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Des dossiers sensibles ébranlent le gouvernement bruxellois

Le ministre bruxellois à l'Emploi Bernard Clerfayt entouré de la secrétaire d'État au Logement et à l'Égalité des chances Nawal Ben Hamou et du ministre de l'Environnement et de la Transition énergétique Alain Maron. ©BELGA

La nomination de la cheffe de cabinet adjointe de Bernard Clerfayt (DéFI) à la tête d'Actiris a été reportée. Le point relatif à l'abattage rituel a subi le même sort.

Alors qu'il sort à peine des longues discussions autour de l'exercice budgétaire 2022, l'exécutif bruxellois doit gérer des dossiers sensibles, en marge de l'introduction du covid safe ticket (CST) ce vendredi.

Deux points susceptibles de créer des tensions au sein de l'équipe de Rudi Vervoort (PS) ont été reportés à la prochaine réunion du gouvernement. Il y a, d'un côté, la succession de Grégor Chapelle à la tête d'Actiris et, de l'autre, l'interdiction de l'abattage sans étourdissement. Ces deux sujets mettent en difficulté le ministre bruxellois de l'Emploi Bernard Clerfayt (DéFI) qui semble de plus en plus isolé face à la frange écosocialiste du côté francophone du gouvernement.

Les camarades, qui avaient jusqu'ici la main sur Actiris, espéraient y retrouver Olivia P'tito (...).

C'est sa cheffe de cabinet adjointe qui devrait, en principe, reprendre les rênes de l'office régional pour l'emploi. En effet, Cristina Amboldi est arrivée en tête de la procédure d’embauche élaborée par Talent, l'organisme public de recrutement en Région bruxelloise. Mais, selon la télévision locale BX1 qui s'appuie sur des documents internes, cette dernière aurait participé à la rédaction du descriptif de fonction, laissant planer un parfum de mauvaise gouvernance sur cette nomination.

Résultat: le point relatif à l'attribution du mandat de directrice d'Actiris a été reporté, à la demande du parti socialiste, déjà soupçonné par certains amarantes d'avoir fait fuiter les documents internes aux médias. Et pour cause, les camarades, qui avaient jusqu'ici la main sur Actiris, espéraient y retrouver Olivia P'tito, actuelle directrice de Bruxelles Formation, arrivée seconde au classement du jury. Reste à savoir si la candidate évincée introduira un recours au Conseil d'État...

L'abattage rituel renvoyé au Parlement

Le point concernant la protection des animaux au moment de leur mise à mort a également été reporté à jeudi prochain. En charge du bien-être animal, Bernard Clerfayt avait annoncé qu'il déposerait cette modification d'ordonnance quand la Cour constitutionnelle a confirmé, le 30 septembre dernier, la légalité au regard du droit européen des décrets wallons et flamands imposant un étourdissement préalable lors de l’abattage des animaux.

DéFI avait invoqué un argument similaire dans l'affaire du voile à la Stib.

Il s'agit là d'un dossier particulièrement sensible pour le gouvernement bruxellois, divisé sur l'abattage rituel. L'Open Vld et Groen seraient prompts à emboiter le pas à DéFI, mais ce n'est pas le cas d'Ecolo et des socialistes. Et même si l'accord de majorité affirme qu'il "faut protéger les animaux, et ce, d'autant plus qu'ils sont dans un état de vulnérabilité par rapport à l'homme", il avait été discrètement convenu entre partenaires que l'exécutif ne trancherait pas cette question. C'est probablement le Parlement bruxellois qui devra s'emparer du sujet.

À ce stade, rappelons que DéFI avait invoqué un argument similaire dans l'affaire du voile à la Stib. Un changement de la réglementation relative au port de signes convictionnels dans la fonction publique ne figurait pas non plus dans l'accord de gouvernement, mais cela n'avait pas empêché Ecolo et PS de passer en force dans ce dossier.

Discussions sereines

Il nous revient malgré tout que les discussions de ce jeudi étaient plutôt sereines. En comparaison, surtout, avec les récents débats budgétaires qui ont exacerbé les tensions latentes entre Bernard Clerfayt et le ministre Alain Maron (Ecolo). Selon un observateur, le ministre-président Vervoort était, dès le départ, assez ouvert aux économies, fait assez rare pour un socialiste, tandis qu'Ecolo et DéFI rechignaient à s'engager dans ce processus, chacun estimant que l'autre ne produisait pas assez d'efforts.

Le résumé

  • Cristina Amboldi, cheffe de cabinet adjointe du ministre de l'Emploi Bernard Clerfayt (DéFI) devrait prendre les rênes d'Actiris.
  • À la demande des socialistes, sa nomination polémique est postposée...
  • Autre dossier qui fâche: l'abattage rituel.
  • Bernard Clerfayt veut s'aligner sur les deux autres régions du pays, mais PS et Ecolo rappellent qu'un tel point ne figure pas dans l'accord de majorité.

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