Close ouvre la porte de Gial à l'opposition

Philippe Close, bourgmestre de la ville de Bruxelles. ©Photo News

Un audit a révélé que 87% des dépenses de l’ASBL Gial ne posent pas de problème mais que 13% doivent être réexaminées. Le problème: pour des motifs juridiques liés au respect du secret professionnel, l'opposition ne peut avoir accès à l'audit.

La majorité PS/MR, attelage en place à la Ville de Bruxelles, a pris la décision d’ouvrir les portes du conseil d’administration de l’ASBL Gial aux groupes politiques de l’opposition qui, à cor et à cri, réclament rapidement de la transparence. Pour rappel, l’ASBL bruxelloise, entre autres en charge du parc informatique de la Ville de Bruxelles, mais aussi de communes comme Woluwe-Saint-Lambert, est sous les feux des projecteurs depuis plusieurs jours. En cause: le recours à des consultants externes à des prix élevés et des manquements aux règles des marchés publics.

"Je suis preneur de tous les mécanismes possibles et imaginables pour amener davantage de transparence, indique le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close (PS). Je rappelle que c’est le collège des échevins qui, dès février 2017, a demandé à refaire un audit de toutes les dépenses de Gial, donc on ne peut pas nous soupçonner d’avoir voulu cacher quoi que ce soit en la matière. Il résulte de cet audit que 87% des dépenses de l’ASBL ne posent pas de problème et que 13% doivent être réexaminées."

Problème: cet audit et de nombreuses autres pièces ne peuvent être diffusés à l’opposition entre autres pour des motifs juridiques liés au respect du secret professionnel. Pour étancher la soif – justifiée – de l’opposition de pouvoir y voir clair dans les comptes de l’ASBL, la majorité propose donc que l’opposition en devienne administrateur.

"On a eu une réunion du collège et nous avons décidé, afin d’accélérer la transparence, d’ouvrir le conseil d’administration à l’opposition. Cela sera formellement proposé à l’opposition lors du conseil communal de lundi, poursuit Philippe Close. Il y a une demande légitime de l’opposition d’avoir accès à toute une série de documents, pour le moment, seul le cdH est présent au CA, nous voulons que toute l’opposition y fasse son entrée. C’est donc Ecolo/Groen, la N-VA et DéFI qui pourront intégrer le CA."

"Il y a une demande légitime de l’opposition d’avoir accès à toute une série de documents."
philippe close
bourgmestre de bruxelles


Jetons de présence supprimés

Trois administrateurs supplémentaires au Gial, donc. Pour pas un rond, assure le bourgmestre. "Pour éviter la polémique sur les rémunérations, nous avons décidé de supprimer que les jetons de présence. Cette démarche de transparence n’occasionnera donc pas de frais supplémentaires. En revanche, ça va permettre à l’opposition d’avoir très rapidement accès à toute une série de documents. Un CA de Gial aura lieu dès mardi prochain: nous proposons que l’opposition y assiste déjà avec le statut d’observateur et que dès le mois de mars, les choses soient formalisées par les AG pour que les observateurs deviennent administrateurs en bonne et due forme. Par ailleurs, avant Pâques, je tiendrai un nouveau conseil communal dédié à Gial pour refaire le point sur les avancées, sereinement, une fois qu’ils auront pu consulter tous documents, y compris ceux liés aux marchés publics."

Enquête de l’ONSS

De son côté, la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block (Open Vld) a usé de son droit d’injonction pour diligenter une enquête de l’inspection sociale (ONSS) au sein de l’ASBL. Pour rappel, cette dernière est déjà contrôlée par l’inspection fiscale qui, début de semaine, a indiqué qu’elle allait passer tout cela au peigne fin. Sur le versant social, la ministre de la Santé soupçonne que l’ASBL ait eu recours a des "faux indépendants": le cas d’un consultant travaillant depuis 18 ans pour un seul et même employeur via une convention de management est problématique, selon la ministre.

Maggie De Block a souligné que les lois sur les relations au travail sont connues et que pour un indépendant, cela induit d’organiser son travail de manière autonome et de disposer de plusieurs clients.

Interrogations libérales

L’onde de choc provoquée par ces nouveaux manquements aux règles de bonne gouvernance à la Ville de Bruxelles n’a pas, pour l’heure, malgré la campagne électorale qui approche, mis en péril la coalition entre socialistes et libéraux à la Ville de Bruxelles.

Dans les rangs du MR, plusieurs responsables doutent néanmoins de l’efficacité d’une stratégie visant à coller aux baskets des socialistes jusqu’au terme de la législature communale. "C’est aller droit dans le mur lors des élections, comment justifier cela devant nos électeurs?" s’interroge un responsable libéral.

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