 

Que le PS soit prêt à s'associer au PTB dans des majorités locales "est très inquiétant" aux yeux de Benoît Lutgen, président du cdH, interrogé dans La Libre Belgique et La Dernière Heure lundi.

 Il l'attitude du PS "extrêmement dangereuse à terme". "Le PTB est dans un projet antidémocratique à terme. Il fait peser un risque sur les libertés fondamentales, il envoie économiquement tout le monde dans le mur, il est dans le simplisme et le populisme absolus", estime le bourgmestre de Bastogne.

Toutefois, il ne pense pas que "l'arrivée de l'extrême gauche au pouvoir dans les communes va amener le confédéralisme", comme certains le pense en Flandre, "mais amener la misère, ça, oui", ajoute-t-il.




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