Un chèque wallon de 220 millions pour les certificats verts

Le nouveau ministre de l'énergie Jean-Luc Crucke va signer le chèque vendredi. ©Anthony Dehez

Le nouveau ministre wallon de l’Energie va signer un chèque de 220 millions d’euros pour racheter à Elia un gros paquet de certificats verts. "Une opération nécessaire pour éviter un gros impact sur la facture d’électricité", souligne le cabinet Crucke.

La Wallonie n'en a pas terminé avec la bulle du photovoltaïque. Les mesures prises précédemment, la mise au frigo d’un paquet de certificats verts et la révision à la baisse des subsides, n’ont pas permis de ramener le système à l’équilibre. Résultat: un nouveau déficit s’est creusé dans les comptes du gestionnaire de réseau Elia.

Pour rappel, Elia est obligé de racheter les certificats verts wallons qui ne trouvent pas preneur sur le marché à 65 euros pièce, mais la surcharge qui finance cette obligation, fixée à 13,82 euros par MWh, ne lui permet plus de couvrir ses coûts. Il avait donc introduit dès l’an dernier auprès de la Creg, le régulateur fédéral, une demande d’augmentation de cette surcharge – de quoi alourdir de 33 euros la facture annuelle d’un ménage wallon moyen. Après pas mal de discussions, un compromis a été trouvé: le gouvernement wallon se voyait accorder un sursis pour mettre en place une opération de temporisation. Mais si une solution n’était pas effective au 1er octobre 2017, une augmentation de la surcharge plus importante encore interviendrait à cette date – elle serait portée à 23,5694 euros par MWh, soit une augmentation de 41,18 euros de la facture annuelle moyenne.

Christophe Lacroix (PS) le prédécesseur de Jean-Luc Crucke (MR), a donc planché sur une nouvelle "mise au frigo" des certificats verts excédentaires. Mais plutôt que de la confier, comme précédemment, à un partenaire privé, il a décidé d’opter pour un mécanisme en interne: une opération menée par la Région wallonne elle-même, et financée par les réserves de trésorerie d’une série d’unités d’administration publique comme la Sogepa, le Forem, l’Aviq, la Société wallonne du logement ou la Spaque.

Le 31 août dernier, le nouveau gouvernement wallon a approuvé l’arrêté qui fixait le nombre de certificats verts à racheter cette année. Une première étape, puisque d’autres rachats sont prévus jusque fin 2022, avec possibilité de prolongation si le prix des certificats verts sur le marché n’a pas remonté suffisamment à cette date.

Concrètement, c’est l’Awac, l’agence wallonne de l’air et du climat, qui va procéder à ce rachat. Le point était à l’ordre du jour du gouvernement wallon ce jeudi, et le ministre Jean-Luc Crucke va signer le chèque vendredi. Le montant de ce rachat, qui porte sur près de 2,8 millions de certificats verts? 181,5 millions d’euros plus TVA, soit près de 220 millions d’euros. "Une opération qu’il était nécessaire de réaliser avant le 1er octobre, pour éviter un gros impact sur la facture d’électricité des ménages et des entreprises", souligne le cabinet Crucke.

"L’augmen-tation de la surcharge certificats verts n’aura donc plus de raison d’être."
Kathleen Iwens
porte-parole d’Elia

Sur le financement de l’opération, le cabinet Crucke se refuse à tout commentaire. "Nous avons poursuivi le mécanisme imaginé par nos prédécesseurs, parce qu’il y avait urgence pour éviter qu’Elia ne soit obligé d’augmenter sa surcharge. Le gouvernement va revoir le dossier dans les mois qui viennent, et mener une réflexion pour que le système des certificats verts trouve un apaisement", indique son porte-parole.

Elia confirme que l’opération prévue est en ligne avec ses besoins. "Tous les voyants sont au vert, nous allons pouvoir facturer un peu plus de 181 millions d’euros à la Région wallonne, et finaliser la transaction avant fin septembre. L’augmentation de la surcharge au 1er octobre n’aura donc plus de raison d’être", commente Kathleen Iwens, porte-parole d’Elia.

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