L'appel de la Stib reste problématique pour le PS bruxellois

En retrait sur le plan médiatique, le président de la fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej, joue un rôle dans les négociations concernant le choix d'interjeter appel du jugement condamnant la Stib pour discrimination. ©BELGA

Alors que le président du PS Paul Magnette s'est déclaré favorable à un recours de la Stib, le président de la fédération bruxelloise du PS Ahmed Laaouej se montre inflexible dans les négociations.

Le voile sera encore au menu du gouvernement bruxellois ce jeudi. Faut-il oui ou non interjeter appel de la décision condamnant la Stib pour discrimination? La question risque bien de rester en suspens une semaine de plus. La rencontre organisée mardi entre le président de DéFI François De Smet, la coprésidente d'Ecolo Rajae Maouane et le président de la fédération bruxelloise du PS Ahmed Laaouej n'a pas fait apparaître l'ombre d'un compromis.

Très loin d'être enthousiaste à l'idée d'aller en appel, Ecolo ne fermerait toutefois pas complètement la porte à cette hypothèse.

En se déclarant personnellement favorable à l'appel, Paul Magnette avait pourtant donné l'impression qu'on se rapprochait du dénouement. Dans Le Soir, le président du PS déclarait que "ce n'est pas DéFI qu'il faut convaincre, c'est Ecolo et Groen". Cette communication laissait à penser que les socialistes sont porteurs d'une solution de compromis face à des écologistes plus radicaux.

Il nous revient pourtant que les verts ne sont pas les plus rigides. Très loin d'être enthousiaste à l'idée d'aller en appel, Ecolo ne fermerait toutefois pas complètement la porte à cette hypothèse. Ce n'est vraisemblablement pas le cas d'Ahmed Laaouej. Quasiment invisible d'un point de vue médiatique sur ce sujet contrairement à Rajae Maouane, le patron du PS bruxellois se montrerait néanmoins intransigeant dans les négociations. "Avant de chercher à convaincre Ecolo, le président du PS devrait commencer par convaincre les siens", ironise une source proche des discussions.

"Jugement bien motivé"

Contacté, Ahmed Laaouej refuse toujours de s'exprimer sur un dossier "étant sur la table du gouvernement". Les propos de Paul Magnette avaient-ils pour seule vocation de rassurer l'aile wallonne du parti? Ceux-ci n'ont en tout cas pas suffi à rendre l'option d'un appel acceptable pour les camarades bruxellois. Pas question pour eux de donner le sentiment que l'on s'acharne sur la plaignante alors que "le jugement est très bien motivé comme l'ont souligné dans une carte blanche une dizaine de juristes académiques".

Des élus socialistes s'appuient sur un courrier d'Unia selon lequel la plaignante déplore des comparaisons de "mauvais goût" entre le port du voile et d'une croix gammée.

L'argument de Paul Magnette consistant à dire que la Stib devrait pouvoir défendre sa réputation, mise en cause dans le jugement, est aussi balayé d'un revers de la main par des socialistes de la capitale qui se disent choqués par la façon dont le dossier a été géré par la Stib. Ils s'appuient sur un courrier d'Unia selon lequel la plaignante déplore des comparaisons de "mauvais goût" entre le port du voile et d'une croix gammée.

À ce sujet, la Stib précise que la représentante qui a exprimé la crainte que l'abandon de l'interdiction de tout signe convictionnel conduise à des dérives inacceptables telles que le port de symboles extrémistes n'a en aucun cas assimilé les convictions d'une personne portant un foulard à celles d'une personne arborant une croix gammée.  

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