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#ça n'va nin!, crie la CSC

  • La CSC ne dit pas non...
  • à l'arrivée du PTB
  • dans un gouvernement wallon
©Photo News

Le syndicat chrétien se dit favorable à une grande alliance progressiste avec le PTB en Wallonie après les élections.

L’hiver (et le printemps aussi) social risque d’être chaud en Wallonie! Alors que la CGSP a déposé un préavis de grève de trois jours dans le TEC avant Noël pour protester contre la réforme menée par le gouvernement wallon MR-cdH, son homologue chrétien lance à son tour les hostilités dans le sud du pays.

Mais à l’inverse des "rouges", la CSC n’entend pas encore privilégier l’escalade. Ses actions resteront ludiques à travers une campagne de sensibilisation de 6 mois. Autour du slogan "#ça n’va nin!", la CSC va décliner des thématiques comme les pensions, la fiscalité, les services publics ou les jeunes qui sont, selon elle, "les sacrifiés de la politique fédérale et régionale à travers les salaires dégressifs et l’exclusion du chômage".

À quelques mois du début de la campagne électorale, le syndicat met ainsi la pression sur les partis politiques. Bruno Antoine, le président de la CSC wallonne, est d’ailleurs très clair: "Notre volonté est de mettre la pression pour avoir des projets progressistes. Nous ne voulons pas voir des gens qui viennent faire des beaux discours lors d’une campagne et ensuite se prostituent pour être au pouvoir avec la droite. La CSC wallonne ne sera pas complice de ces politiques de détricotage de la Wallonie."

Derrière ces avertissements, c’est tout le dialogue social, plutôt épargné par les manifestations en Wallonie ces dernières années, qui se fissure avertit Marc Becker, le secrétaire national de la CSC. "Nous étions déjà en campagne depuis 3 ans avec ce gouvernement fédéral de droite mais aujourd’hui avec ce gouvernement wallon de droite, les choses évoluent. On se doutait bien qu’avec la nouvelle déclaration de politique régionale en Wallonie, il y avait un virage à droite. Les choses se vérifient. On arrive au bord de la ligne rouge à ne pas franchir et qui risque de nécessiter des actions plus fortes. Il est important que nos affiliés savent pour qui voter et il faut aussi que les mandataires sachent ce qu’on attend d’eux!"

Déficit wallon: 217 ou 600 millions en 2018?

Parmi les points de divergence entre le syndicat chrétien et le gouvernement wallon MR-cdH, Marc Becker pointe la question du budget wallon et de son déficit. Déjà contesté par la Cour des comptes qui a recalculé le déficit wallon à 358 millions d’euros l’année prochaine alors que le ministre du Budget parle de 217 millions, Marc Becker vient avec un autre chiffre. "D’après nos calculs, nous sommes à un déficit de 600 millions d’euros. Le gouvernement a oublié de prendre en compte un élément du facteur d’autonomie, une garantie qui s’arrête fin 2017 et qui va coûter 400 millions en 2018, s’inquiète le responsable syndical. Heureusement que le ministre du Budget n’a pas un Jean-Luc Crucke dans l’opposition."

Au-delà de la question budgétaire, il pointe la fin du Plan Marshall – "on frise le délire" – et surtout, l’assurance autonomie.

Favorable au principe, Marc Becker s’inquiète pour son financement. "Une partie du budget va venir des services d’aide aux familles (Safa) dont le budget va être transféré. Mais les Safa ne servent pas que pour les personnes dépendantes. Ces services sont également utilisés pour financer des aides au ménage pour un public précaire qui n’est pas dépendant. À mes yeux, il va donc manquer entre 20 et 30 millions. Nous sommes par ailleurs contre la cotisation forfaitaire de 50 euros par Wallon de plus de 25 ans. Il faut une cotisation proportionnelle."

Déjà la fin du modèle mosan en Wallonie

Au-delà des divergences, la CSC reproche au nouveau gouvernement wallon son manque d’empathie envers les syndicats. "La conception qu’ont les membres du gouvernement du dialogue social est différente de celle qui existait dans le passé. Il n’y a plus de modèle mosan. Le ministre Jeholet vient par exemple avec des propositions, il interroge, mais il n’y a pas vraiment de concertation. On a très peu de contacts avec eux."

Si Marc Becker se plaît à égratigner le MR, le cdH et le PS ne sont pas épargnés par la critique. "Il n’y a pas que le cdH qui a été avec le MR au pouvoir. Le PS, avec Di Rupo, a aussi participé à un gouvernement avec les libéraux."

La CSC n’exclut pas une participation du PTB

À l’instar de la FGTB qui pousse un pôle des gauches (PS-Ecolo-PTB), la CSC se montre également favorable à une grande alliance progressiste en Wallonie. "Une alliance progressiste est la plus simple pour faire avancer des idées." Cette alliance, dans laquelle la CSC et le MOC plaçaient historiquement le cdH, pourrait être chamboulée par la montée en puissance du PTB en Wallonie et l’alliance du cdH avec le MR. Marc Becker ne se dit en tout cas pas contre une participation du PTB dans un gouvernement wallon. "Je le connais insuffisamment pour savoir si oui ou non le PTB est un partenaire fiable mais je n’exclus personne sauf les partis antidémocratiques. Or, il ne faut pas confondre l’extrême gauche et l’extrême droite."

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