Bruxelles inventorie son patrimoine mobilier

Ces ensembles de meubles ont été conçus par Victor Horta spécifiquement pour l'Exposition internationale des Arts décoratifs modernes qui se tint à Turin en 1902. ©Philippe de Formanoir / Fondation Roi Baudouin

La Région bruxelloise vient de mettre en ligne son inventaire du patrimoine mobilier. Plus de 6.000 objets issus de 45 collections différentes, publiques et privées, sont d'ores et déjà visibles sur le site collections.heritage.brussels.

Quel est le point commun entre le téléphone en bois et en métal de l'hôtel Solvay construit par Victor Horta, la peinture monumentale "Magic City" de Jean-Michel Folon dans la station de métro Montgomery et une cruche en terre cuite rouge du XIVe siècle retrouvée dans les vestiges du Palais de Coudenberg? Ces pièces figurent parmi les 6.778 premiers objets repris dans l'inventaire du patrimoine mobilier bruxellois. Entamé à la suite du transfert de la compétence "patrimoine culturel" dans le cadre de la sixième réforme de l'État, ce recensement mené par la Région permet de mettre en lumière toute la diversité et la richesse de son patrimoine mobilier, des œuvres d'art classiques (peinture, sculpture, gravure, dessins...) aux objets industriels, en passant par les objets d'antiquité, les collections scientifiques, les instruments de musique ou encore le mobilier et les vêtements anciens.

"Certaines administrations communales sont aussi extrêmement riches. L'inventaire va leur permettre d'améliorer la connaissance de leur collection et leur donner de la visibilité."
Pascale Ingelaere
Responsable du département Patrimoine mobilier chez urban.brussels

Des objets conservés tant par des institutions publiques que privées. "Parmi les grands propriétaires, il y a bien entendu les musées. Les fabriques d'église sont également de gros gestionnaires de patrimoine mobilier, surtout religieux. Celui-ci avait déjà été inventorié dans les années 70 par l'IRPA (Institut royal du patrimoine artistique, NDLR) avec lequel nous avons noué un partenariat en 2015. Mandaté par la Région, l'IRPA a donc envoyé des équipes dans les églises pour actualiser l'inventaire et reprendre des photos en couleurs", explique Pascale Ingelaere, responsable du département Patrimoine mobilier chez urban.brussels. "Certaines administrations communales sont aussi extrêmement riches. L'inventaire va leur permettre d'améliorer la connaissance de leur collection et leur donner de la visibilité."

C'est en effet dans ce contexte qu'une équipe de l'IRPA a pu découvrir la présence d'une œuvre de Jacques Jordaens dans l'hôtel de ville de Saint-Gilles. "Ce tableau de 'La Sainte Famille', que l'on prenait pour une copie, provient de la collection personnelle de Léopold Speekaert léguée à la commune de Saint-Gilles. À l'occasion de l'inventaire, des analyses scientifiques ont permis de l'authentifier et de le dater. C'était vraiment un super cadeau. Cela n'arrivera pas tous les jours, mais je suis certaine qu'on va pouvoir remettre en évidence d'autres choses", se réjouit Pascale Ingelaere.

Identifier les trésors

Prévue par l'ordonnance, une commission du patrimoine culturel aura, à terme, la mission d'identifier les objets exceptionnels qui seront alors considérés comme les trésors bruxellois. "Nous avons déjà sélectionné avec l'IRPA des trésors potentiels tels qu'un morceau d'armure du Palais du Coudenberg, le christ roman de l'église Saint-Denis à Forest qui est somptueux, une peinture de Jean Delville au musée d'Ixelles ou encore le plus vieux tram du monde conservé dans son état d'origine", énumère notre interlocutrice qui confie avoir une tendresse personnelle pour une paire d’escarpins des années 30 du musée Mode & Dentelle.

Le site web de l'inventaire est une vitrine qui fait aussi office d'outil de gestion pour certains partenaires culturels qui encodent directement leur collection dans l'interface.

L'objectif d'urban sera de traiter le patrimoine comme un ensemble global. "Un bon exemple est celui de l'Ommegang dont les costumes vont bientôt apparaître à l'inventaire du patrimoine mobilier. Il y aura un lien vers cette tradition reprise dans l'inventaire du patrimoine immatériel. Et aussi vers l'inventaire du patrimoine immobilier puisque la manifestation se déroule principalement sur la Grand-Place."

Le site web de l'inventaire est une vitrine qui fait aussi office d'outil de gestion pour certains partenaires culturels qui encodent directement leur collection dans l'interface. À ce jour, 30.480 objets sont en cours de traitement. "C'est une vraie mine d'or", souligne le secrétaire d'État bruxellois à l'Urbanisme, Pascal Smet (one.brussels), qui a subsidié la création de cette plateforme ainsi que les tâches d'inventaire.

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