Des lignes directrices à Bruxelles mais pas encore de priorités claires

Rudi Vervoort, ministre-président bruxellois. ©BELGA

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a livré un discours généraliste. Logique puisqu'il s'agit de la première déclaration de politique générale de la mandature. Et que les arbitrages budgétaires sont encore en cours.

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) a fait son discours de politique régionale face aux députés ce vendredi matin. Le socialiste a notamment mis l'accent sur le logement. Près de 20 millions d’euros serviront majoritairement à la poursuite des projets de construction en cours, planifiés par le Plan Régional du Logement et l’Alliance Habitat. En 2020, plus de 200 logements seront inaugurés.

En matière de mobilité, Rudi Vervoort a déclaré que le gouvernement avait réalisé, pendant la législature passée, des investissements sans précédent et que ceux-ci se poursuivront dans les prochaines années, dans le métro, les lignes de tram et le plan bus.

"La question environnementale est devenue trop importante pour être portée par un seul ministre. Au sein de notre gouvernement, c’est désormais un enjeu collégial."
Rudi Vervoort (PS)
Ministre-président bruxellois

Enfin, pour atteindre les objectifs bas carbone à l’horizon 2050, le projet d’ordonnance climat sera élaboré dans le courant de cette année parlementaire. Cette ordonnance doit permettre d’assurer la contribution de chaque ministre aux objectifs communs de transition écologique et un cadre de gouvernance permettant de les évaluer collectivement. "La question environnementale est devenue trop importante pour être portée par un seul ministre. Au sein de notre gouvernement, c’est désormais un enjeu collégial", a déclaré le ministre-président.

Un budget serré 

Dans ce premier discours de la législature, Rudi Vervoort a cependant livré une vision assez généraliste des projets de la majorité PS-Ecolo-DéFI-Groen-Open Vld-s.pa sans établir clairement les priorités.

La déclaration ne permet pas de savoir si certains projets annoncés dans l’accord de majorité entreront en vigueur sous peu. On ignore, par exemple, si la gratuité de la Stib pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans, mesure dont le coût est estimé à 24 millions d’euros, sera de mise dès 2020. Cette absence de priorisation s’explique notamment par les difficultés budgétaires.

"On retrouve le même discours, de déclaration en déclaration sur des ambitions fortes mais présentées uniquement de façon floue et générale."
Alexia Bertrand
Cheffe de groupe MR au parlement bruxellois

Un accord est survenu la semaine dernière au sein du gouvernement régional sur les montants globaux uniquement. Pour atteindre l’équilibre au budget 2020, 500 millions d’euros destinés à des investissements dits stratégiques (travaux du métro et dans les tunnels) ont été soustraits tandis que les ministres ont été invités à réaliser des économies dans leurs champs de compétences respectifs. 

Mais, les ministres n’ont pas encore effectué tous les arbitrages leur permettant de déterminer précisément les politiques mises en œuvre durant l’année à venir.

Ce flou est déploré par la cheffe de groupe MR au parlement bruxellois. "J'ai bien écouté le ministre-président. J'aurais aimé qu'il nous entraîne, qu'il entraîne les Bruxellois dans un projet d'avenir pour Bruxelles, pour que je puisse vous citer aujourd'hui les trois, quatre idées phares, grandes mesures qu'on va réaliser dans l'année à venir", indique Alexia Bertrand. "Mais malheureusement, je serais incapable de vous dire quelles sont ces priorités, car aucune n’a été établie, poursuit la députée libérale. Rudi Vervoort nous annonce de nouveau des ambitions qu'il nous dit d'entrée de jeu ne pas pouvoir rencontrer puisque le budget 2020 n'est pas bouclé et que le cadre institutionnel, juridique et budgétaire le contraint. On retrouve le même discours, de déclaration en déclaration sur des ambitions fortes, mais présentées uniquement de façon floue et générale"

Au cdH, où l'on entame une législature dans les rangs de l'opposition, on évoque "une ambition tiède" de la part du gouvernement bruxellois alors que "la déclaration ne permet pas de détecter les priorités essentielles de ce nouveau gouvernement". Les humanistes pointent notamment la faiblesse des moyens budgétaires mis à disposition et "dont les choix sont reportés en 2020 avec des tours de passe-passe". L'ancienne ministre régionale Céline Frémault souhaite ainsi que l'équipe Vervoort renforce "les moyens budgétaires étriqués" de l'exécutif bruxellois. 

dont les choix sont reportés en 2020 avec des tours de " passe-passe ". 

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