Finance.brussels au pied du mur de la gouvernance

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Fin de contrat en vue pour Jean-Luc Vanraes, directeur général adjoint de l’ex-SRIB, dont la rémunération avait fait jaser en 2017 déjà. Un dossier chaud dont l’exécutif bruxellois devra s’emparer. En évitant les dissensions.

Le communiqué de presse est laconique: "Le conseil d’administration de finance.brussels a pris acte de la fin du contrat de travail à durée déterminée de Monsieur Jean-Luc Vanraes, deputy-CEO, qui arrive à son terme le 25 novembre 2019. En attente d’une décision du gouvernement définissant les contours d’une procédure de sélection pour pourvoir à ce poste, un CDD de trois mois a été proposé à Monsieur Vanraes pour assurer la gestion journalière de l’institution, aux côtés de Pierre Hermant, CEO. Durant ces trois mois, la rémunération perçue par le directeur général adjoint respectera les plafonds fixés par l’ordonnance de 2017 relative au plafonnement et à la transparence de la rémunération des mandataires publics bruxellois."

"En attente d’une décision de l’exécutif, un CDD de 3 mois a été proposé à Monsieur Vanraes pour assurer la gestion journalière."
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Laconique, mais important. En effet, il s’agit là, en coulisse, de l’un des premiers cas d’école en matière de gouvernance pour le nouvel exécutif bruxellois, alliant PS, Ecolo, DéFI, et, côté flamand, Groen, Open Vld et sp.a. Et de marquer le coup.

Et pour cause. En 2017 déjà, la rémunération du concerné, aux côtés de trois autres membres du comité de direction de la Société régionale d’investissement de Bruxelles (SRIB), avait été épinglée. Le Soir révélait à l’époque que le quartet se partageait environ un million d’euros de rémunérations brutes, assorties d’avantages de toute nature, pour des prestations "pas toujours très claires", rappelait ce mardi le quotidien.

L’homme avait aussi été pointé du doigt pour occuper, en plus de ses fonctions au sein de ce qui est aujourd’hui finance.brussels, une fonction de président (Open Vld) au CPAS d’Uccle, dont il avait finalement démissionné en juin 2017.

Réticence de l’Open Vld

Une fonction qu’il pourrait récupérer aujourd’hui… sauf qu’en cascade, elle viendrait déranger un autre libéral flamand, en la personne de Stefan Cornelis, par ailleurs chef de cabinet du ministre bruxellois du Budget, des Finances et, surtout, de la Fonction publique, Sven Gatz, appelé… à statuer sur le sort de l’intéressé.

Il circule donc que sur le cas Vanraes, les tractations vont bon train entre partenaires de la coalition. D’un côté, Ecolo, sur le principe de la bonne gouvernance, appelle à lancer une procédure ouverte de recrutement; quand, à l’Open Vld, on appelle plutôt, dans le chef de certains – il n’y a pas consensus sur la manière de procéder –, à conserver le soldat libéral à son poste. Interrogé, le camp de Sven Gatz préfère ne pas s’exprimer sur ce sujet à ce stade. À la différence d’Ecolo, où l’on entend tirer un trait sur le passé. "C’est fou comme on remarque un conflit entre générations sur ce genre de question. Sven Gatz a subi des pressions de son propre parti", souligne-t-on en coulisse chez les verts bruxellois. Mais une résolution serait proche. L’exécutif devrait trancher la question de cette succession dès ce jeudi.

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