Aujourd'hui, Bruxelles entre en gouvernance climatique

Alain Maron, ministre en charge notamment de l'Environnement, va manager la transition climatique pour Bruxelles. ©Photo News

Ce n'est pas une rentrée ordinaire pour la politique bruxelloise. Nouveaux ministres, nouveaux cabinets, mais surtout, nouvelle exigence qui va tout orienter: la gouvernance climatique. Le ministre Alain Maron nous explique ce qui va changer.

Le gouvernement bruxellois fait sa rentrée. Presque en catimini. Pour cause, les cabinets sont encore loin d'être au complet. "On commence doucement, nous dit-on dans l'entourage du ministre-président Rudi Vervoort. Rien de transcendant à l'agenda pour ces prochains jours." 

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Ce qui va marquer cette rentrée, c'est le switch climatique. D'office, la question budgétaire transcende toutes les compétences. Mais désormais, la transition climatique devient l'autre chaperon de la politique bruxelloise. C'est la volonté de l'accord de gouvernement.

D'Alain Maron (Ecolo), ministre de la Transition climatique, de l'Environnement, de l'Énergie et de la Démocratie participative, on verra donc l'influence bien au-delà de ses compétences. Son premier labeur sera de faire avancer la "Loi Climat à la bruxelloise", comme il dit, soit une ordonnance dont l'objectif principal sera de faire baisser les émissions de CO2 de 30% en 2030 (par rapport à 2005), avec en ligne de mire le "zéro carbone" en 2050.

Cet objectif de diminution du carbone est raisonnable, "normalement ambitieux" par rapport à l'enjeu.
Alain Maron
Ministre bruxellois de l'Environnement

Si le ministre admet que les objectifs sont "normalement ambitieux" au regard de l'enjeu, il concède qu'ils vont demander des actions concrètes nombreuses et importantes. "On n'a jamais réussi à atteindre de tels niveaux de baisse d'émissions de CO2 en Belgique", admet-il.

Comment orchestrer cette nouvelle politique?

Il va notamment falloir mettre en place des comités de suivi et d'évaluation dans tous les secteurs. Ils seront chargés de remettre un rapport chaque année au Parlement. Leur rapport reviendra sur ce qui a été fait, mais aussi sur ce qu'il reste à faire. La question de la composition de ces comités reste à régler.

Autre instrument de la gouvernance climatique, l'obligation "pour toutes les notes d'orientation de tous les ministres" de comporter des objectifs stratégiques et opérationnels en rapport avec ces normes environnementales.

"On va aussi lancer le plus vite possible un débat public avec tous les acteurs impliqués, donc les acteurs économiques et sociaux, sinon on n'arrivera jamais à rien", ajoute le ministre Maron.

En concertation

L'un des premiers outils pour assurer ce dialogue sera l'Alliance Emploi Environnement déjà existante.

La rénovation du bâti ne peut rendre le coût du logement plus élevé!
Alain Maron

"Tout comme on doit réfléchir avec le secteur de la construction aux manières de faire face aux impératifs climatiques dans la rénovation, nous devons rencontrer les acteurs sociaux parce qu'il faut au moins préserver, voire améliorer le droit au logement et à la mobilité, par exemple. Franchement, ce droit à la mobilité, c'est déjà bof-bof, or il faut l'assurer à tous les Bruxellois, quel que soit le quartier, et à tout le monde de manière générale. Il faut aussi assurer les investissements et la mutation parce que le but n'est pas que les gens restent chez eux ni que les entreprises délocalisent. La rénovation du bâti ne peut rendre le coût du logement plus élevé!"

Une des pistes est de lier les primes des propriétaires bailleurs pour les rénovations et l'isolation à une obligation de respect de la grille des loyers.

Avec quel budget?

Quand on voit l'ampleur de ce chantier climatique, la question du budget pour mener à bien de telles politiques se pose. Le premier budget du ministre en charge, Sven Gatz, devra être déposé fin octobre au parlement. Alors il n'est pas inquiet, le ministre de l'Environnement? Il se veut rassurant, précisant que toutes les solutions de financement ne passeront pas par le budget régional, que certains aménagements, pour les cyclistes ou piétons par exemple, ne coûtent pas si cher, que des systèmes avec des tiers-investisseurs vont être favorisés... "Il va falloir être créatif, mais aujourd'hui, l'équation budgétaire est un défi pour toutes les villes en Europe confrontées à cette même problématique. Et les acteurs privés sont devenus nombreux à accepter les nouveaux impératifs et à comprendre les opportunités offertes par le recyclage, l'économie circulaire..."

Quel timing pour cette ordonnance Climat?

"La priorité, c'est d'avancer", tempère le ministre Maron. Le temps que les textes soient prêts, présentés, discutés, votés, on sait déjà qu'on ne sera plus en 2019

Ce jeudi, rentrée des ministres bruxellois. Alain Maron est arrivé avec la secrétaire d'Etat, Ecolo elle aussi, Barbara Trachte. ©BELGA

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