Cure de jouvence pour l'Hôtel van Eetvelde, œuvre majeure d'Horta

La remarquable verrière surplombant le jardin d'hiver. ©Kristof Vadino

Avec le soutien financier de la Région bruxelloise, Synergrid a entrepris un vaste chantier de restauration de l'Hôtel van Eetvelde, chef-d'œuvre Art nouveau de l'architecte Victor Horta. L'objectif: améliorer le confort de ce bâtiment classé sans le dénaturer.

Avec son terre-plein central, l’avenue Palmerston fait office de promenade reliant les squares Ambiorix et Marie-Louise. Malgré la forte densité du patrimoine architectural dans le quartier des Squares, l’Hôtel van Eetvelde accroche tous les regards avec son vaste oriel métallique. Recouverte d’échafaudages, la remarquable façade est actuellement moins visible en raison d’un vaste chantier de rénovation. Conçu par l’architecte Victor Horta à l’aube du XXe siècle, ce bâtiment Art nouveau inscrit au patrimoine de l’Unesco méritait, en effet, une sérieuse cure de jouvence. 

Il fallait voir les choses d’une manière plus globale et on a donc élaboré un master plan.
Bérénice Crabs
Secrétaire générale de Synergrid

"Jusqu’ici nous avions toujours travaillé par petites interventions, explique Bérénice Crabs, secrétaire générale de Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseaux électricité et gaz en Belgique, qui possède les lieux depuis 1950. Mais quand il a été question de restaurer la toiture et de procéder à d’autres travaux plus fondamentaux, on s’est dit qu’il fallait voir les choses d’une manière plus globale et on a donc élaboré un master plan."

Plus de confort

Défi principal: améliorer le confort des occupants de ce bâtiment classé sans toutefois le dénaturer. "En été, les employés souffrent de surchauffe dans les bureaux. Si l’on veut que ce bâtiment continue à vivre, il faut l’occuper. On doit donc travailler sur les performances énergétiques en sachant que l’on n’atteindra jamais celles d’un bâtiment neuf."

Cet équilibre s’illustre notamment par la façon dont le bureau Barbara Van der Wee Architects parvient à exploiter et améliorer les ingénieux dispositifs imaginés par Victor Horta tels que le système de ventilation naturelle. Dans la cave, des conduits d’origine en briques qui n’était plus utilisés ont ainsi été remis en état de marche. Ce chantier d’envergure entamé en janvier 2019 a d’ores et déjà permis de procéder à la restauration de l’enveloppe extérieure, soit les façades et les toitures recouvertes d’immenses lanterneaux ayant été remplacés d'après le dessin original. Reste encore la restauration de la remarquable coupole en vitrail et des décors somptueux des salons de prestige.

1,5 million
d'euros
La Région bruxelloise a décidé d’injecter 1,5 million d’euros pour la restauration de l'Hôtel van Eetvelde. Le budget total des travaux est estimé à 4 millions d'euros.

Conçu par Victor Horta pour le secrétaire général de l'État indépendant du Congo Edmond van Eetvelde, le n°4 de l’avenue Palmerston possède "le plan le plus audacieux " sur lequel Barbara Van der Wee a travaillé jusqu’ici. "Dans les maisons du XIXe que l’on voit tout autour de ce square, on tombe directement sur une cage d’escalier et le reste de la parcelle est réservé aux pièces. Tandis qu’ici, Horta nous amène par un axe diagonal directement au centre du bâtiment, surplombé d’une verrière. Autour de ce jardin d’hiver, une promenade en spirale nous conduit dans la salle à manger puis le salon", décrit l’architecte spécialisée dans la restauration de bâtiments remarquables.

Un soutien financier régional

Les contraintes patrimoniales ainsi que le recours indispensable à des matériaux spécifiques et à des artisans hyper spécialisés rendent la facture particulièrement salée. Raison pour laquelle Synergrid a obtenu le soutien de la Région bruxelloise, qui a décidé d’injecter 1,5 million d’euros sur un budget total d’environ 4 millions. "Le patrimoine n’est pas quelque chose de gelé. Pour qu’il puisse vivre, il faut pouvoir y vivre et donc y améliorer le confort. Beaucoup de Bruxellois n’ont pas conscience de ce patrimoine que nous allons mettre en valeur notamment via la politique de city marketing", commente le secrétaire d’État bruxellois de l’Urbanisme et du Patrimoine Pascal Smet (one.brussels).

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