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"Charles a des nuits courtes avec son bébé, c'est probablement ça qui le rend irritable"

©BELGA

Echanges de tirs en comité de concertation, la discorde n'en finit plus.

Il faudra penser à faire breveter les séances du comité de concertation tant, depuis un an, elles donnent lieu à des échanges de piques politiques uniques en leur genre…

"Tu sais, un kilomètre de tunnel, ça coûte 150 millions d’euros, donc avec tes 50 millions, on fait 300 mètres."
Pascal Smet
ministre bruxellois de la Mobilité

Tenez, la session de mercredi n’a pas fait exception à la règle: les excellences ministérielles ont fait assaut d’amabilités.

Et le maître de cérémonie, le Premier ministre Charles Michel en personne, a mis les mains dans le cambouis. Jamais avare d’une vacherie, le Premier est monté en gamme dès le tour de chauffe, agacé par… un autre libéral: Guy Vanhengel.

Premier sujet de discorde: la DLU, sur laquelle le Fédéral a besoin de l’avis des Régions pour avancer. Et alors qu’habituellement les passes d’armes ont lieu entre Fédéral et Wallons, c’est entre Fédéral et Région bruxelloise que le ton est monté. Ainsi, le ministre bruxellois du Budget, le libéral Guy Vanhengel, était-il très remonté au sujet du modus operandi de cette DLU dont il estime que les modalités ont été mal négociées…

"On n’a pas tous les PV, ça ne va pas comme manière de fonctionner", a-t-il râlé. Et de monter le volume: "Pour Bruxelles, ce n’est pas correct."

Agacé, Michel finit par répliquer: "Guy, on va plutôt te servir une bonne petite tasse de thé plutôt que du café"…

"Guy, on va plutôt te servir une bonne petite tasse de thé plutôt que du café"

Le ton est donné, Vanhengel, change de place, va s’asseoir à côté de ses collègues du gouvernement bruxellois. Remous intralibéraux, Alexander De Croo ne bronche pas.

Dans la chapelle libérale flamande, Vanhengel est peu enclin à obéir aux injonctions de De Croo. "Vanhengel est devenu plus socialiste que le PS, il bombarderait tout le monde de taxes", peste un libéral.

Mais passons.

Voilà la secrétaire d’Etat Cécile Jodogne qui veut placer un mot.

"Cécile qui?", s’amuse un socialiste. "Elle a vu de la lumière et elle est entrée s’asseoir".

Cécile Jodogne. ©BELGA

Un autre: "C’est Dossogne ou Jodogne?" Bref, Cécile Jodogne veut intervenir sur un point de Charles Michel… "Non, ça, vous ne pouvez pas faire, il s’agit de l’autonomie constitutive bruxelloise", lui dit-elle. Michel du tac au tac: "Ah oui, comme pour les tunnels…"

Les tunnels bruxellois, parlons-en.

Cerise sur le gâteau, ils ont été abordés en point "varia" en fin de réunion. Inquiétude du Premier ministre par rapport à la situation. Le ministre-président bruxellois Vervoort refait le match et explique brièvement l’état des tunnels Léopold II et Stéphanie. Le ministre-président flamand Bourgeois veut savoir ce que Bruxelles fait des fonds déjà perçus pour la mobilité. Intervient Didier Reynders avec sa casquette Beliris, qui répète la disponibilité de cette tirelire pour libérer 50 millions d’euros par an. "Ça existe depuis 1989", dit-il.

"Elle a vu de la lumière et elle est entrée s’asseoir"

Là-dessus, le socialiste flamand Pascal Smet lui balance: "Tu sais, un kilomètre de tunnel, ça coûte 150 millions d’euros à construire, donc avec tes 50 millions, on construit 300 mètres"… Reynders ne se démonte pas: "C’est bien ce que je dis, 50 millions par an depuis 1989, on aurait déjà pu construire quelques kilomètres de tunnel…"

Allez, rideau – du moins à l’intérieur de la réunion.

Notez: la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant est restée muette.

Notez: "Charles a des nuits courtes avec son bébé, c’est probablement ça qui le rend irritable", lâche un socialiste.

Notez encore: "On en a ras-le-bol que les socialistes utilisent le comité de concertation comme un organe pour faire de l’opposition et abîmer le Premier ministre", siffle un MR.

Rudi Vervoort ©BELGA

La réunion terminée, le bal des amabilités s’est poursuivi.

Rudi Vervoort a dénoncé des réunions qui ne servaient à rien tandis que le président du MR Olivier Chastel s’est fendu d’un communiqué pour accuser ledit Vervoort et son gouvernement "d’inaction": "C’est catastrophique." Roulez jeunesse. Martin Buxant

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