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Bruxelles refuse le changement

Journaliste

La Région de Bruxelles-Capitale empêche Uber de fonctionner sur son territoire en se basant sur un texte de 1995.

Interdire une entreprise sur son territoire sous prétexte que ses employés utilisent un smartphone. Mais dans quel siècle vit le gouvernement Vervoort? Peut-être celui dans lequel a été rédigé le texte qui régit le secteur du transport de personnes rémunéré à Bruxelles. Car en interdisant les activités d’Uber sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale sur base d'un paragraphe d’un texte de loi de 1995 qui interdit l’usage d’un "appareil émetteur ou récepteur de radiocommunication", Bruxelles a une nouvelle fois fait fort.

Uber n’est pas le bienvenu à Bruxelles. L’entreprise américaine ne l’a jamais été depuis son arrivée il y a sept ans sur les routes de la capitale. Il y a toujours eu un débat justifié sur sa présence, sur son irrespect des lois sociales et sur sa concurrence jugée déloyale par les taxis. Et c’est une très bonne chose. Mais en décidant ce lundi d’appliquer à la lettre l’ordonnance et les arrêtés ministériels qui sont censés encadrer le secteur, le gouvernement bruxellois, son ministre-président Vervoort en tête, démontre une incapacité à faire entrer Bruxelles dans le XXIe siècle.

Si la Région bruxelloise veut interdire Uber sur son territoire, qu’elle le fasse pour des raisons valables.

Après le dossier 5G qui est empêtré dans une "commission délibérative citoyenne", Bruxelles donne encore une piètre image de sa fibre technologique et de son envie de devenir une smart city. Pire, elle n’est pas loin de devenir aux yeux du monde une ville technophobe. Quel message envoie Bruxelles aux entreprises et entrepreneurs qui pensent s’y installer?

Si la Région bruxelloise veut interdire Uber sur son territoire, qu’elle le fasse pour des raisons valables. Pas pour plaire au secteur des taxis et son électorat, pas pour refuser bêtement toute avancée technologique, pas pour préférer le statu quo à la nouveauté qui inquiète sans remettre en question ses certitudes.

Les textes de loi qui régissent le secteur des taxis et limousines sont obsolètes, il faut les adapter. Pascal Smet a tenté en son temps à trois reprises de le faire, en vain, bloqué par un PS idéologue sur la question. Le secteur a besoin de règles communes et elles sont connues, comme l’a encore confirmé un rapport de Deloitte commandé par la Région il y a quelques mois.

Nier ou interdire l’existence d’une société qui remet en cause les certitudes d’un secteur, peu importe ce que l’on pense de cette entreprise, c’est nier que le monde évolue. Bruxelles ne peut pas se permettre cela. Il en va de son image et de son futur.

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