Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé: "Il faut arrêter de croire que Bruxelles reste les bras croisés"

Le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) réagit aux inquiétudes émises par le Celeval concernant la situation sanitaire dans la capitale. ©Photo News

Alain Maron trouve logique que la capitale soit source d'inquiétudes. Mais le ministre bruxellois de la Santé déplore en revanche les discours laissant croire à de l'attentisme de la part des autorités régionales.

L'obligation généralisée du port du masque décidée la semaine passée par le gouvernement bruxellois ne serait pas suffisante pour lutter contre l'épidémie, selon le rapport du groupe d'experts fédéraux relayé par le Tijd. "Le Celeval reste préoccupé par la situation épidémiologique à Bruxelles et estime que la généralisation du port du masque comme mesure unique est insuffisante", peut-on lire dans cet avis émis le 13 août.

"C'est un avis surprenant dans son aspect lapidaire: trois lignes seulement. Et cela peut donner à penser que Bruxelles n'agit pas en dehors du port du masque. Nous sommes toujours preneurs d'analyses étayées et de recommandations, mais ce n'est pas le cas ici avec cet avis lacunaire", réagit Alain Maron (Ecolo). Le ministre bruxellois de la Santé rappelle notamment que la capacité de testing a été augmentée avec des flux séparés selon les types de public. "On ne mélange pas dans les files des personnes malades envoyées par leur médecin et celles qui ont besoin d'un test PCR pour voyager, c'est du bon sens. Le renforcement du testing débouche sur davantage de personnes mises en quatorzaine. Quant au dispositif de suivi de contacts, il fait l'objet d'améliorations constantes avec un nombre de personnes contactées qui devient significatif."

L'écologiste affirme encore que le système de liaison entre la Cocom et les 19 communes fonctionne bien. "L'administration réfléchit avec tous les acteurs concernés sur la manière d'améliorer encore la détection de clusters locaux et la prévention dans les communes les plus touchées." Et de rappeler que des mesures spécifiques ont été prises dans les maisons de repos, qui ont désormais l'obligation d'avoir un protocole d'accord avec un laboratoire et un hôpital ainsi qu'un plan d'action spécial Covid. En outre, une deuxième vague de testing généralisé de tout le personnel vient d'être lancée avec la médecine du travail, de façon préventive.

"Comme toutes les grandes villes, Bruxelles doit faire l'objet d'un focus particulier. Nous sommes potentiellement plus exposés et plus fragiles."
Alain Maron

"Ce n'est donc pas comme si l'on restait les bras croisés à Bruxelles. Nous sommes très ouverts aux propositions et extrêmement attentifs à l'évolution des chiffres et de l'épidémie", insiste Alain Maron, qui trouve logique que la capitale soit source d'inquiétudes. "Comme toutes les grandes villes, Bruxelles doit faire l'objet d'un focus particulier. Nous sommes potentiellement plus exposés et plus fragiles en raison de la densité et de la structure de la population ainsi que du nombre important d'entrées et de sorties."

Pas de hit-parade

En revanche, le ministre bruxellois juge anormal que certains discours ne traduisent pas la réalité des chiffres. "Si l'on regarde le taux de contamination par 100.000 habitants, c'est toujours Anvers qui se trouve loin devant malgré une récente amélioration, puis Liège et enfin Bruxelles. Il ne s'agit pas de faire un hit-parade. Cela aurait pu être l'inverse et cela peut encore changer mais pour l'instant ce sont les faits, sans jugement. Les derniers chiffres qui devront encore être validés laissent penser que Bruxelles pourrait atteindre un plateau, mais il n'est pas question de crier victoire."

"Dans tous les cas, nous analyserons le rapport efficacité-coût psychosocial et économique avant de prendre de nouvelles mesures contraignantes pour la population."
Alain Maron

Alors que Bruxelles se retrouve à l'ordre du jour du prochain Conseil national de sécurité, quid de nouvelles mesures? "Il serait bizarre que le CNS qui n'avait pas imposé de mesures à Anvers le fasse pour Bruxelles. S'il doit y en avoir, les mesures complémentaires seront prises par le ministre-président et la haute fonctionnaire. Dans tous les cas, nous analyserons le rapport efficacité-coût psychosocial et économique avant de prendre de nouvelles mesures contraignantes pour la population."

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