Bruxelles prête à commercialiser ses 1.000 km de fibre optique

Le dernier cadastre a permis de cartographier 964 km de câbles à fibres optiques, 1.030 km de gaines et d’autres infrastructures (pipes de gaz, tunnels, égouts et tranchées) en Région bruxelloise. ©BELGAIMAGE

Trois entités vont être créées pour commercialiser le réseau de fibre optique bruxellois. Les différents acteurs se sont entendus sur une mutualisation profitable.

En janvier dernier, les Bruxellois découvraient qu’ils avaient sous leurs pieds un trésor inexploité. Des centaines de kilomètres d’un réseau de fibre optique, le nec plus ultra de la connexion internet terrestre, possédé par la Région et ses administrations, mais aussi par la Stib, Vivaqua, Sibelga ou le Port de Bruxelles.

En charge des dossiers numériques à la région, Bernard Clerfayt (Défi) a lancé l’idée d’une mutualisation de ce réseau qui, disait-on à l’époque, était complètement sous-exploité.

Six mois plus tard, un cadastre a été réalisé – le dernier datait de 2014 – et il confirme que le réseau s’est encore étendu. Au total, 964 km de câbles à fibres, 1.030 km de gaines et d’autres infrastructures (pipes de gaz, tunnels, égouts et tranchées) ont pu être cartographiés. Irisnet, Sibelga et Bruxelles-Mobilité composent le podium des plus importants pourvoyeurs de fibre en région bruxelloise.

Le cadastre du réseau réalisé en 2014.

189 millions d'euros pour compléter le réseau

Le réseau actuel ne couvre pas encore toute la surface du territoire de la Région. Altman Solon, mandaté pour l’occasion par le gouvernement bruxellois estime qu’il faudrait 1.575 km de réseau au total pour un investissement de 189 millions d’euros. "Mais la Région ne dépensera pas un euro", prévient Bernard Clerfayt. L’extension du réseau se fera notamment aux frais des opérateurs télécoms intéressés de pouvoir utiliser une infrastructure existante qui assure un déploiement rapide.

1,8 millions
d’euros
Le réseau existant pourrait rapporter 1,8 million d’euros par an s’il était commercialisé en l'état.

Dans le même temps, la Région compte bien tirer un bénéfice de l’exploitation de son réseau. Les analyses réalisées par Ernst&Young, ont confirmé la viabilité économique d’un modèle permettant la commercialisation de l’infrastructure partagée de la Région. Le réseau en lui-même est valorisé dans le meilleur des cas à 58 millions d’euros, mais la région n’est pas vendeuse. Elle compte bien aller au bout de son idée: exploiter son propre réseau de fibre optique.

Il faut dire qu’il y a de la marge dans le sous-sol bruxellois. 75% de la capacité du réseau n’est pas exploitée pour le moment et ne demande qu’à être commercialisée. Le réseau existant pourrait rapporter 1,8 million d’euros par an s’il était commercialisé en l'état. Un montant à partager entre les différents membres du réseau. "Les recettes ne seront pas gigantesques. Le but n’est pas de faire de l’argent. L’intérêt, c’est de créer un réseau public qui stimule la concurrence", précise Bernard Clerfayt.

3 entités pour gérer le réseau bruxellois

Pour exploiter ce réseau, il faut le rendre disponible. Pour cela, la Région va mettre sur pied trois entités inspirées du modèle créé par la ville de Stockholm.

"On pourrait assister à une baisse des prix des connexions à la fibre par la mise en place d’une concurrence saine entre les opérateurs."
Bernard Clerfayt
Ministre bruxellois de la Transition numérique

L’InfraCo va rassembler le réseau, le mutualiser et gérer les contrats pour permettre d’exploiter les 1.000 km de réseau. L’OpCo gèrera les opérations sur le terrain. La FiberCo sera l’entité mère qui gèrera, déploiera et commercialisera le réseau de fibre optique jusqu’au domicile des Bruxellois. Ces derniers pourraient peut-être voir le prix de leur facture baisser selon le ministre.

"On pourrait assister à une baisse des prix des connexions à la fibre par la mise en place d’une concurrence saine entre les opérateurs." Orange et Telenet ont déjà exprimé très clairement leur intention de rejoindre l’initiative régionale. Ce sera aussi le cas d’investisseurs privés et publics qui investiront dans l’entité FiberCo lors de son lancement. Il nous revient que le groupe néerlandais Eurofiber serait très intéressé par le réseau bruxellois.

Reste à savoir quand les trois entités seront sur pied et le réseau effectivement mutualisé. Mais là, c’est encore flou, le ministre refusant de "s’enfermer dans un agenda".

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