Actiris veut doubler le suivi personnalisé des chômeurs

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Le dispositif garantie jeunes de 2015 sera étendu à tous les nouveaux inscrits à partir du 11 mars prochain. Le nombre de chercheurs d’emploi qui bénéficieront de cet accompagnement personnalisé passera de 12.000 à 24.000 sur base annuelle.

À partir du 11 mars prochain, tout chercheur d’emploi qui s’inscrit pour la première fois dans un bureau d’Actiris pourra bénéficier d’un accompagnement semblable à celui mis en place en 2015 à l’intention des jeunes de moins de 30 ans.

La décision a été approuvée jeudi par le comité de gestion d’Actiris. Voyons dans le détail en quoi consiste ce nouveau dispositif, baptisé "garantie solutions".

  • Extension de la garantie jeunes. Les instances bruxelloises ont décidé de capitaliser sur le succès de la garantie jeunes qui concerne environ 12.000 personnes de moins de 30 ans sur base annuelle. "Ce système a permis de ramener le chômage des jeunes Bruxellois à son niveau de 1989. Le chômage des jeunes à Bruxelles est aujourd’hui inférieur à celui d’Anvers ou de Liège", se félicite Grégor Chapelle, directeur général d’Actiris.

Avec le système "garantie solutions", on passera à un public cible de 24.000 personnes qui s’inscrivent pour la première fois chez Actiris, quel que soit leur âge. Pour donner une idée des flux, chaque année, 65.000 personnes s’inscrivent chez Actiris (mais pas tous pour la première fois), tandis que 70.000 trouvent un emploi (ce qui explique pourquoi le chômage baisse à Bruxelles). Au 3 janvier 2019, on recensait un total de 88.317 chômeurs à Bruxelles.

Si l’accompagnement est proposé dans les 12 mois et non dans les 6 mois, comme pour les jeunes, c’est parce que bon nombre de nouveaux inscrits sont des primo-arrivants, bien souvent des citoyens européens (Roumains et Bulgares surtout), qui ne maîtrisent ni le français ni le néerlandais. "Il faut d’abord leur laisser le temps d’acquérir une des deux langues nationales avant de les mettre en contact avec le monde du travail", précise Grégor Chapelle.

  • Un accompagnement personnalisé. Toute personne qui s’inscrit pour la première fois chez Actiris recevra dans un délai de 12 mois un accompagnement personnalisé en fonction de son profil, de ses compétences ou de son niveau d’employabilité. Pour ce faire, les chercheurs d’emploi ne seront plus segmentés selon l’âge ou le diplôme (sauf à des fins statistiques). Ils seront au contraire répartis en quatre catégories selon leur degré d’employabilité qui, à son tour, déterminera le type d’accompagnement qui leur sera proposé.

Comme pour la garantie jeunes, l’accompagnement pourra prendre la forme d’une proposition d’emploi, d’un stage en entreprise, d’une formation, d’une reprise d’études ou simplement d’un cours de langue pour ceux qui ne maîtrisent ni le français ni le néerlandais.

Le conseiller définit les modalités de l’accompagnement avec le chercheur d’emploi. La mise en œuvre du plan d’actions est obligatoire. "Le cas échéant, un refus de collaboration sera acté dans le dossier et pourra mener à des sanctions", prévient Grégor Chapelle.

À noter que le chercheur d’emploi qui ne fait pas partie des nouveaux inscrits pourra demander de pouvoir bénéficier de la garantie solutions à n’importe quel moment.

  • Un dossier unique. Au niveau de la mise en œuvre, Actiris mise sur la digitalisation. Chaque conseiller gérera un portefeuille de 150 chercheurs d’emploi. Chacun d’entre eux disposera d’un dossier unique digital qui verra le jour le 11 mars 2019 également. Il pourra ainsi, à partir de son smartphone par exemple, recevoir des offres d’emploi, interagir avec son conseiller, etc.
  • De nouveaux moyens. Tout ceci nécessite bien sûr des capacités renforcées dans le chef d’Actiris. Un budget de 900.000 euros a été débloqué pour engager 15 conseillers qui viendront renforcer le staff existant de 159 conseillers.
"C’est un défi opérationnel gigantesque."
Grégor Chapelle
Directeur général d’Actiris

Le dossier unique nécessite quant à lui des moyens supplémentaires dans l’IT. Plusieurs centaines de milliers d’euros, nous précise-t-on.

"C’est un défi opérationnel gigantesque", souligne Grégor Chapelle. "Il faudra plusieurs mois pour atteindre un régime de croisière. D’autant que nous n’avons pas de réel point de comparaison. La garantie jeunes était inspirée de l’exemple scandinave. Pour la garantie solutions par contre, il n’y a pas d’équivalent."

Le patron d’Actiris ne cache pas qu’idéalement, il faudrait un tel accompagnement pour tout demandeur d’emploi, sans exception. "Mais Rome ne s’est pas faite en un jour et j’espère que d’autres étapes suivront."

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