Ghelamco ne jette pas l'éponge pour le stade national

Paul Gheysens ©Emy Elleboog

La Flandre n'accordera pas le permis à la construction et l'exploitation du stade national, prévu sur le parking C du plateau du Heysel. Le patron du promoteur Ghelamco l'affirme: le projet n'est pas totalement enterrré.

Est-ce la fin de la saga sur la construction du stade national sur le parking C du plateau du Heysel? La ministre flamande de l'Aménagement du territoire, Joke Schauvliege (CD&V), a suivi l'avis négatif de la commission régionale des permis d'environnement. Elle n'accordera donc pas le permis à la construction et l'exploitation du stade national, prévu sur le parking C du plateau du Heysel. Un coup dur pour le promoteur Ghelamco.

"Je ne suis pas surpris," indique Paul Gheysens, patron de Ghelamco. "La décision s'inscrit dans la lignée des attentes après les informations que nous avions obtenues la semaine dernière. Nous allons calmement analyser les motivations de la décision." Actuellement en déplacement à Londres, il minimise toutefois l'impact de cette décision sur Ghelamco. "Nous ne sommes pas un petit acteur. Actuellement, nous travaillons sur 150 projets."

La Fédération belge de football n'a jamais eu de cartes en main, mais elle déplore au plus haut point la décision de ce jour. Nous avons bien évidemment toujours été en faveur de ce nouveau stade tout comme nous sommes favorables à toute nouvelle infrastructure footballistique en Belgique. Nous attendons maintenant la réaction des parties concernées dans ce dossier.
Koen De Brabander.
Secrétaire général de l'Union belge

A la question de savoir si Ghelamco va définitivement abandonner le projet, il répond par la négative. "Nous allons voir comment rendre ce projet acceptable. Pourquoi devrions-nous abandonner? Il est normal pour une entreprise comme la nôtre de devoir attendre, de travailler dur et de se battre pendant six ans avant de pouvoir vraiment démarrer un projet." 

©Tim Dirven

Au moins trois raisons pour refuser

Début du mois, la commission avait déjà apporté un avis négatif dans ce dossier. Elle avait mis en avant les risques et les nuisances environnementales de la construction du stade. Elle avançait qu'ils ne pouvaient être réduits à des niveaux acceptables.

Je ne peux pas décider sur base de l'émotion, seulement sur base du dossier. Je n'ai pas pu faire autrement que décider que le permis devait être refusé. Ghelamco est libre de faire appel.
Joke Schauvliege
ministre flamande de l'Aménagement du territoire

Autre élément souligné par l'administration: les 50.000 m² de zones récréatives largement dépassées, ce qui était contraire aux règles urbanistiques de la Région.  

Enfin, la mobilité. Les garanties d'un impact limité du stade sur la mobilité étaient jugées insuffisantes. Dans le viseur de la commission tant les liaisons en transports publics que l'accès aux piétons et cycles.

Notre pays est reconnu internationalement pour sa formation de footballeur et son développement des talents. La Belgique n'est à la traîne que dans le domaine des infrastructures. Je ne vois pas cela uniquement à Bruxelles. C'est un problème national. Nous payons sur le plan sportif la facture de l'échec politique. Ailleurs, ces problèmes ne se produisent pas. Et puis je dis: pauvre Belgique.
Chris Van Puyvelde
Directeur technique de l'Union belge de football (URBSFA)

Ghelamco passe de refus en refus dans ce projet. Il y a eu le chemin vicinal, le refus de permis menant à l'introduction d'une procédure spéciale. Et enfin, le retrait par l'UEFA de la Belgique de la liste des pays organisateurs de l'Euro 2020.  Début janvier, Paul Gheysen affirmait toutefois regretter que pendant cette procédure, certains conseils aient été donnés sans fournir l'interprétation et le contexte nécessaires".

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