Bruxelles dégage un nouveau train d'aides de 74 millions

Thierry Naoum (à gauche), le patron de Rouge Tomate et son chef (qui est aussi son associé) Alex Joseph. ©saskia vanderstichele

La Région de Bruxelles-Capitale vient d'annoncer un nouveau système d'aides proportionnées basées sur le nombre d'emplois et la perte de chiffre d'affaires des secteurs les plus touchés par la crise.

Les restaurateurs sont en train de mourir debout. Alors que la Fédération Horeca Bruxelles réclame une (ré)ouverture du secteur pour le 1ᵉʳ mars prochain, nombre de restaurateurs réclament, à cor et à cri, un système d'aide plus proportionnalisé. C'était aussi le sens de la manifestation organisée vendredi dernier par l'Union Resto-Bar de Bruxelles qui crie à l'injustice au regard des aides accordées par les Régions flamande et wallonne.

Il faut croire qu'ils ont été entendus car, dans un train de nouvelles mesures (74 millions d'euros) annoncées jeudi midi par le gouvernement bruxellois, on trouve un système d'aide calqué sur le nombre de travailleurs et sur la perte du chiffre d'affaires enregistrée par les restaurants.

Parcours du combattant

Il faut dire qu'en ces temps de crise, le parcours des exploitants d'établissements horeca est jalonné d'obstacles, comme l'a bien résumé Thierry Naoum, le patron du restaurant Rouge Tomate, dans un mail envoyé à Rudi Vervoort et à Barbara Trachte, respectivement Ministre-Président socialiste et Secrétaire d'Etat écolo de la Transition économique. N'ayant pas eu de réponse de leur part, Thierry Naoum s'est tourné vers nous, pour dénoncer la faiblesse des primes uniques octroyées par rapport aux frais fixes assumés par la plupart des restaurateurs.

Lors du premier confinement, Thierry Naoum a reçu deux primes uniques de 4.000 euros et une prime de 3.000 euros lors du deuxième confinement. Avec un loyer mensuel de 13.000 euros et des factures d'énergie de 4.800 euros par mois, les comptes sont vite faits. Malgré le fait que le propriétaire des murs de Rouge Tomate a fait un effort lors du premier confinement, Thierry Naoum et son associé lui doivent aujourd'hui plus de 35.000 euros. Enfin, cerise sur le gâteau, l'exploitant de Rouge Tomate dit ne pas remplir les conditions d'éligibilité d'obtention de crédits de la part de Finance Brussels.

Des critères objectifs

De son côté, Pierre Hermant, l'administrateur-délégué de finance&invest.brussels rappelle que, dans le cadre de la mission déléguée qui lui a été confiée par le gouvernement bruxellois, l'invest évolue dans un cadre strict concernant l'octroi des crédits qui, rappelons-le, peuvent grimper jusqu'à 600.000 euros.

"Sur une enveloppe prévue de 40 millions, des projets sont à l'étude concernant 25 millions d'euros."
Pierre Hermant
Administrateur-délégué de Finance Brussels

Sur une enveloppe prévue de 40 millions d'euros, des projets sont actuellement à l'étude concernant 25 millions, nous a expliqué Pierre Hermant. Pour ce dernier, la première chose que finance&invest.brussels regardera, c'est la capacité de remboursement du crédit de l'établissement, sa situation comptable réelle. Peu de chance donc que Finance Brussels accorde un crédit à un restaurant qui présente des fonds propres négatifs trop importants et qui ne souhaite pas ou n'est pas capable de renflouer sa société.

Pour Pierre Hermant, au sortir de la crise, les sociétés devront recourir à différentes mesures pour tenter de sortir de l'ornière. Il sera indispensable que l'entrepreneur injecte des fonds, en propre ou via un réseau de soutien. Il pourra également recourir au prêt Proxy, un système qui prévoit un taux faible pour l'emprunteur, la déduction fiscale pour les prêteurs et une couverture des prêts à hauteur de 30% par la Région. Il pourra ensuite solliciter un crédit auprès de finance&invest.brussels et pourra toujours compter sur les aides de la Région.

Ceux qui pourront être aidés devront l'être sur base de critères objectifs, comme par exemple le nombre de travailleurs du restaurant et la perte du chiffre d'affaires. Il faut croire que Pierre Hermant a été entendu.

Mise en place d'une prime variable

En effet, ce jeudi, le gouvernement bruxellois a annoncé un nouveau train d'aides d'un montant de 74 millions d'euros pour les secteurs les plus touchés par la crise, à savoir les restaurants, les cafés et leurs fournisseurs, les hébergements touristiques et les entreprises actives dans l'événementiel, la culture, le tourisme et les discothèques. Pour la première fois, ce nouveau système prendra la forme d'une prime variable dont le montant sera déterminé en fonction du nombre d'équivalents temps plein de l'entreprise concernée et de la baisse du chiffre d'affaires enregistrée entre les trois derniers trimestres de l'année 2019 et la même période en 2020.

Pour les établissements de l'horeca, ces aides pourraient s'élever de 5.000 à 36.000 euros et la partie de l'enveloppe disponible pour le seul horeca s'élève à 34,7 millions d'euros, nous a précisé Barbara Trachte. A priori, cette enveloppe devrait permettre de combler toutes les demandes et, pour le surplus, la Secrétaire d'Etat se dit disposée à rencontrer le patron de Rouge Tomate. À bon entendeur!

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