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Ceci n'est pas (encore) un plan de relance

Le gouvernement bruxellois débloque 120 millions d'euros pour la relance urgente.

À Bruxelles, il était déjà rare avant la crise sanitaire qu'un projet soit annoncé en grande pompe par le gouvernement. Invitée ce mardi par l'exécutif Vervoort réuni au grand complet à prendre connaissance du plan de relance et de redéploiement (terme privilégié par les écologistes), la presse pouvait donc s'attendre à du lourd. Le ministre-président présente les "enjeux centraux" dudit plan, et puis les "objectifs transversaux". Comme dans la déclaration de politique générale, le plan porte l'ambition forte d'une "stratégie de résilience urbaine et de transition économique". Mais au-delà de ces formules absconses, on ne saura presque rien des mesures concrètes qui doivent encore être soumises aux partenaires sociaux d'ici la rentrée. En revanche, des mesures d'urgence pour un total de 120 millions d'euros sont prévues.

Aucune distinction n'est faite entre les mesures structurantes et les mesurettes qui s'enchaînent sans cohérence.

Avant de nous les exposer, le ministre du Budget intervient avec une nouvelle qu'il qualifie lui-même de "déprimante": tout comme les 460 millions d'euros déjà libérés durant la crise, cet argent-là viendra s'ajouter à la dette régionale. Et ce sans compter la baisse des recettes fiscales! Bref, l'impact budgétaire sera important. Ceci étant dit, chaque ministre se lance dans l'énumération des mesures comprises dans son champ de compétences. Avec de curieuses transitions: on passe de la remise à l'emploi à la majoration d'allocations familiales pour les ménages les plus démunis; de la relance par la construction durable au rachat du marais du Wiels. On nous parle de mesures de lutte contre les violences faites aux femmes, de nouvelles places d'accueil pour les personnes handicapées de grande dépendance, mais aussi de rues cyclables. Aucune distinction n'est faite entre les mesures structurantes et les mesurettes qui s'enchaînent sans cohérence.

Un plan de relance doit pourtant permettre de restaurer la confiance. Il s'agira par exemple de convaincre un ménage qui hésite à rénover son logement que c'est le bon moment: les primes énergie sont garanties! Ou d'inciter un entrepreneur à développer son activité en engageant un chercheur d'emploi bruxellois bénéficiaire du futur statut Activa-19. Ces mesures existent mais se retrouvent noyées dans un fouillis regrettable.

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