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Bruxelles n'est pas attractive pour les exilés de la City de Londres

©Photo News

Deloitte épingle les faiblesses de la capitale belge dans un scénario post-Brexit. Face à Amsterdam, Dublin ou Francfort, les coûts salariaux et la pression fiscale jouent contre Bruxelles par exemple. En revanche, il reste pas mal d’espaces de bureaux disponibles à un prix abordable.

Le Brexit entraînera – c’est désormais une certitude – la délocalisation vers l’Europe d’activités financières basées jusqu’ici à Londres, dans la City. Sur le continent, on se bouscule pour attirer ces activités à haute valeur ajoutée. Comment Bruxelles se positionne-t-elle dans cette compétition face à des villes comme Paris, Amsterdam, Francfort, Zurich ou Dublin?

"Bruxelles se situe en milieu de peloton."
Frédéric Sohet
associé Deloitte real estate

Afin de profiler sa stratégie, le gouvernement bruxellois a récemment organisé une table ronde durant laquelle les experts en localisation de Deloitte ont pu présenter certains points d’attention dont nous avons pu prendre connaissance. La conclusion, c’est que pour Bruxelles, la bataille est loin d’être gagnée. Il ne suffit pas d’héberger les institutions européennes pour espérer remporter la mise. D’autres critères entrent également en ligne de compte, que nous passons ici en revue.

- Présence de personnel qualifié. De ce point de vue, Bruxelles n’a pas autant à offrir que Paris ou Londres qui sont les deux plus gros "hubs" financiers en Europe (voir infographie), avec 300.000 personnes actives dans le secteur. À Bruxelles, on dénombre pas loin de 100.000 personnes qui travaillent dans la finance au sens large. Ce qui reste néanmoins appréciable pour une ville d’1 million d’habitants seulement.

- Coût de la main-d’œuvre. Bruxelles se situe en milieu de peloton. Un analyste financier y coûte en moyenne 120.000 euros bruts par an, soit 20% moins cher qu’à Paris, mais 33% plus cher qu’à Amsterdam. Bruxelles se signale aussi par une différence élevée entre salaire brut et net en raison de charges patronales importantes.

©MEDIAFIN

- Espaces de bureaux disponibles. Avec un taux de vacance de 10% ou 1,2 million de m², Bruxelles ne manque pas d’espaces de bureaux disponibles. Néanmoins, ce chiffre intègre la vacance en périphérie tandis que le taux de vacance en CBD (Central Business District, en ce compris le quartier européen) est tombé à 5%. Il pourrait donc manquer de bureaux de qualité dans le centre-ville. L’autre problème, précise Deloitte, est que ces espaces sont fort éparpillés sur le territoire bruxellois.

- Prix des loyers. C’est sans doute l’atout majeur de Bruxelles: les espaces de bureaux se louent à des prix très abordables. Avec un prix moyen nettement inférieur à 20 euros/m²/mois, Bruxelles est l’endroit le meilleur marché du classement.

- Conclusion. Pour Frédéric Sohet, associé chez Deloitte Real Estate et auteur de la présentation, "Bruxelles se situe en milieu de peloton, souffrant principalement des lourdes charges salariales et d’une moindre présence de main-d’œuvre spécialisée dans les métiers de la finance". Il estime également que Bruxelles doit faire un effort supplémentaire au niveau du cadre réglementaire proposé aux entreprises du secteur financier. "Les règles fiscales et comptables pourraient être plus compétitives et plus flexibles", selon lui.

Pour Frédéric Sohet, si on tient compte de l’ensemble des paramètres, les deux principaux concurrents de Bruxelles pour la relocalisation d’activités financières en provenance de Londres sont Amsterdam et Dublin.

Mais Bruxelles peut, selon lui, relever le défi en exploitant au mieux certains atouts de niche. Frédéric Sohet en a identifié cinq: présence de start-ups prometteuses dans le domaine des sciences de la vie et des nouvelles technologies, présence d’une population expatriée jeune et multiculturelle, qualité de vie à un prix abordable, loyers abordables et connexions multimodales aisées avec Paris, Londres, Amsterdam et Francfort. "N’oublions pas également que Bruxelles héberge déjà des centres d’excellence de services financiers comme Euroclear ou Mastercard."

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