Des rassemblements sauvages à Bruxelles alarment les scientifiques

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies près de la place Flagey samedi soir.

La police a dû intervenir à plusieurs reprises ce weekend, à Ixelles et à Anderlecht, pour disperser des rassemblements de plusieurs centaines de personnes. Pendant ce temps-là, les scientifiques continuent à dire qu'il ne faut pas relâcher les mesures de distanciation.

La police a dû intervenir plusieurs fois durant le weekend pour disperser des rassemblements sauvages et spontanés dans la Capitale. Ce fut le cas samedi soir, sur la place Sainte-Croix à Ixelles, à deux pas de la place Flagey, où plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant un concert improvisé.

Même cas de figure dimanche matin à l’aube, à Anderlecht cette fois. Environ 500 individus s'y sont retrouvés autour d'un grand feu, en musique. D’un côté comme de l’autre, les injonctions de la police ont été suivies sans heurts et la dispersion n’a pas nécessité d’arrestation ou d’interpellation.  

Ce type de rassemblements est toujours interdit en Belgique, compte tenu des mesures décidées pour ralentir la propagation du coronavirus. Le bourgmestre d'Ixelles Christos Doulkeridis a annoncé sur Twitter qu'aucun "événement" ne serait toléré à partir de dimanche soir. 

Pas le moment

Le virologue Marc Van Ranst a fait part de son mécontentement face aux images de foule rassemblée et faisant la fête. "Ce n'est pas encore le moment de se rassembler", a-t-il souligné dimanche midi auprès de VTM. Comme ce n'était pas la première fois qu'un incident de la sorte se produisait en l'espace de quelques jours, il a estimé que la police devrait en faire davantage pour prévenir de tels rassemblements non autorisés.

"Cela dure depuis quelques jours déjà. En tant que policier, vous devez le savoir et essayer d'empêcher que tant de personnes s'y rassemblent. Alors agissez un peu plus tôt", recommande-t-il. "Vous pouvez rester là et empêcher ces gens de se réunir à 1.500 ou plus. Cela doit sûrement fonctionner."

Le virologue ne se montre pas non plus très compréhensif vis-à-vis des fêtards. "Où étaient ces gens, n'ont-ils rien retenu de ces derniers mois? ", s'est-il interrogé. "Nous avons encore plus de cas par jour que, par exemple, à Pékin, où les gens sont très inquiets et où de nouvelles mesures sont prises."

"On est dans le prototype même de ce qu'on essaye d'éviter."
Yves Van Laethem
Porte-parole fédéral

Antithèse

Même son de cloche du côté d'Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral coronavirus, interrogé sur RTL-TVI. "Ce qui s'est passé Place Flagey à Ixelles et à Anderlecht, c'est l'antithèse de ce qu'on souhaite. Des centaines de personnes proches les unes des autres, qui parlent et chantent, qui n'ont pas de masques, qui n'ont pas lavé leurs mains récemment. On est dans le prototype même de ce qu'on essaye d'éviter, mais qu'on observe à certains moments quand on se balade dans Bruxelles, en voyant des terrasses assez bondées. La distanciation n'est pas très bonne pendant la journée", souligne-t-il.

À ses yeux, les rassemblements continuent à faire courir un risque. "Même si le virus circule peu, et on le voit dans les chiffres, il est toujours présent. Je prends l'exemple de Pékin, quand il n'est pas là pendant des semaines, il est encore là. Il n'a pas disparu ici, comme ailleurs. Il y a un risque pour eux et pour leurs proches ainsi que les membres plus âgés de leur famille", a-t-il mis en garde.

Via Twitter, le prédécesseur de M. Van Laethem, Emmanuel André, a illustré son propos en faisant référence au cas de l'Allemagne, où le taux de reproduction du virus, qui correspond au nombre moyen de personnes infectées par un malade, est remonté à 1.79. "Un premier signal d'alerte sérieux qui devrait rappeler à tous les pays européens que l'épidémie profitera de chaque opportunité pour reprendre de sa force. C'est pas le moment de faire la fête... on y perdrait beaucoup!", insiste le scientifique.

Civisme

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem a appelé dimanche la population à faire preuve de civisme après les rassemblements constatés ce weekend. Le ministre s'est concerté à ce sujet avec la Première ministre Sophie Wilmès et le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. "Tous sur la même ligne, de tels événements ne peuvent se produire pour le moment et mettent en danger les efforts importants fournis par la population. Appel à un sens civique absolu", a-t-il lancé sur Twitter.

La Première ministre s'est joint à l'appel du ministre de l'Intérieur. Le problème de ce genre de rassemblement sera abordé lors du prochain Conseil national de sécurité qui devrait se tenir mercredi.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés