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Comment le PS compte reconquérir Molenbeek et Schaerbeek

Rachid Madrane, en route vers Schaerbeek. ©Dieter Telemans

Catherine Moureaux et Rachid Madrane sont deux des fantassins que le PS va avancer pour (re)conquérir des grands territoires symboliques dans la capitale: Molenbeek et Schaerbeek.

Au jeu du stratego bruxellois, les socialistes vont avancer leurs armées. Trois ans, c’est loin, mais c’est aussi terriblement près. Et deux territoires ultra-symboliques sont à (re) conquérir pour le Parti socialiste de la capitale. Ceux-ci sont symboliques, d’abord parce que ce sont de grandes communes, mais aussi parce qu’ils sont populaires. Et laisser à d’autres – la droite, par exemple – ces communes populaires, c’est prendre un risque certain, celui de montrer que les plus faibles et les plus démunis n’ont pas forcément besoin du Parti socialiste pour s’en sortir.

Il y a donc urgence. Et la fédération bruxelloise du parti socialiste va jeter toutes ses forces dans la bataille pour (re) prendre ces bastions. Last but least, dans les équilibres globaux qui se dessinent au Parti socialiste, les points se marquent aussi au nombre de grandes communes détenues – dans le match avec les autres fédérations.

Onkelinx: "Préparer l’avenir"

Il y a Schaerbeek, d’abord. Aujourd’hui, Laurette Onkelinx refuse de projeter en conjectures. "Ne vous en faites pas", sourit-elle, "on pense à l’avenir, on le prépare." Il reste trois ans avant les communales de 2018. Trois ans, c’est long, mais aussi très court. Notamment pour faire atterrir une personnalité dans une commune et éviter qu’il ait l’air d’y avoir été parachuté juste avant le scrutin. Laurette Onkelinx le sait, il n’est plus question pour elle d’emmener le Parti socialiste à la bataille schaerbeekoise après deux échecs (2006, 2012). En outre, l’actuel bourgmestre, Bernard Clerfayt, ne négociera pas avec elle. "Symboliquement, cela ne peut pas se produire", dit-on dans l’entourage de Clerfayt. "Le PS, s’il veut négocier, sait qu’il doit venir avec une autre personnalité."

Il ne fait plus guère de doute, aujourd’hui, que ce nouveau fantassin rouge devrait être Rachid Madrane (46 ans). L’actuel ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, d’origine marocaine, ronge son frein sur les bancs de la majorité à Etterbeek. Protégé de Laurette Onkelinx, issu de la filière Moureaux, Madrane a un profil rond et plus consensuel qui pourrait lui permettre de voir s’entrouvrir plus facilement les portes d’une majorité schaerbeekoise. À ce stade, Madrane dit être "ouvert". Et attend le "Go" de la fédération.

La fille du "Raïs"

©doc

Il y a Molenbeek, ensuite. C’est l’autre bataille qui porte, elle aussi, une lourde charge symbolique. Les libéraux ont, en effet, évincé Philippe Moureaux du mayorat de Molenbeek en 2012. Plus qu’une petite gifle, c’est un gros revers qu’ont essuyé là les socialistes, au vu de ce que représente Philippe Moureaux dans l’Histoire du Parti et de la commune. Si ce n’est le père, ce sera donc la fille. La fille du "Raïs" de Molenbeek, Catherine, devrait donc venir laver l’affront fait aux camarades. La députée Catherine Moureaux (36 ans) dispose – évidemment – des relais nécessaires pour rayonner dans la commune, et la fédération du PS la soutient (quasiment) comme un seul homme.

Au stratego, une attaque se produit quand le joueur déplace sa pièce sur une case déjà occupée par l’adversaire. Les jeux de société mènent à tout. Même à la politique.

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