Après cinq ans de gel, le prix de l'eau indexé à Bruxelles au 1er janvier 2020

Le prix de l'eau facturé par Vivaqua est gelé depuis 2014 en Région bruxelloise. ©Belgaimage

Brugel a répondu positivement à la demande de Vivaqua. Les tarifs bruxellois restent inférieurs à ceux pratiqués dans les autres Régions.

Le conseil d’administration de Brugel a décidé mercredi de répondre positivement à la demande de Vivaqua concernant l’indexation du prix de l’eau en 2020, avant l’adoption d’une nouvelle méthodologie tarifaire pour la période 2021-2026. Selon les estimations fournies par le régulateur bruxellois de l’énergie, l’impact de l’indexation sera limité. La hausse de 2,19% de la facture d’eau pour un ménage de deux personnes représentera un surcoût annuel de 5,52 euros tandis qu’un ménage de quatre personnes peut s’attendre à une augmentation de 2,31%, soit un coût supplémentaire de 11,04 euros. Même indexé, le prix de l’eau dans la capitale restera sensiblement inférieur aux tarifs pratiqués en Flandre et en Wallonie. À consommation égale (35m³ par personne), la facture d’eau d’une famille wallonne de quatre membres s’élèvera à 757,68 euros contre 489,75 euros à Bruxelles.

100 millions
d'euros
Des investissements d’environ 100 millions d’euros par an, en moyenne, sont nécessaires pour réhabiliter les infrastructures souterraines vétustes de Vivaqua.

La décision prise par le régulateur n’est pas une surprise. Dans son rapport relatif à l’établissement du coût-vérité de l’eau en 2018, Brugel avait déjà souligné qu’en raison des besoins de financement croissants pour l’assainissement et la collecte, une augmentation des tarifs devrait certainement avoir lieu dans un avenir proche afin d’assurer la pérennité du service. Après analyse de la demande d’indexation des différentes composantes de la tarification portant sur la période 2014-2020 introduite par Vivaqua en septembre, Brugel a accepté uniquement l’indexation de la composante "assainissement communal". "Après analyse et consultation du Comité des usagers de l’eau et du Conseil économique et social et en raison du sous- financement du réseau, nous sommes favorables à une augmentation des tarifs, d’autant que l’impact est relativement limité pour l’usager et reste inférieur à l’inflation", a commenté Eric Mannès. Le président ad interim de Brugel estime que le régulateur a joué son rôle avec neutralité en prenant en compte tant les besoins de l’opérateur que la réalité économique des consommateurs.

©Mediafin

Vivaqua dans le rouge

Côté opérateur justement, les besoins sont criants. Gelé depuis 2014 par le gouvernement régional, le prix de l’eau à Bruxelles est le plus bas du royaume. Les recettes de Vivaqua, qui proviennent majoritairement de la facture d’eau des Bruxellois, ne couvrent plus ses dépenses. Or des investissements massifs, environ 100 millions d’euros par an en moyenne, sont nécessaires pour réhabiliter les infrastructures souterraines vétustes héritées des 19 communes. "Le modèle économique n’est plus pérenne. On ne peut pas continuer à s’endetter en empruntant, mais on ne peut pas non plus mettre un frein aux investissements nécessaires", avait déclaré à L’Echo la directrice de Vivaqua, Laurence Bovy, en août dernier.

Actuellement, tous les ménages paient des montants similaires établis en fonction de deux critères: la consommation et la composition de la famille.

Dans son avis rendu le mois passé, le Conseil économique et social de la Région bruxelloise, qui rassemble organisations représentatives des employeurs et organisations syndicales, jugeait inopportun que l’intercommunale des eaux soit structurellement financée par des subsides régionaux et lui préférait un financement par l’application du coût-vérité de l’eau imputable à tous les consommateurs d’eau qu’ils soient ou non des contribuables bruxellois. Et de souligner le risque de dérapage budgétaire si Vivaqua devait se financer par un accroissement de la dette en raison de la non-application de ce coût-vérité couplé à une absence de subside régional.

Pas encore de tarif social

En revanche, tant le Conseil économique et social que le Comité des usagers de l’eau regrettent que les mesures de protection des ménages les plus fragiles et la garantie d’accès à l’eau ne soient pas mises en œuvre en même temps que la hausse des prix. L’instauration d’une nouvelle structure tarifaire solidaire qui intégrera un tarif social automatique et un statut de client protégé, comme pour le gaz et l’électricité, est promise pour 2021/2022 par le ministre régional de l’Énergie Alain Maron (Ecolo). Dans l’intervalle, les consommateurs les plus précarisés pourront toujours bénéficier du fonds social de l’eau (1,8 million d’euros par an).

Le dossier a des allures de cadeaux empoisonnés pour les écologistes ayant récemment intégré la majorité. Ils se voient en effet imposer ce rattrapage par Brugel alors que l’ancien gouvernement s’était retranché derrière la désignation de cet organe indépendant de contrôle pour geler le prix de l’eau sans pour autant avancer en parallèle sur la mise en place d’une tarification sociale.

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