Kokotte, l'incubateur pour les restaurateurs en herbe

Chocolero’s, le projet de bar à chocolat est le premier bénéficiaire du nouvel incubateur horeca de la Région bruxelloise. ©doc

Mis à disposition par la Région bruxelloise, un restaurant pop-up permet aux entrepreneurs de tester, pendant quatre mois, leur projet horeca à moindre coût et à moindre risque.

Sans Kokotte, Pierrick Stinglehamber aurait sans doute fini par développer son projet de bar à chocolat baptisé Chocolero’s. "Mais pas aussi rapidement. L’appel à candidature a accéléré la mise au point de ce concept que j’avais depuis toujours dans un coin de ma tête. J’ai voulu sauter sur cette occasion exceptionnelle pour tester la viabilité financière du projet", explique le premier bénéficiaire du nouvel incubateur horeca de la Région bruxelloise. Pendant quatre mois, ce restaurateur en herbe pourra tester ses recettes auprès du grand public, mais aussi ses compétences managériales.

160.000 €
Hub.brussels a réalisé un investissement de 160.000 € pour cet incubateur auquel s’ajoutent des frais annuels de 70.000 € pour le suivi des aspirants restaurateurs.

Le tout à moindre coût. Situé rue des Bouchers, en plein cœur de l’Îlot sacré, le restaurant équipé d’une cuisine professionnelle aux normes Afsca ainsi que d’une salle de trente couverts modulable est mis à disposition de l’aspirant restaurateur contre un loyer de 800€, frais d’énergie compris. "Le personnel et les matières premières sont à ma charge, mais j’économise une grande partie des frais fixes car on a aucun amortissement de matériel et il n’y a pas de fonds de commerce à racheter, ce qui représente parfois l’obstacle le plus dur à surmonter", souligne Pierrick Stinglehamber.

Pendant trois ans, neuf pensionnaires se succéderont chez Kokotte à l’issue d’une procédure de sélection comprenant notamment un test culinaire devant un jury de professionnels. Outre la possibilité de se confronter aux réalités du terrain, les occupants de Kokotte bénéficieront d’un suivi sur mesure de la part de l’agence régionale pour l’accompagnement de l’entreprise, hub.brussels. Les coachings prévus allant du business plan à l’aménagement des lieux en passant par l’hygiène et la sécurité alimentaire ou encore le marketing.

Même si l’objectif est d’assurer la pérennité des projets, les candidats restaurateurs n’ont aucune obligation de poursuivre l’aventure au-delà de la période d’incubation. "Si l’expérience leur permet de se rendre compte que la restauration ne leur convient pas, on évite sans doute une faillite dans le futur", fait valoir Aurélie Laios, cheffe de projet chez hub.brussels.

Revitaliser l’Îlot sacré

C’est une première dans l’horeca, mais la formule des pop-up a déjà été éprouvée par hub.brussels dans d’autres secteurs avec des projets tels que l’Auberge Espagnole ou le Kanal Store. "Pour nos premiers incubateurs, le taux de pérennisation s’élève à 80% après quatre ans. L’objectif est double: servir de rampe de lancement aux entrepreneurs et revitaliser les quartiers commerçants avec des projets innovants", résume Isabelle Grippa, directrice-générale de l’agence régionale.

"Le choix du lieu est important. C’est une manière d’attirer les Bruxellois dans l’Îlot sacré où ils ne se rendent plus beaucoup pour manger", déclare la secrétaire d’État à l’Économie Barbara Trachte (Ecolo) qui affirme soutenir cette formule permettant de tester des projets innovants à moindre risque, surtout dans le secteur horeca qui génère de nombreux emplois non délocalisables et à faible qualification.

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