Brussels Airport doit être plus proactif dans sa gestion du bruit

©BELGA

C’est l’une des recommandations émises par Envisa pour régler le problème des nuisances sonores causées par le survol. Le bureau d’étude français chargé de réaliser l’étude d’incidences s’est concentré sur la gouvernance, sans étudier aucune solution technique.

La seconde partie de l’étude d’incidence sur les nuisances sonores liées à l’activité de Brussels Airport a été bouclée dans les temps. Pour rappel, l’État fédéral devait réaliser celle-ci avant le 3 juin, sous peine d’une astreinte de 300.000 euros par mois de retard. En juin 2017, le tribunal bruxellois de première instance – qui n’avait pas accédé à la demande de la Région bruxelloise de supprimer certaines routes aériennes – avait en revanche imposé à l’État belge de réaliser une étude indépendante sur les nuisances sonores causées par l’aéroport de Zaventem. Ce second volet contient les recommandations des experts du bureau français Envisa.

En voici quelques points marquants, sans exhaustivité →

- Peu de solutions opérationnelles étudiées
Ce rapport qui s’apparente à un catalogue de bonnes intentions se concentre essentiellement sur la méthode de gouvernance et ne présente quasiment aucune solution opérationnelle. Le bureau d’étude aurait pourtant pu étudier différents scénarios (dispersion, concentration, recul de pistes…) et leurs conséquences: nombre de personnes survolées et nuisances occasionnées. Un tel comparatif aurait pu servir de base de travail aux décideurs politiques. "Il n’est pas non plus possible pour une étude scientifique de proposer une solution opérationnelle ou d’infrastructure qui serait universellement acceptée dans une situation politique, culturelle et juridique aussi sensible et chargée", peut-on lire dans le rapport d’Envisa. Les citoyens concernés par le survol qui attendaient avec impatience l’émergence de solutions concrètes ont de quoi être déçus.

"L’infrastructure de l’aéroport pourrait être améliorée pour faciliter des départs et des arrivées plus silencieux. Pourquoi ces investissements ne sont-ils pas faits?"
eNVISA
Bureau d’étude

- La Flandre pointée du doigt
Les questions de gouvernance sont passées au crible par le bureau d’étude qui pointe du doigt la Flandre à plusieurs reprises. "En réalité, il semble que l’aéroport soit protégé d’une grande partie de l’impact négatif du bruit qu’il crée par les institutions politiques et régionales flamandes. Il ne s’agit pas d’une politique durable", estiment ainsi les auteurs de l’étude qui ajoutent que Skeyes (ex-Belgocontrol) et l’aéroport sont largement perçus comme étant principalement des entreprises flamandes. "L’aéroport étant national, il s’agit d’une erreur, mais, en tant qu’organisation belge quasi-publique, Skeyes devrait faire davantage pour résoudre ce problème." La Flandre est également ciblée dans l’épilogue, mais de manière plus sibylline. "Il semble évident que, pour certaines parties prenantes, les dispositions dysfonctionnelles actuelles régissant la gestion du bruit des avions autour de BRU conviennent à leurs objectifs politiques."

- L’aéroport invité à se responsabiliser
Aux yeux des experts français, la solution au survol de Bruxelles passera notamment par une responsabilisation accrue de l’aéroport, invité à gérer de manière plus proactive les problèmes découlant du bruit généré par le décollage et l’atterrissage des avions. "L’infrastructure de l’aéroport pourrait être améliorée pour faciliter des départs et des arrivées plus silencieux. Pourquoi ces investissements ne sont-ils pas faits?", interroge le bureau d’étude qui souligne que des investissements importants sont par ailleurs réalisés dans des points de vente commerciaux au sein de l’aéroport. À ce titre, Envisa recommande d’améliorer les exigences en matière de gestion du bruit qui sont définies dans la licence d’exploitation d’aérodrome fournie par le gouvernement fédéral lorsque la prochaine licence sera soumise à négociation.

- Les vols de nuit réduits, voire interdits
Si les pistes de solutions techniques manquent au rapport, des grands principes sont quand même évoqués comme la réduction des vols de nuit. "Nous ne pensons pas que les opérations de nuit soient cohérentes avec cet aéroport. L’élimination ou la réduction importante des opérations de nuit au fil du temps contribuerait, à notre avis, à rétablir la confiance et le respect entre l’aéroport et la collectivité environnante. De nombreux aéroports en Europe, de même nature, interdisent complètement les vols de nuit", fait valoir Envisa qui s’empresse toutefois de préciser qu’il s’agira, in fine, d’une décision… politique!

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