analyse

Bruxelles n'attend pas le baromètre à code couleur pour fermer bars et cafés

Dès aujourd'hui, la consommation d'alcool est également interdite dans l'espace public sur tout le territoire de la Région bruxelloise. ©BELGA

Bruxelles ferme bars, cafés et salles des fêtes pour une durée d'au moins un mois afin d'enrayer la progression des contaminations. De nouvelles aides ciblées pour ce secteur sont annoncées.

La réunion de la cellule de crise bruxelloise a duré plus longtemps que prévu ce mercredi matin mais ce n'était pas dû à d'éventuels désaccords. Au contraire, les mesures proposées par le niveau régional ont rapidement fait consensus auprès des 19 bourgmestres. "Sans doute parce que la situation fait peur à tout le monde", supposait l'un d'entre eux à sa sortie de l'hôtel de ville bruxellois. Comme venait de le rappeler le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem, la capitale belge occupe aujourd'hui la deuxième place du podium des capitales européennes, entre Madrid et Paris, en termes de contaminations, avec 540 nouveaux cas diagnostiqués par jour.

D'autres chiffres présentés aux 19 maïeurs n'étaient pas de nature à les rassurer. Ainsi, sur les 30.000 tests réalisés durant la dernière semaine, 14% étaient positifs. Ce qui signifie donc qu'une personne sur sept testées est actuellement positive en Région bruxelloise. "Dans certains quartiers, l’épidémie est hors contrôle et dans une phase exponentielle", ont déclaré les autorités régionales qui précisent qu'une hausse des contaminations est désormais constatée dans les tranches d'âge supérieures. Autre argument avancé pour décider de nouvelles restrictions: si le projet de baromètre au niveau fédéral, qui prévoit des couleurs en fonction de la gravité de l’épidémie, était déjà opérationnel, Bruxelles se retrouverait de toute façon dans le rouge...

Préserver les hôpitaux

Selon les seuils fixés par le Fédéral en juin dernier, la situation dans les hôpitaux bruxellois est également préoccupante puisqu'ils ont tous dépassé les 15% d’occupation des lits USI (unités de soins intensifs). Deux hôpitaux ont même déjà atteint le seuil de 25% d'occupation de leurs soins intensifs, ce qui nécessite en principe des transferts vers d'autres établissements afin de ne pas compromettre les soins à apporter à d'autres pathologies.

"La population peut avoir le sentiment que la situation est moins grave qu'en mars car on teste plus et qu'il y a moins de décès pour l'instant mais si l'on ne fait rien, cela risque de s'emballer. L'enjeu aujourd'hui est de conserver cet équilibre."
Rudi Vervoort (PS)
Ministre-président bruxellois.

Pour le ministre-président bruxellois, les nouvelles mesures doivent donc permettre de préserver le fonctionnement normal des hôpitaux. "Si la situation continue à empirer, on va se retrouver dans un moment de basculement où l'ensemble du système de soins sera déséquilibré. La période vécue entre mars et juin a déjà débouché sur une série de reports d'opérations et de prises en charge. La population peut avoir le sentiment que la situation est moins grave qu'en mars car on teste plus et qu'il y a moins de décès pour l'instant mais si l'on ne fait rien, cela risque de s'emballer. L'enjeu aujourd'hui est de conserver cet équilibre", a expliqué Rudi Vervoort (PS).

Alcool interdit dans l'espace public

Voilà, c'est dans ce contexte que la cellule de crise a convenu de la fermeture des bars et cafés pour une durée d'un mois à partir de ce jeudi 8 octobre. L'alcool n'étant pas un critère, les salons de thé sont également concernés par l'interdiction. Les clubs sportifs professionnels et amateurs devront fermer leurs buvettes, tout comme les centres culturels. En intérieur, les clubs sportifs amateurs devront se passer de spectateurs. Les salles des fêtes ont l'obligation de fermer leurs portes. Enfin, la consommation d'alcool dans l'espace public est interdite sur tout le territoire de la Région bruxelloise. En parallèle, la Région continue à investir dans la capacité de testing et de tracing. Le nombre d'agents chargés de réaliser le suivi de contacts doublera dès la semaine prochaine.

"J'ai d'ores et déjà demandé à mon administration de travailler en urgence sur des nouvelles aides ciblées pour un secteur qui souffre déjà beaucoup."
Barbara Trachte (Écolo)
Secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique.

Alors que le secteur des bars et des cafés accuse le coup, le gouvernement bruxellois –qui doit se mettre en quarantaine préventive en raison du test positif du ministre du Budget Sven Gatz– a déjà annoncé de nouvelles mesures de soutien. "Nous ne laisserons pas tomber l'Horeca! La décision de fermer les bars et les cafés bruxellois est extrêmement difficile mais nécessaire pour endiguer la propagation du virus. J'ai d'ores et déjà demandé à mon administration de travailler en urgence sur des nouvelles aides ciblées pour un secteur qui souffre déjà beaucoup", a annoncé Barbara Trachte (Écolo). La secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique a également souligné qu'il est impératif que chaque citoyen respecte les règles sanitaires, par respect vis-à-vis des personnes fragiles mais aussi des secteurs économiques qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise.

Après avoir découvert la nouvelle règle des 4 instaurée par le Fédéral mardi soir, les Bruxellois doivent donc digérer les mesures spécifiques prises pour leur région ce mercredi matin. Et ce n'est pas fini puisqu'une réunion doit avoir lieu avec les représentants de l'enseignement supérieur ce jeudi afin de décider de mesures complémentaires.

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