Bruxelles écarte 47.000 véhicules polluants

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La zone de basses émissions (LEZ) exclut dès ce 1er janvier les véhicules diesel Euro 3. Cela représente plus ou moins 47.000 véhicules immatriculés à Bruxelles. Depuis la création de la LEZ en 2018, 65.000 voitures sont interdites dans la capitale.

Bien qu’elle soit implémentée depuis le 1er janvier 2018, la zone de basses émissions bruxelloise suscite pour la première fois d’importantes crispations. Et c’est logique au regard du nombre de véhicules concernés par les nouvelles conditions d’accès: à partir de ce 1er janvier 2020, 47.000 voitures diesel de la norme Euro 3 immatriculées en Région bruxelloise ne pourront plus y circuler sous peine d’une amende de 350 € renouvelable tous les trois mois.

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Seuls 2.344 véhicules avaient été bannis de la low emission zone (LEZ) en 2018 et environ 19.000 en tout l’année d’après, soit 4% du parc automobile bruxellois. Environ 14% du parc sont désormais concernés par l’interdiction de circuler dans la capitale, et cette part atteindra un tiers du parc en 2025, selon des estimations maximalistes de 2017 basées sur une évolution du parc automobile à politique inchangée. "Or, on peut s’attendre à ce que la LEZ suscite des changements de comportement avec, par exemple, une anticipation des restrictions à venir lors de l’achat d’une voiture", explique Sarah Hollander, de Bruxelles Environnement.

Si la zone de basses émissions a déjà produit son petit effet sur la qualité de l’air, le renforcement de ses critères devrait en principe permettre une réduction significative des émissions de polluants issus du transport routier. Bruxelles Environnement s’attend ainsi à une réduction d’environ 32% des émissions d’oxydes d’azote (NOx) d’ici 2020 et 66% d’ici 2025 par rapport aux émissions de 2015. Quant aux émissions de black carbon, celles-ci devraient diminuer d’environ 55% d’ici 2020 et 86% d’ici 2025.

65.000
véhicules interdits
Le nombre total de véhicules immatriculés à Bruxelles concernés par les différentes vagues de restrictions de la LEZ depuis son instauration en 2018.

Les réactions vis-à-vis de la LEZ sont loin d’être unanimes. D’un côté, les associations œuvrant pour une meilleure qualité de l’air jugent le phasage trop lent. Le collectif Bruxsel’Air voudrait accélérer le calendrier afin d’interdire l’accès à tous les véhicules diesel dès 2023 et aux véhicules essence à partir de 2030. À l’inverse, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) redoute un impact commercial négatif pour les entrepreneurs vivant ou travaillant au sein de la zone de basses émissions.

Du côté politique, c’est l’absence de mesures d’accompagnement suffisantes qui est épinglée. "L’interdiction de l’Euro 3 aurait dû coïncider avec une réforme de la prime Bruxell’Air. Les correctifs sociaux se font toujours attendre", déplore notamment le député bruxellois Julien Uyttendaele (PS).

Refonte de la prime avant 2022

Accordée suite à une radiation de la plaque d’immatriculation et/ou la destruction du véhicule, la prime Bruxell’Air donne droit à un package mobilité à modalités variables (abonnements Stib et Cambio, prime vélo). Amorcée sous la précédente législature, sa réforme n’a pas abouti. L’interdiction des véhicules de diesel Euro 4 au 1er janvier 2022 s’impose comme nouvelle date butoir pour la réforme profonde annoncée par la nouvelle majorité. "Le gouvernement doit décider de la manière d’amplifier les soutiens avec l’idée d’aider surtout ceux qui en ont le plus besoin. La zone de basses émissions ne peut pas devenir une mesure anti-sociale qui empiète sur le droit à la mobilité des plus précaires", déclare à ce sujet le ministre bruxellois de l’Environnement Alain Maron (Ecolo).

Outre Bruxell’Air pour les particuliers, la Région bruxelloise accorde aux professionnels des primes de 3.000 € maximum pour le remplacement d’un véhicule utilitaire trop polluant. Rappelons aussi qu’il est toujours possible de se rendre à Bruxelles à bord d’un véhicule interdit d’accès avec un laissez-passer d’une journée (35 €), qui peut désormais être acheté le lendemain du passage dans la LEZ. Enfin, les parkings de transit Ceria, Kraainem, Lennik et Stalle sont accessibles aux véhicules qui ne respectent pas les critères d’accès, sans risque d’écoper d’une amende.

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