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Bruxelles va commercialiser son réseau de fibre optique

La fibre optique est une fibre de verre qui transmet des données sous forme de lumière sur de grandes distances. ©BELGAIMAGE

Bruxelles possède un réseau de fibre optique de plusieurs centaines de kilomètres. Sous-exploité, il va être mutualisé et commercialisé aux opérateurs télécom.

Les Bruxellois marchent chaque jour sur les trottoirs pavés de la Capitale sans se rendre compte qu’à quelques mètres sous leurs pieds se cache un trésor d’une valeur mésestimée. De l’or caché dans les égouts? Un gisement? Non, un réseau tentaculaire de fibre optique.

La fibre optique, c’est ce qui se fait de mieux pour la transmission de données. Il s’agit d’une fine fibre de verre qui transmet les données sous forme de lumière sur de grandes distances. Elle a l’avantage d’offrir une connexion internet plus stable et plus rapide qu’avec les anciennes lignes de téléphone en cuivre. Elle peut transporter des données sur de très longues distances sans perte de débit et n’est pas sensible aux ondes électromagnétiques. C’est le nec plus ultra de la télécommunication par câble. La fibre est au terrestre ce que la 5G sera pour le mobile: un standard.

"Nous sommes l’une des seules villes au monde à disposer de notre propre réseau de fibre optique."
Bernard Clerfayt
Ministre bruxellois chargé de la Transition numérique

La technologie n’est pourtant pas nouvelle, loin de là. Il y a trente ans, la Région de Bruxelles-Capitale misait dessus et décidait d’équiper son territoire d’un réseau de fibre optique pour ses administrations. Trois décennies plus tard, ce choix pourrait s’avérer payant dans tous les sens du terme.

Unique en Europe

Jetons d’abord un coup d’œil à ce fameux réseau. Celui de la Région fait plus de 400 km de long et est baptisé Irisnet, du même nom que l’entité qui en a la responsabilité. Peu le savent, mais ce réseau est utilisé par l’ensemble des administrations publiques régionales et locales, qui sont reliées entre elles et au reste du monde via la fibre.

Au niveau régional, wifi.brussels l'exploite pour offrir ses 221 points de connexion gratuits dans la capitale, certaines zones de police y recourent pour contrôler leurs caméras de surveillances, et Bruxelles-mobilité l’utilise pour gérer les tunnels, la toute récente zone de basses émissions et pour le futur projet Smartmove. 180 écoles secondaires bruxelloises sont aussi connectées à ce réseau dans le cadre du projet "fiber to the school".

Les différents réseaux de fibre optique sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, selon le dernier cadastre datant de 2014.

400 km de réseau, c’est déjà conséquent et inhabituel pour un réseau public. Mais ce réseau est bien plus large. Plusieurs acteurs économiques du territoire régional possèdent leur propre réseau. Selon le dernier cadastre effectué en 2014 (voir carte), Sibelga a un réseau de plus de 100 km, Vivaqua en possède 46 km, la Stib plus de 40 km et même le port de Bruxelles possède quelques kilomètres de fibre pour ses communications.

Au total, lors du dernier relevé en 2014, le réseau public bruxellois était long de plus de 800 km. Six ans plus tard, il doit être encore bien plus étendu. Une situation unique pour une capitale européenne.

Bernard Clerfayt veut mutualiser les différents réseaux de fibre optique présents sur le territoire bruxellois. ©Kristof Vadino

"Aujourd’hui, la Région est le plus grand opérateur de fibre optique sur son territoire», se plaît d’ailleurs à dire Bernard Clerfayt, ministre bruxellois de la Transition numérique et de la Simplification administrative. "Nous sommes l’une des seules villes au monde à disposer de notre propre réseau de fibre optique. C’est une opportunité unique pour le développement numérique de la Région". Une opportunité qu’il faut convertir car jusqu’ici, chacun gère son réseau dans son coin, sans véritable concertation. Bref, le réseau n'est pas exploité au maximum de ses possibilités.

80% de capacité du réseau à commercialiser

Sous l’impulsion du ministre, un cadastre de l’ensemble du réseau disponible est en cours de réalisation et les différents propriétaires de réseaux se sont mis d’accord sur une mise en commun de leurs infrastructures, pour créer un seul grand réseau bruxellois. Une mutualisation qui a un objectif bien précis : commercialiser le surplus de capacité. Car ce réseau est utilisé certes, mais "à 15, peut-être 20% de sa capacité maximale" selon le ministre. La Région a donc décidé de commercialiser le surplus de son réseau aux opérateurs télécom du pays et elle pourrait y faire au passage une belle opération financière. "Cette commercialisation se fera dans le cadre du marché public Irisnet 3", précise Bernard Clerfayt. Il faudra encore définir une clé de répartition des revenus, pour que chaque acteur s’y retrouve en fonction de ce qu’il apporte au réseau.

Le réseau public devrait encore s’étendre à l’avenir à la faveur des nombreux chantiers de la capitale.

L’intérêt ne devrait pas manquer pour venir louer un réseau déjà installé, sur lequel il n’y a plus qu’à se brancher. En décembre dernier, Proximus avait annoncé en grande pompe son intention de connecter l’ensemble de la région à la fibre optique pour 2026. Le plus grand opérateur du pays pourrait voir dans le projet gouvernemental un coup de pouce à son ambition. Orange, partenaire historique de la Région, ne devrait pas rester insensible non plus à cette opportunité.

Organiser la gestion du réseau

Le réseau public devrait encore s’étendre à l’avenir à la faveur des nombreux chantiers de la capitale. L’objectif du ministre Clerfayt est d’instaurer une meilleure coopération et coordination entre les différents acteurs et ainsi profiter des chantiers prévus pour y installer la fibre et sa gaine spécifique ou augmenter la capacité de la fibre déjà installée.

L’autre atout de la Région avec ce réseau, c’est une souveraineté numérique inattendue. Rares sont les territoires pouvant aujourd’hui se targuer d’être propriétaires de leur réseau de communication. C’est aussi un coût que la Région ne doit pas supporter auprès d’un opérateur privé. Au contraire, elle va bientôt pouvoir compter sur un revenu bienvenu, grâce à une décision prise il y a trente ans.

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