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Quel est le problème des PME wallonnes?

©Lieven Van Assche

Les PME wallonnes travaillent souvent seules, sans relation commerciale avec de grandes entreprises. Beaucoup ne sollicitent pas d’aides publiques, par manque d’information. Les principaux freins à la croissance des PME sont le coût du travail, la fiscalité et les charges administratives.

Un indépendant n’est pas fait pour le jeu d’équipe, il compte d’abord sur lui-même. L’image relève quelque peu du cliché, mais elle se vérifie pourtant à la lecture de l’enquête de l’Union des classes moyennes (UCM) auprès de ses membres. Une enquête qui illustre à quel point les PME ont besoin de soutien extérieur et dont voici les principaux constats.

"Les taux réduits pour les PME relèvent largement de l’illusion."
philippe godfroid
président de l’ucm

Des PME trop petites

Les PME en Belgique francophone sont trop petites: 9 salariés en moyenne contre 11 en Flandre. "Si chacune d’entre elles engageait deux personnes, le problème du chômage serait résolu", assure le président de l’UCM Philippe Godfroid. Se pose dès lors la question: pourquoi les PME wallonnes et bruxelloises ne grandissent pas?

Ecrasées par les taxes

Les principaux freins à la croissance des PME sont, sans surprise, le coût du travail, la fiscalité et les charges administratives. L’enquête confirme en effet que les PME paient beaucoup d’impôts: plus d’une sur deux (53%) se dit taxée à plus de 30%. Un chiffre interpellant quand on sait que les PME bénéficient d’un taux d’imposition réduit sur leurs bénéfices. "On oublie que ce taux n’est valable que sur la première tranche de 25.000 euros", nuance Philippe Godfroid, pour qui le fameux taux réduit pour les PME relève "largement de l’illusion". L’UCM n’est par ailleurs pas opposée à une suppression des intérêts notionnels, "à condition que l’on simplifie l’Isoc et que les taux réduits soient effectifs".

Isolées

  De trop nombreuses PME travaillent dans leur coin. La plus grande partie de leur chiffre d’affaires n’est pas réalisé avec de grandes entreprises ni avec des clients étrangers (voir infographie). Autre élément interpellant: 72% des chefs de PME n’ont sollicité aucune aide publique, principalement par manque d’information. "Ce qui ne fait que souligner l’urgence d’un guichet unique virtuel pour les PME en Wallonie", souligne Philippe Godfroid. Un tel guichet unique est en effet prévu par le Small Business Act wallon dont la mise en œuvre doit être finalisée pour 2019 au plus tard. À Bruxelles, les PME comptent sur la réforme des aides à l’expansion économique, ce qui n’est plus qu’une question de semaines, en principe.

©Mediafin

On engage

 Les patrons de PME ne manquent pourtant pas d’ambition et veulent voir leur entreprise se développer et grandir. La preuve, ils sont 42% à tabler "avec certitude" sur une progression du chiffre d’affaires et/ou de l’emploi dans les trois prochaines années. Pour 29% d’entre eux, une telle progression est "probable". Il faut dire que les indicateurs de confiance sont plutôt bien orientés en ce moment. Le recrutement se fait principalement par le bouche à oreille (49%), mais les services des opérateurs publics (Forem, Actiris) sont également très appréciés (31%).

Les PME forment leur personnel

 Trois patrons de PME sur quatre considèrent la formation du personnel comme un investissement et accordent plus de trois jours par an de formation à leurs salariés. Les PME se disent préoccupées par la motivation de leurs travailleurs plutôt que par les compétences. Leur grande crainte est l’absentéisme. Le coût des licenciements et l’absence de période d’essai sont également des freins à l’embauche.

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