Rochefort sollicite Lhoist pour mettre fin à sa pénurie d'eau

©Jef Boes

La commune de Rochefort demande l’aide de Lhoist pour mettre fin à sa pénurie d’eau. Au jeu du serpent et de l’échelle qu’il joue depuis trop longtemps avec les moines trappistes de Rochefort, après la case ‘serpent’ hier, Lhoist passe à la case ‘échelle’: l’entreprise est réquisitionnée pour faire en urgence ce qu’elle rêve de faire depuis des lustres.

Coup de tonnerre à Rochefort: face à la pénurie d’eau frappant pour l’instant les habitants et les services communaux, dont celui d’incendie, la ville a, jeudi soir, réquisitionné un puits exploité par l’entreprise Lhoist dans la carrière de la Boverie.

Moyennant accord préalable reçu de la Direction des Eaux Souterraines du SPW et de l’exploitant de la source de Tridaine directement concernée, l’abbaye Notre-Dame de Saint-Remy (à laquelle les services techniques de la ville doivent, d’après contrat, garantir un débit de 40 m3 par heure), le service communal des eaux a donc invité la bourgmestre faisant fonction, Corinne Mullens, à réquisitionner le puits JE77. Celui-ci avait été foré par le groupe Lhoist en 2006 dans la carrière de la Boverie, celle-là même où se trouve la source de Tridaine.

A ce stade, le dispositif mis en place dans l’urgence est temporaire. "Face à la situation de pénurie, nous avons fait appel hier à la Protection civile pour distribuer des berlingots d’eau potable à la population locale. Mais il est évident que nous devions trouver une solution à moyen terme, vu l’été qu’on nous annonce. La solution trouvée hier vise donc à permettre de rétablir sans plus attendre l’alimentation en eau de la population et des entreprises rochefortoises durant cette période de sécheresse. Nous ne nous engageons pas davantage sur le long terme", précise Corinne Mullens.

Mais selon Lhoist, le débit de la nappe aquifère pourrait sans doute résoudre quasi définitivement à l’avenir – moyennant vérifications durant la phase de test grandeur nature mise en place aujourd’hui - les problèmes récurrents d’alimentation en eau potable que rencontre la commune.

Pour rappel, cette distribution d’eau potable est assurée par les services techniques communaux, qui doivent chaque année acheter le complément nécessaire à la SWDE (captage du barrage de Nisramont).

Que vont faire les trappistes?

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Reste à savoir maintenant comment va réagir à ce coup du sort l’abbaye, l’exploitant de l’eau de Tridaine et de ses abords qui, pour rappel, annonçait pas plus tard qu’hier avoir introduit une citation en référé devant le tribunal de Première instance de Marche-en-Famenne. La galerie distribuant l’eau de Tridaine servira en effet par gravitation à alimenter la ville et l’abbaye avec l’eau du puits JE77.

Et ce précédent valide – anticipe même en raccourcissant et intensifiant la phase de tests - le scénario proposé par Lhoist pour déplacer l’actuel captage et pouvoir ainsi prolonger les activités extractives sur le site de plus de vingt ans. Un scénario refusé bec et ongles par Frère Jean-Paul, au nom de l’abbaye, jusqu’à hier soir encore.

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