Nouveau plan de confinement wallon pour combattre la peste porcine

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Après approbation hier par les experts de la Commission européenne, le nouveau plan de confinement de la Région wallonne a été officialisé ce vendredi après-midi. Mécontents, les chasseurs français de Meurthe-et-Moselle n'ont pas tardé à réagir: ils font appel aux forces vives pour clôturer la zone frontalière avec la Wallonie dès demain après-midi.

 

Actuellement, le périmètre balisé par le plan de confinement du gouvernement wallon visant à limiter et combattre l’épidémie de peste porcine africaine essentiellement transmise pour l’instant par le biais des sangliers en liberté concerne un périmètre non clôturé de 63.000 hectares situé dans le sud de la province de Luxembourg, aux alentours du bois d’Etalle.

A ce jour, 139 sangliers morts ont été prélevés, dont 111 dans le périmètre infecté. 79 carcasses se sont révélées viropositives. Ces dernières se concentrent essentiellement autour des villages de Buzenol, Ethe ainsi qu’au niveau du camp militaire de Lagland. Les sangliers prélevés en dehors du périmètre (28) sont tous négatifs.

Dès lundi prochain, ce périmètre va évoluer en trois zones distinctes:

 1. La première – une zone noyau (12.562 hectares) comprenant Sainte-Marie, Buzenol, Fratin, et bien sûr le camp militaire de Lagland - sera la plus circonscrite. Il s’agit de celle où ont été détectés tous les cas infectés connus et analysés en laboratoire. Il reste interdit d’y chasser, de nourrir, de circuler et d’exploiter la forêt. La recherche de carcasses de sangliers y reste également active.

2. Une zone tampon, plus large (29.183 ha), englobant la première zone et intégrant notamment Saint-Vincent, Tintigny, Etalle, Virton, Mussy-la-Ville, Saint-Léger et Musson, sera délimitée pour y éradiquer tous les sangliers vivants, vecteurs potentiels de la peste porcine africaine. Pour l’exploitation forestière dans cette zone tampon, des dérogations seront possibles au cas par cas (réservées aux professionnels). Toute cette zone restera par contre interdite à la circulation pour le grand public, au grand dam des amateurs de brame du cerf, et de champignons. Interdiction également de chasse et de nourrissage. La recherche de carcasses de sangliers y reste active. Les analyses y resteront systématiques. Un réseau de clôtures sera également installé. 

3. S’ajouteront à ces deux zones prioritaires, des zones dites "d’observation renforcée" clairement délimitées par les frontières française et luxembourgeoise: il s'agit de 21.101 ha s'étalant en périphérie de la zone tampon, depuis Florenville (Meix-devant-Virton, Rouvroy, Torgny) à l'ouest jusqu'à Aubange (Hondelange-Messancy) à l'Est. Dans cette large zone transfrontalière, le nourrissage sera également interdit, la recherche de carcasses de sangliers active et les analyses systématiques. Obligation sera donnée aux titulaires de droit de chasse d’organiser la destruction massive des sangliers sur leur territoire, notamment par l’autorisation du tir de nuit. Un constat de tir/mortalité devra être dressé par un agent de l’Administration pour chaque sanglier abattu. Les chasseurs concernés seront également obligés d’avoir suivi une formation aux règles de biosécurité pour pouvoir chasser et détruire. L'extraction et l'analyse échantillonnée des carcasses sera également encadrée. La circulation et l'exploitation forestière seront autorisées en journée uniquement.

Au-delà de ces zones, chaque sanglier retrouvé mort doit toujours être signalé, notamment via le call center 1718 de la Wallonie.

"Les mesures prises sont effectives jusqu’au 14 novembre prochain", affirme René Collin, le ministre wallon de l'Agriculture.  Au moins et au mieux, serait-on déjà tenté d'ajouter. A peine rendues publiques, ces nouvelles mesures n'ont guère tardé à avoir des effets au-delà de nos frontières. On apprend en effet que les chasseurs français sont particulièrement mécontents. Le président des chasseurs de Meurthe-et-Mosellle appelle d'ailleurs toutes les forces vives à se réunir dès demain pour entamer, le long de la frontière avec la Wallonie, la construction d'une clôture destinée à "protéger la France du virus de la peste porcine africaine". "Pensez à prendre masse, massette, tenailles, pince coupante, etc.", indique dans un communiqué diffusé ce vendredi après-midi Patrick Massenet. 

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