À Bruxelles, le cdH propose de rendre l'argent

Didier Wauters, peu connu, succède à Joëlle Milquet comme tête de liste. ©Photo News

Les humanistes misent sur la gouvernance pour leur campagne électorale. Ils avancent 701 propositions pour remonter au pouvoir après 6 ans d’opposition. Didier Wauters, peu connu, succède à Joëlle Milquet comme tête de liste.

C’est de bonne guerre vu les événements qui ont marqué la législature communale à la Ville de Bruxelles. Le cdH a choisi la gouvernance et l’éthique comme thème majeur de campagne et comme pierre angulaire de tout accord de majorité éventuellement signé après le vote du 14 octobre. C’est ce qu’a répété Didier Wauters, tête de liste, ce jeudi, à l’occasion de la présentation du programme cdH pour la Ville.

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C’était dans sa maison familiale, à Laeken, dans un quartier où fleurissent surtout les affiches des candidats PS. Cela se sait, cela se sent, la mobilisation du Parti socialiste pour maintenir le bourgmestre sortant, Philippe Close, est énorme. En face, le cdH représente une force politique non négligeable (9 sièges au conseil communal sur les 10 obtenus en 2012) mais part en campagne en pleine recomposition après que sa cheffe de file historique, une certaine Joëlle Milquet, a décidé de ne plus se représenter à l’échelon local.

Didier Wauters, conseiller communal sortant et opticien dans la vie, n’est pas un politique professionnel. Il en convient volontiers, "c’est un pari".

Un chèque de 100 euros

Succéder à une ex-ministre hypermédiatisée et championne des voix de préférence constitue en effet un sacré challenge. Ce qui n’a échappé ni à la direction nationale cdH ni à celle du CD&V, présent sur la liste avec Bianca Debaets, secrétaire d’État bruxelloise, et des candidats d’ouverture dont Alex Puissant, ex-présentateur vedette de la VRT. Les deux présidents de parti, Benoît Lutgen et Wouter Beke, avaient donc fait le déplacement à Laeken pour soutenir leur équipe bruxelloise.

"L’axe PS-MR à la Ville de Bruxelles n’est pas si solide. Il y a des atomes crochus mais au niveau politique, c’est le grand écart."
Didier Wauters
tête de liste cdh

Celle-ci porte le fer sur la gouvernance avec pour objectif de tourner la page du scandale du Samusocial. "Les Bruxellois ont eu peu d’occasions de se réjouir de leur ville lors de cette législature", a lancé Bianca Debaets. Joëlle Milquet a évoqué "le copinage et le clientélisme" comme culture politique en visant le PS et déploré la multiplication d’organes et d’ASBL qui "divisent la gouvernance". Le cdH veut incarner un changement de comportement politique, a appuyé Benoît Lutgen. Très prosaïquement, le cdH promet à chaque habitant un chèque de 100 euros à faire valoir parmi les activités proposées par la Ville, histoire que le citoyen récupère l’argent public perdu dans les scandales ou dans l’échec du projet de stade national. La facture s’élèverait à 8 millions d’euros pour la Ville, chiffre le cdH.

Sera-ce suffisant pour casser l’axe PS-MR qui s’est formé en 2012 au détriment du cdH? "Je ne veux rien casser du tout, je veux construire, répond Didier Wauters à L’Echo. Mais je suis convaincu que cet axe PS-MR n’est pas si solide. Il y a des soubresauts. On le constate dans le dossier du parc Maximilien, où la majorité dit tout et son contraire. C’est scandaleux. Alors oui, il y a des atomes crochus entre eux mais au niveau politique c’est le grand écart".

La mobilité du centre en question

Cela dit, "je n’ai d’exclusive que vis-à-vis des comportements, assure la tête de liste. Depuis six ans, on aurait pu jouer une opposition hard, on ne l’a pas fait, nous avons été propositionnels mais ils nous ont tellement niés. Avec une telle arrogance, un tel mépris lorsqu’Yvan Mayeur était le patron. Le ton a changé avec Philippe Close". Didier Wauters estime qu’il y a encore du pain sur la planche en matière de gouvernance. Il entend recruter des ombudsmen dans les grands services de la Ville pour recueillir les plaintes d’habitants et rationaliser le tissu d’ASBL qui prend en charge certaines missions communales.

Ces mesures font partie des 701 propositions qui s’étalent dans le programme du parti pour ces élections. Le cdH prône par exemple une police plus proche du citoyen, la nomination d’un manager de crise sous la responsabilité du bourgmestre ou encore la création d’un échevin de la nuit. Le cdH veut également annuler et remplacer le plan de mobilité qui règle la circulation autour du piétonnier.

Benoît Lutgen (au centre) et Wouter Beke (à droite) sont venus soutenir leur équipe bruxelloise. ©Photo News

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