Des pistes cyclables, des bus et des trams en attendant l'élargissement du ring

Vendredi, les autorités flamandes ont lancé symboliquement le début des travaux visant à élargir le ring de Bruxelles. ©BELGA

Les travaux de réaménagement du ring de Bruxelles démarrent symboliquement cet été. La Flandre commence par des aménagements cyclables et des nouvelles lignes de transport public. Le volet critiqué visant l’augmentation du nombre de bandes de circulation doit démarrer en 2021, espère le gouvernement flamand.

Désengorger le ring de Bruxelles et améliorer la mobilité entrante et sortante de la capitale. Telle est l’ambition qu’affiche le gouvernement flamand en avançant lentement mais sûrement dans son projet de réaménagement du ring entre l’aéroport national et la commune bruxelloise de Jette. Vendredi, Ben Weyts (N-VA), ministre flamand de la Mobilité, des Travaux publics et de la Périphérie s’était coiffé d’un casque de chantier pour lancer, sur le territoire de Vilvorde, les travaux d’un nouvel itinéraire cyclable prévu en bordure de la boucle autoroutière, reine quotidienne des embouteillages. Les autorités flamandes ont ainsi lancé symboliquement les travaux d’optimalisation – ou d’élargissement – du ring de Bruxelles, chiffrés pour l’instant à un milliard d’euros.

"Les travaux sur le ring, ce sont aussi des travaux pour la qualité de vie."
Ben Weyts
Ministre flamand de la Mobilité

Ne disposant pas encore des permis pour toucher à l’autoroute proprement dite, la Flandre commence là où elle dispose de tous les leviers avec un projet global consacrant les alternatives à la voiture dans tout le périmètre de la périphérie nord. Werkenaandering.be, le site d’information officielle du projet, évoque 16 km de bus (le Ringtrambus) reliant le Heysel à l’aéroport national en passant par la gare de Vilvorde. Mais également une ligne de tram rapide de 29 km reliant Willebroeck et le Heysel en passant par Londerzeel et Meise ainsi qu’une liaison, toujours par tram, entre la gare du Nord et l’aéroport via le boulevard Léopold III. Ce réseau est baptisé le Brabantnet.

Vendredi, Ben Weyts a également annoncé la création de 60 km d’itinéraires cyclables afin d’encourager les navetteurs à choisir le vélo pour leur trajet domicile-travail. Ces travaux de mobilité douce s’étaleront dans les deux années à venir. Mais le gros des aménagements futurs consistera à élargir le ring afin de séparer le trafic de transit du trafic local. Objectif: fluidifier l’ensemble. Ce volet du projet n’est pas encore fixé, les autorités flamandes en étant encore à une phase de consultation. Les critiques, elles, se font déjà entendre. Pourtant, "les travaux sur le ring, ce sont aussi des travaux pour la qualité de vie", rassurait le ministre Weyts dans une brochure explicative diffusée à grande échelle cet été dans les communes concernées.

©Mediafin

Recours en vue

Cette publication de Werkvennootschap, la société de droit public mandatée par la Flandre pour mener le projet et organiser la concertation avec les riverains, est qualifiée de "propagande scandaleuse" par les opposants souvent farouches à ce projet qui ne vise à leurs yeux qu’à augmenter la capacité automobile du ring. "Ce projet sert avant tout à désengorger la zone économique du Noordrand et à relier l’aéroport de Zaventem au port d’Anvers en contournant Bruxelles et pas du tout à améliorer l’accessibilité de la capitale", juge par exemple Claire Vandevivere (cdH), échevine de l’Environnement à Jette.

"La commune de Jette ira au Conseil d’État si elle juge que son intérêt est lésé."
Claire Vandevivere
Échevine de l’Environnement à Jette

Elle rappelle que le ring passera à deux fois deux plus deux fois trois bandes et sur certains tronçons de 8 à 14 bandes de circulation. Elle s’appuie sur plusieurs études et expériences étrangères pour affirmer que cet élargissement ne fera qu’encourager l’usage de la voiture sans grande considération pour la qualité de l’air que respirent les riverains de l’autoroute. "Ce projet issu d’une vision dépassée ne fera qu’étouffer Bruxelles", dit-elle en plaidant pour le recouvrement du ring. L’échevine rappelle ensuite qu’une partie du ring est située sur le territoire bruxellois (notamment sur Jette) et que le gouvernement flamand devra donc introduire une demande de permis auprès de la Région de Bruxelles-Capitale pour mener son projet à terme. La Région bruxelloise "devra tenir compte de l’avis de Jette qui sera libre d’introduire un recours et éventuellement aller au Conseil d’État si elle juge que ses intérêts sont lésés", ajoute Claire Vandevivere.

Délais optimistes

Pour l’heure, le gouvernement bruxellois ne s’oppose pas de manière frontale aux ambitions flamandes pour le ring. "Nous resterons constructifs pour autant qu’on soit au cœur des études et projets, pour autant que nos objectifs bruxellois soient respectés. Je dois cependant regretter que cette concertation n’ait pas encore abouti", avait indiqué le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) en mars dernier. Il ajoutait que tout projet devra "lutter contre la congestion dans le respect de la volonté bruxelloise de transformer les entrées de ville en boulevards urbains, permettre une réduction de la pression routière dans la capitale, renforcer l’accessibilité de celle-ci, contribuer au respect des engagements environnementaux et à la diminution des nuisances de la mobilité sur la santé publique."

Le gouvernement flamand espère démarrer les travaux de grande ampleur sur le réseau routier à l’horizon 2020-21. Des délais qui ont très peu de chance d’être respectés, juge-t-on à Bruxelles.

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