85% des voiries mises en zone 30 à Bruxelles

Au 1er janvier, environ 85% des voiries bruxelloises seront limitées à 30km/h, contre 60% aujourd'hui. ©Photo News

À l'issue d'une ultime phase de concertation avec les 19 communes et la Stib, le gouvernement régional a validé la carte définitive de la zone 30 généralisée.

Dans moins de six mois, Bruxelles sera une Ville 30. En pratique, le 30km/h deviendra donc la vitesse par défaut sur l'ensemble du territoire régional et seuls quelques grands axes bénéficieront d'un régime d'exception. Ce projet figurant dans l'accord de majorité vient de franchir une étape importante. Après une ultime phase de concertation, la carte définitive a été validée ce jeudi par l'équipe de Rudi Vervoort (PS).

Au 1er janvier, environ 85% des voiries bruxelloises seront limitées à 30km/h, contre 60% aujourd'hui. "Pour l'instant, les gens ne savent pas toujours bien s'ils sont dans une rue limitée à 30 ou à 50km/h. La situation sera plus lisible: les grands axes sont à 50 et les quartiers résidentiels à 30. Mais on fait surtout cela pour la sécurité. À Grenoble, ils ont constaté une baisse de 27% des personnes blessées ou tuées dans la circulation après la généralisation du 30km/h. La mesure a débouché sur une réduction globale de la vitesse, même dans les rues à 50km/h", fait valoir la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen).

Processus de concertation

Alors que les questions de mobilité sont de nouveau très sensibles, on lui demande si l'on doit s'attendre à des protestations au niveau local. "Le processus de concertation a été important. Depuis la décision prise il y a un an, on a fait une première proposition qu'on a pas mal adaptée suite aux contacts pris avec les 19 communes, les zones de police, le Siamu et la Stib.

8,6
Millions d'euros
Un budget de 8,6 millions d'euros est prévu en 2020 pour faire de la sensibilisation, de la répression et les premiers travaux d'infrastructure.

Dernièrement, les demandes des communes portaient sur 33 voiries régionales, dans une moitié de cas pour augmenter la vitesse, mais dans l'autre pour la baisser, c'est important de le dire! On a suivi les communes dans la plupart des cas mais pas partout. Par exemple, Uccle voulait garder un axe à 50 qu'on a refusé. À l'inverse, Anderlecht voulait mettre le boulevard Industriel à 30, mais ce n'était pas encore crédible."

On se permet de faire remarquer que d'autres grands axes comme l'avenue Houba de Strooper à Laeken ou la rue de Stalle à Uccle vont pourtant passer à 30km/h. Or, la récente mise en zone 20km/h du Pentagone a démontré qu'il ne suffit pas de placer des panneaux pour modifier les comportements.

"C'est vrai qu'il y a certaines rues très larges qui invitent à la vitesse sur lesquelles il faudra des aménagements", confirme l'écologiste qui rappelle qu'un budget de 8,6 millions d'euros en 2020 permettra de faire de la sensibilisation, de la répression et les premiers travaux d'infrastructure. "Cela ne pourra pas se faire en une fois, mais maintenant qu'on a la carte nous allons pouvoir prioriser les axes à adapter en urgence."

"Si tous ceux qui n'osent plus ou ne veulent plus prendre les transports en commun se rabattent sur la voiture, on aura encore plus d'embouteillages. Alors ne rien faire, c'est cela qui revient à créer du chaos!"
Elke Van den Brandt (Groen)
Ministre bruxelloise de la Mobilité

Vous l'avez compris, la ministre bruxelloise n'est pas du genre à tergiverser. Son empressement à multiplier les pistes cyclables temporaires lors du déconfinement lui vaut d'ailleurs des critiques émanant de sa propre majorité. Chef de groupe PS au Parlement bruxellois, Ridouane Chahid (PS) juge l'absence de participation citoyenne contre-productive.

Convaincre de se déplacer autrement

"Pour éviter d'avoir des transports publics bondés, on a demandé à ceux qui le pouvaient de marcher et de rouler à vélo. On ne pouvait pas lancer cet appel à la population sans prendre nos responsabilités et offrir une infrastructure plus sécurisée. Il fallait agir vite dans le cadre de la crise, mais on n'a rien inventé puisqu'il s'agissait d'axes identifiés dans le plan Good Move. Bruxelles est déjà l'une des capitales les plus embouteillées d'Europe. Si tous ceux qui n'osent plus ou ne veulent plus prendre les transports en commun se rabattent sur la voiture, on aura encore plus d'embouteillages. Alors ne rien faire, c'est cela qui revient à créer du chaos!"

La ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt. ©BELGA

Cette pique-là est adressée à son homologue au fédéral, François Bellot (MR), qui dit craindre le chaos sur les routes à la rentrée. "On attend Bellot comme on attend Godot... Il faut quand même réaliser qu'il a depuis 2014 des clés en main pour faire des changements. Les navetteurs qui n'ont pas d'alternatives demandent des trains ponctuels et confortables. Il faut des fréquences plus élevées, des trains plus tard le soir, utiliser davantage les petites gares bruxelloises. S'il s'y met aussi, on pourra offrir plus vite des alternatives. Il dit qu'il faut attendre le RER pour modifier les axes entrants. Mais je ne vais pas attendre 2031 pour faire quelque chose alors qu'il y a des embouteillages maintenant!"

Malgré les critiques parfois virulentes d'une partie de la population, son discours ne varie pas d'un iota. Inlassablement, l'écologiste répète que le développement de pistes cyclables facilitera à terme la vie des automobilistes. "Je sais que c'est contre-intuitif mais c'est aussi l'une des finalités du plan Good Move de fluidier le trafic pour tous ceux qui n'ont pas d'alternatives à la voiture parce qu'ils ont un trajet compliqué, un véhicule professionnel, des horaires de nuit, etc. Si l'on convainc 20% des gens qui sont dans les embouteillages de se déplacer autrement, on résoud le problème de la congestion. J'ai encore quatre ans pour l'expliquer aux gens."

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