157 apprentis codeurs pour la première rentrée de l'école 19

©Photo News

Ils étaient 2.000 à poser leur candidature pour le grand plongeon. Ils étaient 450 à appréhender l’épreuve de la piscine. Ils sont 157 à être parvenus à surnager dans les méandres du code. Ce lundi débuteront officiellement les cours au sein de 19, l’aile belge de l’école de codage chère à Xavier Niel (Free). On vous prévient déjà: le cru est bon.

Driiing… L’heure de la rentrée a sonné pour 19. La première de l’histoire de cette école de codage d’un genre nouveau, inaugurée en mai dans les bâtiments de Latour de Freins à Uccle (Bruxelles). Au total, ce sont 157 étudiants qui rejoindront lundi les bancs de l’établissement pour un cursus riche en émotions en perspective, sur quelque 2.000 au départ à avoir fait montre d’intérêt lors des tests de présélection en ligne.

De ce nombre, seuls 450 avaient alors été retenus pour participer au second écrémage, les "piscines", ces fameuses périodes de tests intenses s’étalant sur une période d’un mois et censées séparer le bon grain de l’ivraie, soit ne garder que ceux qui en veulent, qui ont la niaque pour avancer.

1/8 sans diplôme

"D’après l’algorithme de Paris, le niveau des étudiants retenus est excellent."
John-Alexander Bogaerts
Cofondateur de 19

Et quel grain. "D’après l’algorithme de Paris (lire là où tout a commencé avec 42, l’école de codage fondée, entre autres, par Xavier Niel, et dont le modèle a fait des petits, notamment ici, en Belgique, NDLR), le niveau des étudiants retenus est excellent", se félicite John-Alexander Bogaerts, cofondateur de 19, aux côtés d’Ian Gallienne. "D’ailleurs, c’est ce qui nous a poussés à prendre 157 personnes pour 150 places initialement prévues."

Voilà pour l’avant. Quid de maintenant? Désormais, la poignée de méritants qui suivra le programme de 19 – dont les cours sont entièrement gratuits – sera soumise à une série d’épreuves en libre parcours (sans prof donc) imaginées par sa grande sœur 42, permettant de débloquer peu à peu, chacun à son rythme, l’accès aux niveaux supérieurs. "En tout, on en compte 21, expliquait récemment Florian Bucher à nos confrères des Échos. Mais ce l’objectif n’est pas que les élèves aillent jusque-là."

Anti-formatage

Et pour cause, l’idée n’est ici pas de formater les étudiants à un cursus rigide, ni de leur délivrer un simple papier en bout de course. Non, l’objectif est de former ces jeunes âgés de 18 à 30 ans aux métiers du numérique pour qu’ils trouvent un job, et ce, même si cela passe par un arrêt du programme en cours de route.

La promesse 100% d’embauche

19, c’est la petite sœur bruxelloise de 42 lancée en 2013 à Paris par l’homme d’affaires français Xavier Niel (Iliad), en compagnie de Florian Bucher, Nicolas Sadirac et Kwame Yamgnane. Cinq ans après, c’est l’heure des bilans… Des bilans qui ont de quoi enthousiasmer les Bruxellois à s’être lancés dans le grand bain.

 Au total, 42 (et ses antennes), premier centre de formation en informatique sans professeur, a accueilli 200.000 candidatures d’élèves provenant de 202 nationalités différentes. Depuis, le concept a essaimé jusque dans la Silicon Valley en 2016. 

Quelque 2.000 élèves toutes promotions confondues ont trouvé un job, ce qui équivaut à un taux d’embauche de près de 100%, se félicitait récemment Florian Bucher, cofondateur de 42, dans Les Échos. Du reste, 300 élèves seulement ont franchi les 21 niveaux avec succès, leur permettant d’obtenir la certification 42. Un plus, mais pas une condition sine qua non pour trouver un job.

Une démarche qui se comprend aisément quand on sait que les participants, âgés de 23 ans en moyenne, sont bien souvent sortis du parcours éducatif classique. À titre d’exemple, 15% des étudiants de l’établissement sont infra-qualifiés, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas même de diplôme de fin de cycle secondaire (CESS) en poche.

Et pour les motiver durant le parcours encore long qui les attend, la cohorte d’apprentis codeurs pourra profiter, lors de son passage dans les murs de l’école nichée sur le domaine de Latour de Freins, de toute une série d’animations organisées par les partenaires du projet, à savoir Belfius, Besix, Deloitte, De Persgroep, GBL (qui donnera son nom à la première promo), Proximus, RTL Belgium, Solvay, UCB et 4Wings Foundation (famille Lhoist).

"On table sur deux à trois événements par semaine", indique John-Alexander Bogaerts. "ça ira de workshops afin de se confronter aux problématiques des entreprises et de leurs clients à des hackathons, en passant par des visites et stages en entreprise ou même des media trainings", précise Stephan Salberter, directeur de 19.

40% de Wallons

Autant d’activités qui bénéficieront à un public géographiquement divers: si 43% des étudiants viennent de la Région de Bruxelles-Capitale, 40% sont issus de Wallonie, quand 11% viennent de Flandre et 6% de l’étranger. "Des chiffres qui confirment l’impact national de 19", se félicite le directeur.

Le prochain défi de l’équipe aux commandes sera d’attirer un public plus féminin dans l’école. ©BELGA

Du reste, comme souvent dans les formations STEM (pour "science, technology, engineering, and mathematics"), "le point d’attention demeure la présence du public féminin", poursuit Stephan Salberter.

"Avec 5% d’étudiantes, 19 est dans la moyenne des formations informatiques mais doit faire davantage." C’est pourquoi des actions spécifiques seront bientôt annoncées pour renforcer leur présence. Ce sera là le prochain défi de l’équipe aux commandes. En attendant, signe du succès de l’aventure, "les premières inscriptions pour 2019 sont déjà complètes", conclut le directeur.

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