Actiris confronté à une fuite des talents

©Dieter Telemans

L’office de l’emploi souffre de la concurrence du privé. Le statut du fonctionnaire bruxellois doit encore évoluer, estime son directeur, Grégor Chapelle. Il lui manque encore 100 collaborateurs.

Cela fait deux ans que le personnel d’Actiris n’est pas au complet, déplore son directeur général, Grégor Chapelle (PS). A l’entendre, la gestion des ressources humaines de l’office bruxellois de l’emploi est même sous tension maximum. L’organisme public régional doit se battre sur deux fronts. "Depuis quelques mois, beaucoup de gens nous quittent, l’attractivité du service public diminue sans doute en raison de l’amélioration de la conjoncture économique", explique Grégor Chapelle.

"L’attractivité du service public diminue sans doute en raison de l’amélioration de la conjoncture économique."
Gregor Chapelle
directeur général d’Actiris

Et d’égrener. Une porte-parole partie pour le secteur bancaire, un responsable de la communication interne trouvant une herbe plus verte ailleurs, l’architecte d’Actiris débauché par le nouveau musée Kanal ou encore un responsable des économies d’énergie envolé vers le privé. Sans compter une série de chefs de projet qu’Actiris n’a pas non plus été en mesure de retenir compte tenu des conditions offertes par le secteur public bruxellois. "Ils partent avec 500 euros nets en plus par mois, une voiture de société et une assurance groupe, nous sommes désarmés", peste Grégor Chapelle.

La situation est d’autant plus difficile qu’Actiris peine également à attirer de nouveaux collaborateurs. Pour l’heure, il y a par exemple toujours une dizaine de postes vacants dans l’IT ce qui conduit Actiris à faire appel à des consultants, plus onéreux que les salariés. "Et nous n’avons personne pour surveiller ce que font ces consultants", poursuit le directeur général. Actiris fait travailler 1.400 personnes mais il en manque une centaine pour compléter le capital humain de l’organisme.

Au final, Gregor Chapelle est bien obligé d’admettre que la réforme du statut du fonctionnaire bruxellois, finalisée l’an dernier par la socialiste Fadila Laanan, fut "une occasion manquée". Valorisation des petits salaires, amélioration du remboursement des transports publics, valorisation des carrières dans le privé sont des avancées. "Mais c’est insuffisant", dit-il alors qu’Actiris s’est heurté aux syndicats au moment d’embaucher des contractuels à des conditions plus avantageuses. Une souplesse autorisée par la réforme.

Laanan conteste

Un ou une chef (fe) de projet avec des dizaines de personnes sous sa responsabilité ne gagne guère mieux que 2.600 euros net chez Actiris, explique Grégor Chapelle. Par ailleurs, la longueur des procédures de recrutement (jusqu’à six mois), peut encore handicaper l’embauche. "Le prochain gouvernement bruxellois devra remettre l’ouvrage sur le métier", estime-t-il.

Sa camarade de parti Fadila Lannan ne semble pas franchement d’accord avec lui. "Nous ne constatons pas de problème fondamental d’attractivité dans la fonction publique régionale bruxelloise, répond à L’Echo le cabinet de la secrétaire d’Etat à la Fonction publique. Nous reconnaissons toutefois l’existence de difficultés dans le recrutement des profils techniques, plus spécifiques et donc plus difficiles à trouver". La réforme a notamment permis de rendre les procédures de recrutements "moins lourdes" défend encore Fadila Laanan.

Chez Actiris, on a toutefois décidé de mettre le paquet pour se rendre attractif avec une politique de management basée sur des "valeurs humaines", sur la coopération plutôt que la concurrence entre travailleurs et sur un environnement de travail agréable.

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