Alain Maron veut initier un grand débat public sur la 5G

Selon Alain Maron, ministre bruxellois de l'Environnement, l'offre commerciale relative à une 5G dite "light" lancée par Proximus dans une trentaine de communes durant le confinement a démontré la nécessité d'un débat public. ©Photo News

Le ministre bruxellois de l'Environnement l'a annoncé en commission ce mercredi matin: un grand débat public doit avoir lieu sur la 5G afin que les décisions relatives aux normes d'émissions soient prises en toute transparence.

Interrogé par l'ensemble des partis lors de la commission Environnement du Parlement bruxellois ce mercredi matin, le ministre Alain Maron (Ecolo) a fait part de sa volonté d'organiser un vaste débat public sur la 5G. "La Région bruxelloise n'est pas compétente pour dire oui ou non à la 5G, les licences étant attribuées par le niveau fédéral. Nous sommes compétents sur le volet environnemental avec la norme de rayonnement électromagnétique et sur d'autres aspects comme l'énergie, les déchets, l'urbanisme et éventuellement la fiscalité si la Région reprenait la main sur la taxation des antennes", a-t-il précisé.

"Il faut que tout le monde puisse comprendre les enjeux au niveau de l'environnement, de la santé, de l'économie et des usages."
Alain Maron
Ministre bruxellois de l'Environnement (Ecolo)

Doit-on modifier ou non la norme sur les émissions électromagnétiques? Doit-on soumettre les antennes 5G à une taxation régionale? Le tissu économique bruxellois a-t-il besoin ou pas d'un déploiement massif de la 5G? Voici le type de questions sur la table du gouvernement que l'écologiste souhaite soumettre au débat public.

"Il faut que tout le monde puisse comprendre les enjeux au niveau de l'environnement, de la santé, de l'économie et des usages. Sur beaucoup de ces points, les experts ne sont pas d'accord entre eux et il y a de la controverse. Il faut ramener de la sérénité dans ce débat et le démocratiser. Les théories complotistes liant le coronavirus à la 5G se développent d'autant mieux que les décisions se prennent sans débat transparent", considère le ministre régional de l'Environnement.

Les modalités de ce grand débat public ne sont pas encore connues. Alain Maron a déclaré qu'il en existe plusieurs, prévues dans diverses législations: enquête publique, consultation populaire, commission mixte... Selon lui, l'exécutif bruxellois devrait soumettre rapidement au parlement une modalité préférentielle.

Mobilisation des pouvoirs locaux

Selon le ministre, l'offre commerciale relative à une 5G dite "light" lancée par Proximus dans une trentaine de communes durant le confinement a démontré la nécessité d'un débat public.

"Alors que l'on observait essentiellement une mobilisation des associations avant la crise du coronavirus, cette campagne marketing a entraîné une mobilisation citoyenne et des pouvoirs locaux. J'ai reçu en copie un courrier de la Conférence des bourgmestres adressé à l'IBPT (l'institut national des télécommunications, NDLR) pour réclamer plus de consultation sur la 5G et le respect de la norme de 6V/m sur le sol bruxellois. De manière explicite, cela signifie que les 19 bourgmestres, tous partis confondus, sont favorables à cette norme."

Dans l'opposition, le MR s'est dit favorable à l'organisation d'un tel débat en précisant qu'il doit être mené avec l'ensemble des ministres concernés et des experts. Le cdH a quant à lui rappelé qu'il avait déjà demandé la mise en place d'une commission paritaire mixte citoyens-parlement au travers d'une proposition de résolution déposée début mai.

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