Bruxelles s'oppose toujours à l'élargissement du Ring Nord

La Région de Bruxelles-Capitale a remis un avis sur la deuxième version de la note de cadrage de la Flandre relative au réaménagement du Ring Nord. ©Kristof Vadino

Dans un avis rendu à la Flandre ce jeudi, le gouvernement bruxellois demande à nouveau qu'une alternative avec maintien de la capacité actuelle du Ring soit évaluée.

Lorsqu'il avait rendu son avis relatif aux conclusions de l'étude d'incidences du projet d'élargissement du Ring Nord en 2012, le gouvernement bruxellois avait fait part de sa volonté d'occuper une place plus importante dans la concertation. Dix ans plus tard, le projet flamand a certes évolué, mais la Région-Capitale regrette toujours l'absence d'un véritable processus de coconstruction, au moins pour les tronçons du Ring les plus sensibles, tel celui à hauteur du Bois du Laerbeek ou encore pour ses accès directs à l'autoroute.

Bruxelles devait se prononcer avant le 23 juillet sur la deuxième version de la note de cadrage relative au réaménagement du Ring Nord de la Flandre. Dans son avis adopté ce jeudi, l'équipe de Rudi Vervoort (PS) rappelle en préambule qu'elle ne s'oppose pas, par principe, à la refonte de cette infrastructure autoroutière qu'elle juge vieillissante et accidentogène, sans cohérence d'ensemble.

Inévitable hausse du trafic

Les Bruxellois émettent cependant toujours de solides réserves, notamment sur le cadrage général de l'étude de la Werkvenootschap qui se base sur deux scénarios de développement du trafic: un scénario tendanciel (business as usual - BAU) et un scénario intégrant les objectifs de report modal (ambitious modal split - AMS). Le second scénario n'a pas été appliqué à toutes les options de réaménagement étudiées, notamment à celles de plus petit gabarit. Or, la Région bruxelloise juge "essentiel" que l'AMS soit un scénario de base puisqu'il intègre les objectifs des deux régions en matière de trafic automobile.

"Les plans, dans leur forme actuelle, considèrent pour acquis l'augmentation du trafic, voire risquent même de susciter celle-ci. Une telle hausse est pourtant incompatible avec les objectifs climatiques."

La Région bruxelloise regrette également que les trois concepts d'aménagement conservés pour cette seconde phase de l'étude prévoient tous une hausse du nombre de bandes de circulation. L'appellation de l'option dite Light est, à ce titre, jugée insidieuse, puisqu'elle implique le passage à 2 x 4 bandes de circulation, soit une hausse conséquente de l'infrastructure routière. "De même acabit, l'appellation 'variante avec bande de circulation en moins' nous paraît tout aussi problématique, car elle correspond en fait aux dimensions actuelles d'une majorité des tronçons du Ring", lit-on encore dans l'avis du gouvernement remis par la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

L'évaluation d'une alternative avec maintien de la capacité actuelle du Ring est donc explicitement réclamée par la capitale. "Les plans, dans leur forme actuelle, considèrent pour acquis l'augmentation du trafic, voire risquent même de susciter celle-ci. Une telle hausse est pourtant incompatible avec les objectifs climatiques."

L'option Light favorite

Trois variantes étaient sur la table. L'option Light fluidifie le Ring en supprimant des complexes d'entrée/sortie trop proches les uns des autres; l'option Parallèle prévoit une séparation de l'infrastructure routière pour le trafic de transit et le trafic local. Déjà enterrée, l'option Latérale consistait à créer une structure routière locale asymétrique à la structure de transit et accessible aux piétons, cyclistes et autobus.

L'exécutif bruxellois, satisfait que l'alternative Latérale soit écartée, estime qu'un signal similaire de la Région flamande concernant l'option Parallèle serait positivement accueilli comme le début d'une véritable coconstruction. Malgré d'importantes réserves concernant l'abandon d'une variante avec bande de circulation en moins et le réagencement des accès au Ring, le gouvernement régional juge, en effet, que le concept Light pourrait constituer un cadre de négociation envisageable pour le lancement d'études conjointes.

Le résumé

  • La Région bruxelloise devait se prononcer avant le 23 juillet sur la deuxième version de la note de cadrage relative au réaménagement du Ring Nord de la Flandre.
  • Le gouvernement de Rudi Vervoort (PS) ne s'oppose pas à un réaménagement de cette infrastructure jugée vieillissante et accidentogène.
  • En revanche, Bruxelles regrette que toutes les options prévoient une hausse du nombre de bandes de circulation.
  • C'est le scénario Light, aux dimensions les plus modestes, qui pourrait constituer un cadre de négociation envisageable pour le lancement d’études conjointes.

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