Clerfayt plaide pour l'organisation d'un pôle de test 5G à Bruxelles

©Kristof Vadino

Une zone de test permettrait, selon le ministre bruxellois, de voir si le développement de la 5G contribue et de quelle manière à un niveau global d’ondes perçues plus élevé.

Le ministre bruxellois de l’Emploi et de la Transition numérique était en charge du mot de conclusion d’une après-midi de conférences organisée ce jeudi par Agoria: "5G, une réponse aux défis de demain". Face à la fédération de l’industrie technologique, Bernard Clerfayt (DéFI) s’est montré résolument favorable au déploiement de la 5G. "Aussi touchy que soit le sujet, la 5G reste un enjeu stratégique fondamental pour le développement technologique et économique d’une capitale internationale comme Bruxelles. Cela soulève des questionnements qu’il faut aborder de front dans un débat transparent et ouvert."

Comme pour le contrôle du bruit, il faut travailler sur le niveau global d’ondes perçues.
Bernard Clerfayt
Ministre de la transition numérique

Selon le ministre amarante, l’absence d’un accord concernant l’octroi de licences par le Fédéral ne peut pas servir d’excuses pour ne pas avancer au niveau régional. "Bien sûr qu’on ne peut pas déployer la 5G si le Fédéral n’octroie pas des licences. De la même manière que le Fédéral ne pourra pas les attribuer si on n’a pas établi les conditions du déploiement sur Bruxelles. On se tient par la barbichette. Si on attend que l’autre fasse quelque chose, il ne se passera rien. Avec le risque que Bruxelles soit dépassée par d’autres villes qui attireront plus de créateurs d’activités économiques. Véhicules et objets connectés, industrie intelligente, e-santé: tout cela se développerait alors moins vite à Bruxelles. On sait qu’Anvers rêve de damer le pion à Bruxelles. Ce serait une catastrophe symbolique, économique et technologique."

Vers un révision de la norme ?

Bernard Clerfayt identifie deux façons de dépasser les clivages dans ce dossier: la réalisation d’un test sur le territoire régional et une adaptation de la législation tenant compte du saut technologique. "J’ai le sentiment, même si je ne suis pas un technicien, qu’on doit penser la norme autrement. Jusqu’à présent nous avons fixé des normes d’émission pour chaque antenne en omettant que toutes sortes d’autres appareils émettent des ondes ionisantes. Comme pour le contrôle du bruit, il faut travailler sur le niveau global d’ondes perçues. Alors que les antennes 4G émettent des ondes de manière constante, la 5G émet de manière plus pointue. Un nouveau mode de contrôle pourrait rassurer la population car le développement de la 5G ne débouche pas dans tous les cas sur un renforcement de l’exposition aux ondes."

Et la volonté déjà exprimée par les opérateurs de réaliser un test permettrait justement de mesurer ces impacts, estime le ministre Clerfayt qui verrait bien la chose dans une zone économique ou universitaire. Il n’empêche qu’un rehaussement de la sévère norme bruxelloise de 6V/m s’avère indispensable. "S’il était absolument vrai que cette norme est la bonne, il faudrait alerter toutes les autres villes du monde pour qu’elles l’adoptent. Si Bruxelles a magnifiquement exporté ses normes sur les bâtiments passifs, on constate par contre que celle sur les antennes n’a convaincu personne. Cela mérite que l’on se questionne. Est-on des pionniers ou est-on complètement hors jeu?"

Quid du sacro-saint principe de précaution? "Il n’est pas question de développer cette technologie s’il y a des impacts négatifs avérés sur la santé. Mais jusqu’à présent, on ne l’a pas démontré. Certains poussent le principe de précaution à l’extrême en disant qu’un jour peut-être une étude montrera quelque chose qu’on n’a toujours pas trouvé aujourd’hui."

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