Lhoist pourra réaliser sous contrôle extérieur ses tests de pompage à Rochefort

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Ultime rebondissement dans la saga opposant les trappistes de Rochefort à la société Lhoist autour de la source de Tridaine, sur le plateau du Gerny. Le ministre de tutelle, motivé par son administration, délivre le permis demandé par le carrier. Sous conditions.

Il y a juste un mois, le tribunal de Marche-en-Famenne rendait une ordonnance en référé -longuement motivée- suspendant les effets du permis unique délivré le 6 juin dernier par la Région wallonne à la société Lhoist pour exécuter des tests de pompage sur la source de Tridaine (plateau du Gerny).

Carlo Di Antonio, ministre wallon de l'Environnement ©BELGA

Sans attendre le verdict de la procédure en Appel toujours en cours, le ministre Di Antonio vient de confirmer la validité du permis délivré par le fonctionnaire délégué à l’industriel. Il se dit d’ailleurs que les discussions sur le sujet furent particulièrement animées autour de la table du Gouvernement wallon et que ce serait le soutien appuyé de l’administration et de ses experts à l’octroi du permis qui aurait pesé dans la balance pour confirmer le feu vert aux tests de pompage demandés par la société Lhoist. Le ministre impose toutefois comme condition d'analyser les caractéristiques physico-chimiques de l'eau par un laboratoire agréé afin de permettre aux moines de poursuivre leurs activités. Autre condition: la mise en place d'un comité d'accompagnement réunissant les autorités régionales et communales, les moines, le groupe Lhoist et des représentants de la population.

Pour l’abbaye Notre-Dame de Saint-Remy, qui s’opposait à ces tests par tous les moyens légaux depuis des années déjà, le blanc-seing ministériel autorisant les tests de pompage sur la source de la Tridaine, dont l’eau permet à l’abbaye rochefortoise de brasser sa bière trappiste, est un nouveau coup dur: celle-ci affirme depuis le début du conflit avec Lhoist n’avoir pas de plan B pour s’approvisionner en eau de source de qualité en quantité suffisante. "Nous allons introduire un recours contre la décision du ministre auprès du Conseil d'Etat. Mais pour le motiver, il nous faut d'abord recevoir notification officielle de sa décision, dont nous n'avons malheureusement connaissance que via la presse...", indique ce jeudi soir Nathalie Van Laeken, la porte-parole de l'abbaye de Rochefort.

"Garantir la qualité, la quantité et le coût de l’eau aux générations futures."
Corine Mullens
Bourgmestre F.F. de Rochefort

Pour l’entreprise Lhoist, c’est au contraire la fin du tunnel hypothéquant l’exploitation du site carrier de Rochefort au-delà de 2022, sachant que les réserves actuellement autorisées seront alors épuisées. “Les travailleurs et la Direction du Groupe Lhoist sont rassurés, l’objectif de la demande de permis étant de vérifier la possibilité pour Lhoist Industrie d’approfondir sa carrière tout en assurant une bonne gestion de l’eau tant pour Rochefort et ses habitants que pour la brasserie de l’abbaye, et d’assurer le respect de l’écosystème. Depuis 2013, c’est la troisième fois que Lhoist reçoit la confirmation de la solidité technique de son dossier et de l’absence de risque pour les usagers de l’eau. Les analyses effectuées lors du pompage de secours intervenu en juin et juillet 2017 ont également confirmé la qualité des eaux pompées et la parfaite réversibilité du processus”, réagit Jean Marbehant, vice-président Public Affaires du groupe Lhoist.

Ce dernier ajoute que Lhoist Industrie attendra encore l’arrêt de la Cour d’Appel de Liège avant de mettre en œuvre le permis confirmé aujourd’hui. Les plaidoiries sont fixées le 24 octobre prochain et la décision de la Cour est attendue fin novembre. Les pompages devrait, eux, débuter l’été prochain au plus tôt. “Il est en effet urgent de pouvoir à nouveau sereinement envisager l’avenir de nos activités de production de chaux sur le site”, ajoute Jean Marbehant.

Corine Mullens, la bourgmestre faisant fonction (MR-IC) de Rochefort, rappelle pour sa part ce qu’elle avait promis: se conformer à l’avis du ministre.  "Surtout si ce dernier assortit l’octroi du permis de conditions qui garantissent la qualité, la quantité et le coût de l’eau aux habitants et aux générations futures", précise-t-elle.


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