Déjà 800 automobilistes avertis que leur véhicule ne peut plus rouler à Bruxelles

©Belga

Les premiers avertissements ont été envoyés cet été dans le cadre de la Zone de basse émission mise en œuvre par la Région bruxelloise. Prochaine étape, les amendes.

La Zone de basse émission (LEZ) est devenue une dure réalité pour 800 automobilistes durant ce mois d’août. Les premiers envois d’avertissements concernant cette interdiction de circuler pour certains véhicules parmi les plus polluants ont démarré cet été à Bruxelles. Ceci sur base des images enregistrées à partir du 1er juillet dernier.

350 €
L’amende prévue par la Zone de basse émission.

Ces avertissements ne se sont toutefois pas encore prolongés d’une invitation à payer l’amende de 350 euros prévue par cette législation régionale de lutte contre la pollution de l’air. Cette tolérance n’aura qu’un temps, les verbalisations démarreront à partir du 1er octobre. Par ailleurs, 76 dérogations sont en cours d’octroi, annonce à L’Echo Céline Fremault (cdH), ministre bruxelloise de l’Environnement. Celles-ci concernent les oldtimers et certains véhicules de service comme les ambulances.

Les Verts taclés au passage

"Ce dispositif inédit par son ampleur est une des grandes traductions de notre volonté d’améliorer la qualité de l’air à Bruxelles, rappelle Céline Fremault. Il faut dire que jusqu’ici, le phénomène de la pollution de l’air, pour le volet transport, n’avait jamais été sérieusement appréhendé. On peut même dire qu’en environnement, la qualité de l’air a été le parent pauvre des législatures précédentes."

Ce dispositif anti-pollution basé sur le classement Euro, lui-même fixé sur l’âge des véhicules, ira crescendo.

Une façon pour elle de répondre à la coprésidente d’Ecolo, Zakia Khattabi, qui affirmait vendredi dans Le Soir qu’il n’y avait pas de politique écologique possible sans écologistes au pouvoir. À la Région bruxelloise, Ecolo fut en charge de l’Environnement entre 2004 et 2014 avant d’être rejeté dans l’opposition. Avis aux distraits, la campagne électorale a bien démarré.

Pour en revenir à la Zone de basse émission, rappelons que ce dispositif anti-pollution basé sur le classement Euro, lui-même fixé sur l’âge des véhicules, ira crescendo. À partir du 1er janvier 2019 une nouvelle catégorie de véhicules sera frappée d’interdiction de rouler. En 2018, 2.344 des quelque 600.000 véhicules immatriculés en Région bruxelloise – et âgés de 22 ans et plus – sont concernées par la mesure.

Ce chiffre doit théoriquement grimper à 19.000 l’an prochain avec l’interdiction des véhicules de norme Euro 2, diesel comme essence. Ces statistiques ne tiennent pas compte des véhicules non immatriculés à Bruxelles mais qui roulent dans la capitale et sont également concernés par l’interdiction.

176
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La Région bruxelloise est quadrillée par 176 caméras de saisie des plaques d’immatriculation.

Et les projections établies par la Région bruxelloise qui aboutissent à un tiers du parc automobile immatriculé à Bruxelles interdit à l’horizon 2025 ont été établies sans tenir compte des changements de comportement d’achat qui seront forcément induits par la LEZ. En 2018, une salve de 3.000 courriers informait les propriétaires de véhicules visés par l’entrée en vigueur de la LEZ. Un nouvel envoi est prévu en novembre pour les catégories de véhicules interdits à partir de 2019.

La Région bruxelloise est quadrillée par 176 caméras de saisie des plaques d’immatriculation. "Une soixantaine de caméras seront encore installées d’ici le 1er octobre", annonce une note au gouvernement bruxellois. En septembre une grande campagne d’information sera lancée. Toujours en septembre et "il est prévu d’installer des panneaux d’avertissement en amont de l’entrée dans la LEZ, soit sur les grands axes à l’entrée de la région de Bruxelles-Capitale (ring et autoroutes). Pour ce faire, un accord avec la Région flamande est en cours", indique aussi la note au gouvernement.

Les primes aux PME pas encore prêtes

La Région bruxelloise a prévu d’octroyer des primes aux petites et moyennes entreprises forcées d’investir dans de nouveaux véhicules afin de pouvoir travailler sans violer la législation. Elles ne seront octroyées qu’à partir de 2019, prévient le cabinet de Céline Fremault. Ce soutien financier s’élèvera à 20% des dépenses admises avec un plafond de 3.000 euros, prévoit cette mesure adoptée par le gouvernement bruxellois cette année.

"Une entreprise pourra donc bénéficier d’une aide pour le remplacement d’un véhicule pendant une période donnée."
Céline Fremault

"Une entreprise pourra donc bénéficier d’une aide pour le remplacement d’un véhicule pendant une période donnée et au plus tard jusqu’au jour précédent l’entrée en vigueur de la nouvelle norme", précise la note de Céline Fremault. Son cabinet rappelle encore que la prime Bruxell’Air qui permet de bénéficier de soutien à l’achat d’un vélo ou d’un abonnement aux transports public si on renonce à son véhicule motorisé, sera transformée en "Prime LEZ".

Il est question d’élargir la prime aux nouvelles alternatives de mobilité (Villo, car sharing) voire de cash pour l’achat de véhicules propres. "Il n’y a pas encore consensus sur ce point", admet le cabinet de la ministre.

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