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Près de 5.000 emplois seront vacants dans l'industrie technologique wallonne en 2018

©BELGA

D’après le directeur d’Agoria Wallonie, le secteur aura besoin d’ingénieurs et de spécialistes du numérique en 2018. Thierry Castagne annonce que l’industrie technologique wallonne enregistrera une croissance de son chiffre d’affaires de 2,2% en 2017 et une autre de 2% en 2018. Il constate un phénomène de PMIsation des entreprises du secteur. L’emploi moyen est passé de 23,7 travailleurs en 1995 à 17,2 personnes en 2016.

L’industrie technologie wallonne reprend du poil de la bête et d’après les analyses d’Agoria Wallonie, la croissance est de retour. "Il n’y a pas un mal wallon dans l’industrie technologique. Malgré la catastrophe Caterpillar (Charleroi), la croissance est au rendez-vous en 2017 et le sera encore en 2018", nous a confié Thierry Castagne, directeur général d’Agoria Wallonie.

16,47 milliards
Son chiffre d’affaires était de 16,47 milliards d’euros en 2016, en baisse de 3,8% par rapport à 2015 (17,1 milliards).

En effet, d’après les statistiques présentées la semaine dernière aux dirigeants, le secteur aura enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de 2,2% en 2017 par rapport à 2016 et ceux-ci prévoient une nouvelle poussée de l’activité, relativement moindre, mais réelle, de 2% en 2018. Son chiffre d’affaires était de 16,47 milliards d’euros en 2016, en baisse de 3,8% par rapport à 2015 (17,1 milliards). Les prévisions pour 2017 annoncent 16,8 milliards (+ 2,2%) et 17,2 milliards l’année prochaine (+ 2%).

Pour accompagner les entreprises du secteur dans leur croissance, il estime qu’il faut poursuivre une stratégie volontariste avec un accent sur la politique industrielle et le numérique. "Grâce à des programmes comme les pôles de compétitivité, Factories of the future ou Digital Wallonia, la politique économique wallonne centrée sur l’industrie et le numérique porte ses fruits. Il faut à tout prix maintenir et accélérer cette politique volontariste associant activement les entreprises", martèle-t-il.

Ingénieurs et d’experts IT

Les effets de la fermeture de Caterpillar vont encore impacter les ventes en 2017. D’après les prévisions, tous les secteurs de l’industrie technologique wallonne vont enregistrer une augmentation de leur chiffre d’affaires cette année, sauf la fabrication de machines où est logé Caterpillar qui va afficher une baisse de 5,5% à fin 2017 par rapport à 2016. Ce secteur connaîtra encore une baisse de 4% de son chiffre d’affaires en 2018.

"On aura besoin d’ingénieurs, de spécialistes du numérique et de techniciens de l’industrie. Malheureusement, on ne trouve pas assez de ces profils, c’est un frein à la croissance des entreprises."
Thierry Castagne

D’après Agoria, l’industrie technologique wallonne bénéficie elle aussi du bon climat économique global. Il se traduira l’année prochaine par des offres d’emploi dans le secteur. Il y aura 4.000 à 5.000 emplois vacants dans l’industrie technologique wallonne.

"On aura besoin d’ingénieurs (mécaniciens, électromécaniciens, etc.), de spécialistes du numérique (big data, analystes, etc.) et de techniciens de l’industrie (tourneurs, fraiseurs, opérateurs sur machines à commandes numériques, soudeurs, chaudronniers, etc.). Malheureusement, on ne trouve pas assez de ces profils, c’est un frein à la croissance des entreprises", explique-t-il.

En matière de création d’emploi, le secteur wallon de l’industrie technologique prévoit la création nette de 750 emplois directs en 2018. C’est un peu moins que la performance en 2017, année au cours de laquelle il a enregistré la création de 200 emplois par trimestre principalement dans les services informatiques (ICT).

+1,2% des emplois en 2018

Mais l’année 2018 sera marquée par une vraie reprise au niveau de l’emploi. En effet, l’année 2017 aura été marquée par une diminution de l’emploi, principalement due à la fermeture du site de Caterpillar. La décision de fermeture a été prise en 2016, mais les C4 ont été mis en œuvre en 2017. In fine, l’industrie technologique wallonne s’est retrouvée en 2017 avec 2.400 emplois de moins qu’en 2016.

Il faut dire que la création d’emplois dans les autres secteurs (automobile et autres moyens de transport, télécoms, IT solutions, etc.) a compensé les départs car la fin de Caterpillar à Charleroi a entraîné une diminution de 3.200 postes.

"On crée plus de richesse dans le secteur et plus d’entreprises, c’est une forme de confiance et traduit la présence de l’esprit d’entreprendre. Mais il y a un effet de PMIsation."
Thierry Castagne

À fin 2017, l’industrie technologique wallonne affichera 59.067 travailleurs, soit une diminution de 3,9% par rapport à 2016 (61.467 travailleurs). Sur une période plus longue (1995-2016), l’emploi a chuté de 13%. Cette diminution est la conséquence de l’augmentation de la productivité (automatisation des capacités de production, etc.), l’externalisation des activités (et des postes de travail) ne faisant pas partie du cœur de métier (restauration, sécurité, logistique, marketing, etc.) et des restructurations de grands groupes.

Mais le volume d’emplois bondira d’environ 1,2% en 2018 à 59.787 collaborateurs. L’industrie manufacturière occupe toujours une place importante dans le secteur. Elle occupait 44.787 travailleurs en 2015 (contre 16.435 personnes pour le secteur des services) sur un total de 61.222 travailleurs.

Dans le même temps, le nombre d’entreprises est stable (3.564 établissements depuis 2016), mais ce chiffre traduit une augmentation de 20% comparé à 1995, d’après les chiffres de l’ONSS. "On crée plus de richesse dans le secteur et plus d’entreprises, c’est une forme de confiance et traduit la présence de l’esprit d’entreprendre. Mais il y a un effet de PMIsation (la taille des entreprises est passée de 23,7 emplois en 1995 à 17,2 emplois en 2015)", constate Thierry Castagne.

©Mediafin

Tournées vers l’export

D’après une enquête d’Agoria, 57% des emplois sont logés dans des entreprises détenues par des actionnaires étrangers et 64% du chiffre d’affaires de l’industrie technologique wallonne sont réalisés à l’exportation.

Il faut renforcer l’activation des demandeurs d’emploi et l’orientation des jeunes vers les filières d’études et de formations porteuses d’emplois.

Pour en finir avec les pénuries de main-d’œuvre, il rappelle qu’il faut renforcer l’activation des demandeurs d’emploi et l’orientation des jeunes vers les filières d’études et de formations porteuses d’emplois, "notamment au moyen d’incitants comme le prévoit du reste le programme du gouvernement wallon. Un tiers des métiers en pénurie relève des secteurs de l’industrie technologique. Cette situation freine le développement des entreprises."

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